C dans l'air du 15 avril 2026 - Ormuz: le blocus se reserre...les craintes s'étendent
Si Donald Trump assure que la guerre est « presque finie » et évoque une reprise imminente des négociations avec l’Iran, sur le front économique, les signaux restent au rouge. « Il s’agit de la plus importante crise énergétique de l’histoire », s’est alarmé lundi le directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Selon lui, le mois d’avril « devrait être encore pire que mars » pour le secteur de l’énergie, même dans l’hypothèse d’une fin rapide du conflit.
De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) a abaissé mardi sa prévision de croissance mondiale et a relevé ses prévisions d'inflation : la hausse mondiale des prix pourrait atteindre 6%. Il met également en garde contre le risque d’une récession si la guerre au Moyen-Orient devait se prolonger. Faut-il redouter un tel scénario ? La crise est-elle appelée à durer ?
Pour les ménages, l’impact sur le pouvoir d’achat, déjà sensible avec la hausse des prix à la pompe, pourrait encore s’accentuer. Face à ces tensions, le gouvernement peine à trouver des réponses. Outre la réforme des tickets-restaurants, en chantier depuis plusieurs années, l’exécutif privilégie des mesures ciblées à destination des secteurs les plus exposés. Un paquet de 70 millions d'euros d'aides a déjà été débloqué, fin mars, pour les transporteurs routiers, les pêcheurs et les agriculteurs.
« L’aide massive financée par la dette ne peut pas être la solution », a affirmé dimanche le nouveau ministre du Commerce et du Pouvoir d’achat, tout en assurant que « d’autres options sont à l’étude » pour soutenir ménages et entreprises. Alors que les effets du cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran tardent à se faire sentir à la pompe, le gouvernement envisage désormais d’encadrer les marges des distributeurs afin « d’éviter des effets d’aubaine ».
En seulement quarante-quatre jours de conflit, la facture des importations de combustibles fossiles a bondi de plus de 22 milliards d'euros dans l'UE. Alors que l'Europe s'enlise dans la crise, tous les pays n'optent pas pour la même stratégie en matière de carburant. L'Espagne a décidé de baisser les taxes et a été suivie par l'Allemagne, tandis que le Royaume-Uni a opté pour une réduction de la vitesse.
Entre blocus et possible reprise des négociations, Donald Trump évoque une issue prochaine au conflit. Mais au-delà des déclarations politiques, quelle est réellement la situation dans le Golfe ? Prix à la pompe, inflation, pouvoir d’achat, emploi… Quelles sont les conséquences de la guerre au Moyen-Orient ? Quels sont les scénarios envisagés par le FMI pour les prochains mois ? Enfin quel rôle la Chine joue-t-elle dans la guerre en Iran ? Tire-t-elle profit de la situation ?
Nos experts :
- Philippe Dessertine – Économiste, directeur de l’Institut de Haute Finance, professeur à l’IAE Paris Panthéon-Sorbonne, auteur de L’horizon des possibles
- Patrice Geoffron – Professeur d’économie à Paris Dauphine, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie
- Marie Bellan – Journaliste, service économique des Échos, en charge de l’environnement et de l’énergie
- Richard Werly – Éditorialiste international, Blick.ch, auteur de Cette Amérique qui nous déteste
- Céline Schoen ( en duplex de Bruxelles) – Correspondante à Bruxelles pour La Croix et Le Bulletin Quotidien