C dans l'air du 14 avril 2026 - Blocus américain : bataille navale et guerre des nerfs
Alors que des pourparlers entre diplomates israéliens et libanais s'ouvrent à partir d'aujourd'hui à Washington, divisant profondément le pays du Cèdre, aucune issue ne semble se dessiner dans la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Après l’échec des pourparlers entre les deux pays ce week-end, Donald Trump a relancé les hostilités hier en annonçant un blocus des ports iraniens. Le président des États-Unis menace désormais de détruire tout navire qui tenterait de le forcer. Le président des États-Unis espère ainsi couper les revenus pétroliers du régime iranien afin de contraindre Téhéran à accepter ses conditions pour un accord de paix, notamment sur la question du nucléaire. Mais selon des données maritimes, au moins quatre navires – dont un pétrolier détenu par un groupe chinois – visés par des sanctions des États-Unis ont traversé le détroit d'Ormuz depuis hier.
Alors, comment la marine américaine s’y prend-elle concrètement pour mettre en place ce blocus ? Quelles conséquences pour les flux pétroliers ? L’annonce du blocus américain a refait flamber les cours du pétrole et replongé les marchés mondiaux dans l’incertitude, car le blocage des exportations iraniennes couperait une source importante d’approvisionnement du marché mondial. Dénonçant un acte « illégal » de « piraterie », l'Iran a averti qu'il s'en prendrait aux ports de ses voisins du Golfe si « la sécurité des ports de la République islamique (...) était menacée ».
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie a alerté ce mardi sur un choc historique de l’offre pétrolière. « Très pessimiste », le patron de l’Agence internationale de l’énergie prédit depuis plusieurs jours un « mois d’avril noir ». Mais sans accord négocié permanent, l’AIE avertit désormais que le monde doit se préparer à un scénario de « conflit prolongé », dans lequel les marchés de l’énergie subiraient des perturbations encore plus graves au second semestre.
Aux États-Unis, Donald Trump est de plus en plus critiqué, et il a réussi à choquer sa base catholique. Une image générée par intelligence artificielle le représentant en figure christique, publiée puis rapidement supprimée, a provoqué une vive polémique jusque dans son propre camp. D’autant que cette publication est apparue après une attaque de Donald Trump contre le pape Léon XIV, qu’il a accusé d’être « faible face à la criminalité » et d’être « catastrophique en matière de politique étrangère ». Une partie de la droite religieuse américaine dénonce une instrumentalisation de la foi et un « blasphème grossier » du président des États-Unis.
À l’origine de cette séquence, un appel du souverain pontife à la paix, dans lequel il a évoqué « les responsabilités impératives qui incombent aux dirigeants des nations » face aux conflits en cours. Dans un communiqué publié lundi, la cheffe du gouvernement italien a dénoncé les propos de Donald Trump et rappelé la place particulière du pape dans le débat public : « Le pape est le chef de l’Église catholique, et il est juste et normal qu’il invoque la paix et qu’il condamne toute forme de guerre ».
Nos experts :
- Bruno TERTRAIS - Directeur adjoint de la FRS
- Agnès LEVALLOIS - Spécialiste du Moyen-Orient et présidente de l’IREMMO - Institut de Recherche et d’Études Méditerranée Moyen-Orient
- Nicole BACHARAN - Historienne et politologue, spécialiste des États-Unis, éditorialiste - Ouest France
- Lucas MENGET - Grand reporter, spécialiste des relations internationales