2431 episodios
- Depuis la pandémie de Covid-19, le gel hydroalcoolique est devenu pour beaucoup un réflexe presque automatique. Pourtant, face à certains microbes, il est beaucoup moins efficace qu’on pourrait le croire. C’est notamment le cas d’un virus responsable de nombreuses gastro-entérites : le norovirus.
Le norovirus provoque généralement des vomissements, des diarrhées et des douleurs abdominales. Très contagieux, il circule particulièrement pendant les mois froids et peut provoquer des épidémies spectaculaires dans les écoles, les maisons de retraite, les hôpitaux ou encore les bateaux de croisière.
Les recherches menées sur ce virus, notamment au laboratoire du virologue Johan Neyts à la KU Leuven, en Belgique, mettent en évidence son extraordinaire capacité de transmission. On estime qu’une quantité infime, de l’ordre de quelques dizaines de particules virales — parfois seulement 18 — peut suffire à provoquer une infection.
Mais pourquoi résiste-t-il si bien au gel hydroalcoolique ?
Une partie de l’explication vient de sa structure. Contrairement au coronavirus ou au virus de la grippe, le norovirus est un virus dit non enveloppé. Il ne possède pas la membrane graisseuse externe que l’alcool détruit très efficacement chez de nombreux autres virus. Il est entouré d’une coque protéique particulièrement robuste.
Résultat : les solutions hydroalcooliques peuvent diminuer la quantité de norovirus présente sur les mains, mais elles ne constituent pas la méthode la plus fiable pour s’en débarrasser.
Le geste le plus efficace reste beaucoup plus classique : se laver soigneusement les mains à l’eau et au savon pendant au moins une vingtaine de secondes, en frottant toutes les surfaces des mains. Ici, l’action est notamment mécanique : le savon et le rinçage permettent de décrocher les particules virales de la peau puis de les évacuer dans l’eau.
Cette précaution est particulièrement importante après être allé aux toilettes, après avoir changé une couche et avant de préparer ou de consommer des aliments.
Même problème avec les surfaces. Après des vomissements ou des diarrhées, un simple spray à base d’alcool peut être insuffisant. Des produits spécifiquement efficaces contre le norovirus, notamment ceux à base d’hypochlorite de sodium, c’est-à-dire d’eau de Javel utilisée selon les recommandations de dilution, sont privilégiés.
Le norovirus nous rappelle donc une chose essentielle : désinfecter ses mains et les laver ne sont pas exactement la même chose. Face à ce virus particulièrement tenace, le bon vieux savon conserve un sérieux avantage.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Si vous avez déjà vu un lapin atteint de myxomatose, vous vous êtes peut-être demandé si cette maladie spectaculaire pouvait se transmettre à l’être humain. La réponse est rassurante : non, l’être humain ne peut pas attraper la myxomatose.
La myxomatose est provoquée par le virus myxomateux, ou Myxoma virus, qui appartient à la famille des Poxviridae, celle des poxvirus. Chez le lapin européen, ce virus peut provoquer une maladie extrêmement grave, caractérisée notamment par des gonflements autour des yeux, des lésions cutanées, de la fièvre et un affaiblissement important de l'animal.
Mais ce virus possède une particularité essentielle : il est extrêmement spécialisé dans le choix de ses hôtes. Dans la nature, il infecte essentiellement certains lagomorphes, en particulier les lapins. L’Organisation mondiale de la santé animale précise ainsi que la myxomatose ne présente aucun risque pour la santé humaine.
Cela signifie qu’une personne peut toucher un lapin atteint de myxomatose sans développer elle-même la maladie. Même les moustiques ou les puces qui transmettent le virus entre lapins ne peuvent pas provoquer de myxomatose chez un humain. Ces insectes jouent simplement le rôle de transporteurs mécaniques du virus d’un animal sensible à un autre.
Cette impossibilité d’infecter l’être humain s’explique par ce que les biologistes appellent le tropisme viral. Pour qu’un virus provoque une infection, il ne suffit pas qu’il entre en contact avec notre organisme. Il doit être capable de pénétrer dans certaines cellules, d’y détourner la machinerie cellulaire et surtout de contourner leurs défenses antivirales. Or les cellules humaines normales constituent un environnement dans lequel le virus de la myxomatose ne parvient pas à provoquer une infection productive normale.
Il existe cependant une curiosité scientifique étonnante. En laboratoire, les chercheurs ont découvert que le virus myxomateux pouvait infecter certaines cellules cancéreuses humaines. Celles-ci possèdent parfois des défenses antivirales dérégulées, ce qui les rend vulnérables au virus.
