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Choses à Savoir TECH VERTE

Choses à Savoir
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    Zéro CO2 ne signifie pas la fin du changement climatique ?

    14/09/2026 | 2 min
    Même avec zéro émission humaine, le climat pourrait-il continuer à se réchauffer ? Une étude sur la plus grande extinction connue montre que ce scénario est possible dans certaines conditions. Mais elle ne dit pas que nous avons déjà franchi ce seuil. Le travail en question n’est d’ailleurs pas nouveau : il a été publié en juillet 2025 dans Nature Communications et revient aujourd’hui dans l’actualité. Les chercheurs se sont intéressés à l’extinction du Permien-Trias, il y a environ 252 millions d’années, la crise biologique la plus sévère documentée dans les archives fossiles. À l’époque, d’immenses émissions de carbone liées au volcanisme des Trapps de Sibérie ont provoqué un réchauffement brutal. Mais une énigme demeurait : pourquoi des conditions de « super effet de serre » ont-elles persisté pendant près de cinq millions d’années ?

    L’équipe a combiné fossiles végétaux, indices géologiques et modélisation du climat. Sa conclusion : l’effondrement de la végétation terrestre, particulièrement sous les tropiques, aurait considérablement affaibli deux mécanismes permettant de retirer du CO₂ de l’atmosphère : le stockage du carbone par les écosystèmes et l’altération chimique des roches. Le système climatique se retrouve alors pris dans une boucle. Davantage de chaleur détruit la végétation ; moins de végétation signifie moins de carbone capté ; le CO₂ reste élevé et le climat demeure extrêmement chaud. Le refroidissement ne s’est véritablement amorcé qu’avec le retour de la productivité végétale. C’est ici que l’étude devient pertinente aujourd’hui. Selon les chercheurs, elle montre que le cycle du carbone possède des seuils capables d’amplifier un réchauffement initial.

    Mais il faut éviter un raccourci important. Cette étude ne démontre pas que les forêts tropicales actuelles sont sur le point de s’effondrer, ni que parvenir au zéro émission serait devenu inutile. Elle étudie une Terre très différente, il y a 252 millions d’années, à partir de fossiles et de modèles.
    Son avertissement est plus précis : protéger les grands puits naturels de carbone compte autant que réduire les émissions. Car si un écosystème essentiel bascule, arrêter d’ajouter du CO₂ peut ne plus suffire, à lui seul, à restaurer rapidement le climat précédent.
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    La Patagonie, terre promise des data centers ?

    13/09/2026 | 2 min
    La Patagonie attire désormais les promoteurs de data centers géants. Mais entre des centaines de mégawatts annoncés et des serveurs réellement installés, il reste encore toute l’infrastructure à construire. Dans le sud de l’Argentine, Neuquén et le Chubut concentrent plusieurs projets destinés à l’intelligence artificielle. Le principal atout est l’énergie. Neuquén combine le gaz de Vaca Muerta, l’hydroélectricité et un climat relativement frais. Plus au sud, le Chubut dispose d’un potentiel éolien important et de vastes terrains. Les chiffres donnent le vertige, mais ils doivent être lus avec prudence. Pampa Energía étudie près de sa centrale de Loma de la Lata un site qui pourrait atteindre 500 mégawatts. Les investisseurs intéressés voudraient cependant commencer par seulement 20 à 40 mégawatts. Rien que l’infrastructure électrique nécessaire à la pleine capacité coûterait près de 900 millions de dollars.

    FlexDomes cherche de son côté des financements pour une première phase de 120 mégawatts, estimée à 1,4 milliard de dollars. Dans le Chubut, Green Capital évoque 300 mégawatts pour environ 3 milliards de dollars, avec une ambition théorique de 3 gigawatts à terme. Là encore, le financement reste à trouver. Même prudence pour Stargate Argentina. OpenAI et Sur Energy ont signé une lettre d’intention en octobre 2025 pour explorer un projet pouvant atteindre 500 mégawatts. OpenAI se présente comme un possible acheteur de capacité, pas comme le constructeur ayant déjà engagé 25 milliards de dollars. Car disposer d’énergie ne suffit pas. Un campus d’IA a aussi besoin de réseaux électriques renforcés, de fibres internationales rapides et redondantes, et de contrats suffisamment solides pour financer des infrastructures aussi lourdes. Le Chubut travaille justement avec le régulateur ENACOM sur un second point d’atterrissement de câble sous-marin et un corridor de fibre entre Atlantique et Pacifique.

