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    Quel est le lien entre les vampires et la tuberculose ?

    25/1/2026 | 2 min
    Dans plusieurs régions d’Europe, notamment dans les Balkans et en Europe centrale aux XVIIIe et XIXe siècles, certaines épidémies de tuberculose ont été interprétées à travers le prisme du mythe des vampires. Et la raison est simple : la tuberculose donnait aux malades une apparence… presque “surnaturelle”, qui collait parfaitement aux croyances de l’époque.

    La tuberculose (qu’on appelait souvent “la consomption”) est une maladie infectieuse qui détruit progressivement l’organisme. Elle entraîne un amaigrissement extrême, une grande fatigue, une pâleur marquée, des yeux creusés… bref, l’image typique d’une personne “vidée de sa vie”. Or, dans l’imaginaire populaire, c’est exactement ce que fait un vampire : il draine la force vitale de ses victimes.

    Mais le détail le plus troublant, c’est que certaines formes de tuberculose provoquent une toux avec du sang. Voir du sang autour de la bouche d’un malade était terrifiant, surtout quand on ne comprenait pas la maladie. Dans une culture où l’on croyait aux morts qui reviennent se nourrir des vivants, ce symptôme pouvait être interprété comme une “preuve” : quelqu’un perdait son sang… donc quelqu’un le lui prenait.

    Autre élément : la tuberculose frappe souvent plusieurs membres d’une même famille. Aujourd’hui, on sait pourquoi : c’est une maladie contagieuse, transmise par l’air, facilitée par la promiscuité. Mais à l’époque, cela ressemblait à une malédiction ciblée. On voyait une famille entière dépérir les uns après les autres, comme si un mort revenait la nuit se nourrir des vivants — en commençant par ses proches.

    C’est dans ce contexte qu’on trouve des récits historiques très documentés : des villages où l’on ouvre les tombes, où l’on accuse un défunt d’être responsable des morts récentes. Et là encore, certains phénomènes naturels renforçaient la croyance. Un cadavre récemment enterré peut paraître “bien conservé”, gonflé, avec du sang au niveau de la bouche — non pas parce qu’il a bu du sang, mais à cause de la décomposition interne et des gaz.

    La tuberculose n’a donc pas “créé” le mythe des vampires, qui est plus ancien. Mais elle a servi de carburant : en période d’épidémie, elle donnait un visage médical à ce que les gens interprétaient comme un phénomène surnaturel.

    En résumé : oui, la tuberculose a été associée au vampirisme, parce que ses symptômes (pâleur, amaigrissement, toux sanglante, contagion familiale) pouvaient facilement être interprétés comme la marque d’un vampire en action.
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    Qu'est-ce qu'Atlantropa, le projet fou d'assécher la Méditerranée ?

    22/1/2026 | 2 min
    Atlantropa, c’est l’un des projets les plus vertigineux — et les plus inquiétants — jamais imaginés au XXᵉ siècle : faire baisser le niveau de la Méditerranée pour relier physiquement l’Europe et l’Afrique, tout en produisant une énergie gigantesque. Une utopie technologique, née dans l’entre-deux-guerres, à une époque où l’on croyait que l’ingénierie pouvait remodeler la planète.

    L’idée vient d’un architecte allemand : Hermann Sörgel. Dès la fin des années 1920, il propose un plan titanesque baptisé Atlantropa. Son principe est simple… sur le papier : construire un barrage colossal au détroit de Gibraltar. Comme l’eau de l’Atlantique n’alimenterait plus la Méditerranée librement, l’évaporation naturelle ferait progressivement baisser le niveau de la mer. Sörgel imagine une baisse d’environ 100 à 200 mètres, ce qui ferait émerger d’immenses terres nouvelles : des zones côtières actuelles deviendraient des plaines, et des ports comme Marseille, Barcelone ou Gênes se retrouveraient très loin du rivage.

    Mais Atlantropa ne se limitait pas à Gibraltar. Sörgel envisageait aussi un barrage aux Dardanelles pour contrôler la mer Noire, et un autre entre la Sicile et la Tunisie, afin de séparer et réguler les bassins méditerranéens. Il rêvait d’un réseau de chantiers pharaoniques, mobilisant des centaines de milliers d’ouvriers pendant des décennies.
    Pourquoi faire tout ça ? Officiellement, pour trois objectifs. D’abord, produire de l’énergie : le barrage de Gibraltar devait fonctionner comme une centrale hydroélectrique gigantesque, utilisant la différence de niveau entre l’Atlantique et la Méditerranée. Ensuite, créer des terres cultivables : les nouvelles surfaces émergées devaient servir à l’agriculture et à l’installation de populations européennes. Enfin, construire une paix durable : Sörgel imaginait qu’un continent euro-africain uni, autosuffisant en énergie, deviendrait stable et puissant.