Cette propriété intéresse beaucoup les chercheurs, qui étudient le virus de la myxomatose comme possible virus oncolytique, c’est-à-dire un virus capable de cibler et de détruire certaines cellules tumorales tout en épargnant les cellules normales.
Paradoxalement, donc, un virus redoutable pour les lapins est totalement inoffensif pour nous dans la nature, mais pourrait un jour devenir un outil contre certaines formes de cancer.
Un bel exemple de la remarquable spécialisation des virus envers leurs hôtes.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Cela paraît incroyable, mais c’est vrai : le corps humain émet en permanence de la lumière. Nous « brillons » littéralement, même dans l’obscurité totale. Seulement, cette lumière est tellement faible que nos yeux sont incapables de la percevoir.
Les scientifiques parlent d’émission ultra-faible de photons, ou UPE, parfois surnommée émission de « biophotons ». Il faut cependant éviter une confusion : ce phénomène n’est pas exactement comparable à la bioluminescence d’une luciole ou de certains animaux marins. Ces organismes possèdent des réactions chimiques spécialisées dont la fonction est précisément de produire de la lumière. Chez l’être humain, celle-ci est plutôt un sous-produit de l’activité de nos cellules.
Tout commence avec notre métabolisme.
Pour produire de l’énergie, nos cellules utilisent notamment de l’oxygène. Ces réactions génèrent de petites quantités de molécules très réactives appelées espèces réactives de l’oxygène, ou ROS. Elles peuvent réagir avec les lipides, les protéines ou d’autres constituants cellulaires.
Au cours de certaines de ces réactions d’oxydation, des molécules passent temporairement dans un état dit « excité » : elles contiennent davantage d’énergie que dans leur état normal. Lorsqu'elles reviennent à un niveau d’énergie inférieur, une petite partie de cette énergie peut être libérée sous la forme d’un photon, c’est-à-dire une particule de lumière.
En 2009, des chercheurs japonais ont réussi à photographier ce phénomène grâce à une caméra CCD extrêmement sensible. Ils ont montré que l’intensité lumineuse du corps humain était environ 1 000 fois trop faible pour être détectée par l’œil nu. Ils ont aussi découvert qu’elle variait au cours de la journée, probablement en relation avec les fluctuations de notre métabolisme.
Fait étonnant, toutes les parties du corps ne brillent pas avec la même intensité. Dans cette expérience, le visage était notamment une zone où l’émission était relativement importante.
L’intensité peut également augmenter lorsque les cellules subissent davantage de stress oxydatif. Les ultraviolets, par exemple, augmentent l’émission de photons par la peau, tandis que certains antioxydants peuvent la réduire.
Les chercheurs étudient donc aujourd’hui ces photons comme un possible moyen non invasif d’observer certains phénomènes métaboliques ou le stress oxydatif, même si leurs applications médicales restent encore expérimentales.
Nous ne sommes donc pas des lucioles humaines. Mais à chaque instant, les réactions chimiques qui nous maintiennent en vie produisent aussi quelque chose d’inattendu : une minuscule lumière invisible.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Ce que nous mangeons peut-il réellement modifier notre sommeil ? Selon plusieurs travaux scientifiques, la réponse est oui. Et parmi les nutriments qui semblent particulièrement intéressants figurent les fibres alimentaires.
Une étude publiée en 2016 dans le Journal of Clinical Sleep Medicine s’est penchée précisément sur cette question. Les chercheurs ont étudié 26 adultes âgés de 30 à 45 ans, dont le sommeil était enregistré par polysomnographie, c’est-à-dire grâce à des électrodes permettant de mesurer précisément les différentes phases de la nuit.
Le résultat est étonnant : les personnes qui consommaient davantage de fibres passaient plus de temps en sommeil lent profond, également appelé sommeil à ondes lentes. À l’inverse, une alimentation plus riche en graisses saturées était associée à moins de sommeil profond, tandis qu’une consommation élevée de sucre était liée à davantage de réveils pendant la nuit.
Or le sommeil profond est particulièrement important. C’est durant cette phase que l’organisme récupère physiquement, que certaines hormones sont libérées et que le cerveau participe notamment à la consolidation de certains souvenirs.
Mais pourquoi les fibres pourraient-elles favoriser ce sommeil ?
Plusieurs mécanismes sont envisagés. D’abord, les fibres ralentissent l’absorption des glucides et contribuent ainsi à limiter les variations brutales de glycémie. Une alimentation riche en sucres rapides peut au contraire favoriser des fluctuations métaboliques susceptibles de perturber la stabilité du sommeil.