    Le gouvernement de Javier Milei ajoute un autre argument : le régime RIGI, prolongé en 2026, qui offre aux grands projets éligibles une stabilité fiscale, douanière, cambiaire et réglementaire pouvant durer trente ans. La Patagonie possède donc le froid, l’espace et l’énergie recherchés par l’IA. Ce qui lui manque encore, ce sont les preuves les moins spectaculaires mais les plus décisives : financements signés, câbles posés, raccordements achevés et premiers mégawatts effectivement construits.

    Source : Stack Chronicle
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    Le "carbone incorporé", poison du secteur de la construction ?

    10/09/2026 | 2 min
    Rendre les bâtiments plus économes en énergie ne suffira pas à décarboner nos villes. À mesure que chauffage et électricité deviennent plus propres, une autre source d’émissions prend le dessus : le carbone déjà dépensé avant même d’allumer la première lumière.

    Une étude publiée dans Building and Environment a modélisé l’ensemble des immeubles de bureaux australiens jusqu’en 2049. Son estimation de référence atteint près de 138 millions de tonnes de CO₂ équivalent sur la période. Environ 45 % proviendraient du « carbone incorporé ». Derrière ce terme se cachent les émissions liées à la fabrication du béton, de l’acier, du verre, au transport des matériaux, au chantier, à leur remplacement puis à la fin de vie du bâtiment. Et le paradoxe est là. Les émissions liées à l’utilisation des bureaux devraient s’effondrer avec l’électrification, les renouvelables et l’amélioration de l’efficacité énergétique. Le carbone de la construction, lui, diminue beaucoup plus lentement. Selon le scénario étudié, il deviendrait dès 2034 la première source annuelle d’émissions du secteur.

    Le béton et l’acier représentent à eux seuls 59 % des émissions cumulées liées aux matériaux. Les chercheurs ont donc testé plusieurs solutions : béton moins carboné, structures bois, bâtiments moins hauts, matériaux biosourcés ou durée de vie plus longue. Elles améliorent fortement le bilan, mais aucune ne suffit seule à respecter une trajectoire climatique compatible avec deux degrés de réchauffement. Le levier le plus puissant est beaucoup moins technologique : rénover davantage et construire moins de mètres carrés neufs. Si le rythme de construction de nouveaux bureaux était divisé par deux, les objectifs de réduction du carbone incorporé deviendraient nettement plus atteignables.

    La France est déjà plus avancée sur ce sujet que beaucoup de pays. La réglementation RE2020 impose un plafond d’émissions lié aux matériaux et au chantier des bâtiments neufs, avec des seuils qui se durcissent progressivement jusqu’en 2031. Cette étude ne dit donc pas qu’il faut arrêter de construire. Nous avons évidemment besoin de logements, d’écoles et d’hôpitaux. Elle rappelle simplement qu’un bâtiment très performant peut commencer sa vie avec une énorme dette carbone. Après avoir appris à réduire l’énergie consommée par les bâtiments, la prochaine révolution consiste peut-être à se demander, avant de construire : avons-nous réellement besoin d’un bâtiment neuf ?
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    Les data centers américains se heurtent à la fronde populaire ?

    09/09/2026 | 2 min
    La course américaine à l’intelligence artificielle vient de rencontrer un obstacle que les géants de la tech avaient peut-être sous-estimé : leurs voisins. En trois mois, l’opposition locale a bloqué ou retardé au moins 75 projets de data centers représentant environ 130 milliards de dollars d’investissements.