    Mais derrière l’utopie, Atlantropa porte aussi une vision très problématique : celle d’une Europe dominatrice, qui “réorganise” l’Afrique comme un espace à exploiter et à aménager selon ses besoins. Le projet s’inscrit dans une logique coloniale : relier les continents… mais surtout mettre l’Afrique au service de l’Europe.

    Techniquement, Atlantropa était presque irréalisable. Les impacts auraient été immenses : bouleversement du climat, perturbation des écosystèmes marins, modification des courants, crise pour la pêche, déplacement des populations côtières, destruction de ports. Sans parler du risque géopolitique : qui contrôlerait Gibraltar ? Qui déciderait du niveau de la mer ?

    Atlantropa n’a jamais vu le jour. Mais il reste un symbole fascinant : celui d’une époque où certains pensaient que l’humanité pouvait “corriger” la géographie. Une folie grandiose… et un avertissement historique sur les limites du rêve technocratique.
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    Pourquoi les élites grecques se révélaient… à la fin du repas ?

    21/1/2026 | 2 min
    Le symposion (pluriel symposia), dans la Grèce antique, est l’un des moments les plus emblématiques de la vie aristocratique. Le mot signifie littéralement « boire ensemble » (syn = ensemble, posis = boisson). Mais ce n’était pas juste une “soirée arrosée” : c’était un rituel social, un espace politique… et parfois un lieu de débordement.

    Un banquet en deux actes
    Un symposion se déroule généralement après le repas (deipnon). On passe ensuite à la seconde partie : le vin, la conversation et les jeux. Les invités, presque toujours des hommes libres, s’allongent sur des lits (les klinai) dans une pièce appelée andron, réservée aux hommes. La règle est claire : on ne boit pas le vin pur. Il est mélangé à l’eau dans un grand vase, le cratère, puis servi.

    Et il y a un chef de soirée : le symposiarque. C’est lui qui décide du dosage du vin, du rythme de la fête, parfois même des gages. Autrement dit : il contrôle le niveau d’ivresse collective.

    Un lieu de culture… mais pas seulement
    Le symposion est aussi un endroit où l’on “fait société”. On y débat : poésie, philosophie, politique, amour, guerre. Beaucoup de textes célèbres prennent place dans ce cadre — par exemple le Banquet de Platon, où l’on discute d’Éros. On improvise des vers, on chante, on joue de la musique (souvent de la lyre).
    Mais attention : ce n’est pas une réunion égalitaire. C’est un espace où l’on construit du prestige, où l’on teste les alliances et où l’on affine les réseaux.
    “Sans censure” : alcool, sexe, domination

    Et oui, le symposion pouvait aussi être très cru.

    Les invités jouent parfois au kottabos, un jeu où l’on lance les restes de vin en visant une cible — souvent accompagné de défis, de paris, de moqueries. Certains symposia dérivent : insultes, violence, agressivité, comportements humiliants.

    Côté sexualité, il faut être précis : les épouses citoyennes sont normalement absentes. En revanche, on y trouve des hétaïres (courtisanes cultivées, parfois très influentes), des danseuses, des musiciennes, et des esclaves. Certaines soirées incluent des prestations érotiques, et peuvent se conclure par des rapports sexuels. Il existe aussi, dans certaines cités, des relations entre hommes, notamment dans un cadre éducatif ou social : l’éros et le désir sont des thèmes centraux.

    Le symposion est donc un miroir de la Grèce : raffiné, intellectuel… mais aussi profondément marqué par la hiérarchie, la virilité, l’alcool et le pouvoir. Ce n’est pas “une orgie” par définition, mais c’est un lieu où tout peut basculer — parce que c’est précisément là que les élites se mettent à nu.

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    Comment un pâtissier français a déclenché une guerre ?

    20/1/2026 | 2 min
    Imaginez une guerre déclenchée… non pas par un roi, un général ou une frontière contestée, mais par un pâtissier. Et pourtant, c’est bien ce qui s’est passé au XIXᵉ siècle avec ce qu’on appelle aujourd’hui la Guerre des Pâtisseries.

    L’histoire commence au Mexique, dans les années 1830. Le pays est jeune, instable politiquement, secoué par des révoltes et des coups d’État. Dans ce chaos, des commerces étrangers sont régulièrement pillés. Parmi eux, une pâtisserie tenue par un Français installé près de Mexico : Monsieur Remontel. Un jour, des soldats mexicains auraient saccagé sa boutique, consommant et détruisant ses marchandises sans payer.