Ensuite, certaines fibres servent de nourriture aux bactéries de notre intestin. Leur fermentation produit notamment des acides gras à chaîne courte, molécules capables d’interagir avec notre métabolisme, notre système immunitaire et probablement certains mécanismes impliqués dans le rythme veille-sommeil. Cette piste du « dialogue » entre l’intestin et le cerveau fait aujourd’hui l’objet de nombreuses recherches.
Alors faut-il spécialement manger des fibres au dîner ? C’est là qu’il faut être prudent. L’étude de 2016 observait l’alimentation consommée pendant la journée entière : elle ne prouve donc pas qu’une portion de fibres prise le soir augmente immédiatement le sommeil profond.
En pratique, intégrer au dîner des légumes, légumineuses, céréales complètes, fruits ou oléagineux peut néanmoins contribuer à une alimentation quotidienne plus riche en fibres.
La conclusion est donc moins spectaculaire qu’une recette miracle : manger des fibres le soir ne fonctionne pas comme un somnifère. Mais une alimentation globalement riche en fibres semble associée à un sommeil plus profond et plus réparateur.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Mettre une gousse d’ail dans le rectum pour lutter contre un rhume ou une infection peut aujourd’hui sembler particulièrement étrange. Pourtant, cette pratique s’inscrit dans une très longue histoire : pendant des siècles, l’ail a été considéré comme une véritable plante médicinale.
Son utilisation thérapeutique remonte à l’Antiquité. Égyptiens, Grecs, Romains, mais aussi médecines traditionnelles chinoise et indienne lui attribuaient de nombreuses propriétés. Hippocrate lui-même prescrivait l’ail pour différents troubles. Bien avant l’apparition des antibiotiques modernes, on l’utilisait notamment sur certaines plaies ou contre différentes infections.
Nous savons aujourd’hui pourquoi cette réputation n’était pas totalement infondée.
Lorsqu’une gousse d’ail est écrasée ou coupée, des réactions chimiques produisent notamment de l’allicine. Cette molécule possède, en laboratoire, des propriétés antibactériennes, antifongiques et antiparasitaires. D’autres composés de l’ail ont également été étudiés pour leurs effets possibles sur la pression artérielle, les lipides sanguins ou l’agrégation des plaquettes.
Mais pourquoi en faire un suppositoire ?
Parce que la voie rectale est depuis très longtemps utilisée pour administrer des médicaments. La muqueuse du rectum est richement vascularisée : certaines substances peuvent donc la traverser et rejoindre la circulation sanguine. Avant la médecine moderne, on pouvait ainsi penser qu'introduire directement une préparation médicinale dans le rectum permettrait à ses principes actifs d’agir rapidement, tout en évitant en partie le système digestif.
Les suppositoires eux-mêmes ne sont d’ailleurs pas une invention récente. On en trouve des formes dès l’Antiquité, et ils ont ensuite été utilisés pour administrer des purgatifs, des antalgiques ou encore de l’opium.
L’ail a donc naturellement trouvé sa place dans certaines pratiques populaires de ce type. On espérait profiter de ses supposées propriétés antiseptiques et fortifiantes contre les infections, notamment celles associées à l’hiver.
Mais attention : cela ne signifie absolument pas que cette méthode était efficace.
Et elle n’est surtout pas recommandée aujourd’hui. L’ail cru contient des composés très irritants. Appliqué directement et longtemps sur la peau ou une muqueuse, il peut provoquer de véritables brûlures chimiques, parfois sévères.
L’histoire du suppositoire à l’ail illustre donc parfaitement l’évolution de la médecine : une plante possédant réellement certaines substances biologiquement actives pouvait donner naissance à des traitements empiriques… dont le raisonnement semblait logique à l’époque, mais dont l’efficacité et surtout la sécurité étaient loin d’être garanties.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Más podcasts de Medicina
Podcasts a la moda de Medicina
Acerca de Choses à Savoir SANTE
Développez facilement votre culture dans le domaine de la santé avec un podcast par jour ! Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Sitio web del podcastEscucha Choses à Savoir SANTE, The Neuro Experience y muchos más podcasts de todo el mundo con la aplicación de radio.net

Descarga la app gratuita: radio.net
- Añadir radios y podcasts a favoritos
- Transmisión por Wi-Fi y Bluetooth
- Carplay & Android Auto compatible
- Muchas otras funciones de la app
Descarga la app gratuita: radio.net
- Añadir radios y podcasts a favoritos
- Transmisión por Wi-Fi y Bluetooth
- Carplay & Android Auto compatible
- Muchas otras funciones de la app


Choses à Savoir SANTE
Escanea el código,
Descarga la app,
Escucha.
Descarga la app,
Escucha.
Choses à Savoir SANTE: Podcasts del grupo



