    Attention au chiffre : ces 130 milliards ne se sont pas évaporés et tous les projets ne sont pas annulés. Certains sont simplement retardés par des recours, des moratoires ou des procédures administratives. Mais selon Data Center Watch, jamais autant de projets n’avaient été perturbés en un seul trimestre depuis le début de son suivi en 2023. Le nombre de groupes locaux mobilisés a plus que doublé pour atteindre 833, répartis dans 49 États. Et les opposants ne contestent pas seulement l’intelligence artificielle. Ils parlent d’électricité, d’eau, de bruit, de terrains agricoles et surtout de factures.

    Le problème prend de l’ampleur parce que les centres de données changent complètement d’échelle. L’Agence internationale de l’énergie estime que leur consommation mondiale d’électricité pourrait plus que doubler d’ici 2030 pour atteindre environ 945 térawattheures. Aux États-Unis, ils pourraient représenter près de la moitié de la croissance de la demande électrique d’ici la fin de la décennie. La contestation est devenue suffisamment sérieuse pour modifier la politique nationale. En mars, Amazon, Google, Meta, Microsoft, OpenAI, Oracle et xAI ont accepté un engagement voulu par la Maison-Blanche : financer les nouvelles capacités électriques et les infrastructures nécessaires à leurs data centers plutôt que d’en transférer le coût aux particuliers.

    Et cette bataille américaine mérite d’être observée en France. En mai, RTE avait déjà réservé près de 18 gigawatts de capacité électrique pour environ 80 projets de data centers, contre seulement 5 gigawatts fin 2024. Certains réclament à eux seuls plus de 400 mégawatts. L’IA était jusqu’ici présentée comme une compétition de puces, de modèles et de milliards. Elle devient aussi une bataille très concrète pour des mégawatts, de l’eau et des hectares. Et les habitants viennent de rappeler aux géants technologiques qu’une infrastructure peut avoir le financement, les GPU et l’électricité nécessaires sans pour autant disposer de la ressource la plus difficile à acheter : l’acceptation locale.
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    Des composants 500 fois plus petits pour les puces IA ?

    08/09/2026 | 2 min
    Des chercheurs viennent de fabriquer des composants photoniques jusqu’à 500 fois moins encombrants que leurs équivalents classiques. Et la prouesse ne vient pas d’une nouvelle machine de gravure : elle vient d’un algorithme capable de dessiner des formes qu’aucun ingénieur n’aurait spontanément imaginées. L’équipe de Harvard et de l’Institut Max-Planck travaille sur des puces photoniques. Contrairement aux processeurs traditionnels, elles utilisent la lumière pour transporter certaines informations. Cette technologie intéresse particulièrement les télécommunications, les ordinateurs quantiques et les centres de données, où déplacer toujours plus de données entre les puces devient un véritable goulet d’étranglement.

    Le procédé employé s’appelle la conception inverse. Au lieu de dessiner un composant puis de vérifier son fonctionnement, les chercheurs donnent au logiciel le résultat désiré : séparer différentes longueurs d’onde, trier plusieurs modes lumineux ou réfléchir la lumière. L’algorithme optimise ensuite la répartition de la matière jusqu’à obtenir une nanostructure efficace et compatible avec les procédés industriels. Ce n’est donc pas une IA générative qui « invente une puce » comme ChatGPT rédige un texte, mais un puissant système d’optimisation mathématique. Les chercheurs ont réellement fabriqué et testé trois familles de composants en nitrure de silicium. Certains multiplexeurs occupent une surface 50 à 300 fois plus petite que les modèles conventionnels ; pour certains dispositifs chargés de trier les modes de lumière, le gain atteint environ 500 fois. Les miroirs microscopiques réfléchissent, eux, jusqu’à 98,5 % de la lumière reçue.

    Il faut cependant éviter une confusion : l’ensemble d’une puce n’est pas devenu 500 fois plus petit. Ce sont certaines briques photoniques qui ont été miniaturisées. Et les chercheurs doivent maintenant les intégrer à des circuits plus complexes. L’enjeu touche directement la France. À Grenoble, le CEA-Leti développe lui aussi des interconnexions photoniques destinées à soulager les échanges de données dans les futures architectures d’IA. La prochaine révolution des puces ne viendra donc peut-être pas uniquement de transistors toujours plus petits. Elle pourrait aussi venir d’algorithmes capables d’utiliser beaucoup mieux chaque micromètre disponible.
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