    L’affaire aurait pu rester un simple fait divers. Mais Remontel réclame réparation. Il évalue ses pertes… et demande une indemnisation énorme : 60 000 pesos, une somme jugée extravagante. Surtout pour une pâtisserie. Mais son cas devient symbolique : il cristallise les plaintes de nombreux ressortissants français au Mexique, qui accusent les autorités de ne pas protéger leurs biens.

    La France décide alors d’intervenir. En 1838, le gouvernement de Louis-Philippe exige du Mexique le paiement d’indemnités, pour Remontel et d’autres commerçants français, à hauteur de 600 000 pesos. Le Mexique refuse ou traîne. Paris s’impatiente.

    Et là, la diplomatie bascule dans la démonstration de force. La France envoie une flotte dans le golfe du Mexique et impose un blocus maritime du port de Veracruz, l’un des points stratégiques du commerce mexicain. Quand le Mexique ne cède pas, les Français bombardent la forteresse de San Juan de Ulúa, qui protège l’entrée du port.
    Le conflit devient réel : il y a des combats, des morts, et même une figure célèbre qui s’y illustre… Antonio López de Santa Anna, futur homme fort du Mexique. En affrontant les Français, il perd une jambe, ce qui renforce sa légende nationale.

    Finalement, le Mexique cède. En 1839, un accord est signé : le pays accepte de payer l’indemnité exigée et la France lève le blocus. Ainsi se termine cette guerre au nom improbable… née d’un commerce de gâteaux.

    Derrière l’anecdote, la “Guerre des Pâtisseries” révèle surtout une réalité du XIXᵉ siècle : les grandes puissances européennes utilisent parfois des prétextes — même une pâtisserie pillée — pour imposer leur influence et protéger leurs intérêts économiques à l’étranger.
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    Quel attentat a échoué à une lettre près ?

    19/1/2026 | 2 min
    La conspiration des poudres de 1605 est l’un des attentats politiques les plus célèbres de l’histoire britannique. Un projet radical : faire exploser le Parlement anglais pour décapiter le pouvoir d’un seul coup. Nous sommes dans l’Angleterre du début du XVIIᵉ siècle, sous le règne du roi Jacques Ier.

    Pour comprendre, il faut revenir au contexte religieux. Depuis la Réforme, l’Angleterre est officiellement protestante. Les catholiques, minoritaires, subissent une série de restrictions : amendes pour ceux qui refusent d’assister au culte anglican, exclusion de certaines fonctions, suspicion permanente. Beaucoup espèrent qu’avec Jacques Ier — qui succède à Élisabeth Iʳᵉ en 1603 — les tensions vont s’apaiser. Mais le roi maintient une politique dure.

    C’est dans ce climat qu’un petit groupe de catholiques anglais décide de passer à l’action. Leur chef est Robert Catesby, noble charismatique et déterminé. Le plan est simple et terrifiant : stocker des barils de poudre sous la Chambre des Lords, puis les faire exploser le jour de l’ouverture du Parlement, quand le roi, les lords et les représentants seront réunis. L’idée n’est pas seulement de tuer : c’est de provoquer un choc national, puis de rétablir un pouvoir catholique.

    Pour mettre ce plan en œuvre, les conspirateurs louent un local puis une cave proche du Parlement. Ils parviennent à accumuler 36 barils de poudre. Pour surveiller et déclencher l’explosion, ils recrutent un homme : Guy Fawkes, soldat ayant combattu en Europe, et surtout spécialiste des explosifs.

    Mais le complot échoue à la dernière minute. Le 26 octobre 1605, une lettre anonyme avertit un lord catholique de ne pas se rendre au Parlement. L’information remonte aux autorités. Dans la nuit du 4 au 5 novembre, les gardes fouillent les sous-sols. Ils trouvent Guy Fawkes avec des allumettes et du matériel pour enflammer la mèche.
    Fawkes est arrêté, torturé, puis finit par avouer. Les conspirateurs sont traqués. La plupart sont tués ou capturés. Ceux qui survivent sont condamnés à la peine la plus terrible : pendaison, éviscération et démembrement.

    L’échec du complot a un impact immense : il renforce la méfiance contre les catholiques pendant des générations. Et paradoxalement, Guy Fawkes devient une figure mythique. Chaque 5 novembre, l’Angleterre commémore toujours cet événement : “Remember, remember the Fifth of November…”.
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