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Choses à Savoir TECH VERTE

Choses à Savoir
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    Les satellites aident à prévoir les catastrophes naturelles ?

    29/07/2026 | 2 min
    Face aux catastrophes naturelles et aux pollutions, gagner quelques heures peut sauver des vies. C’est tout l’enjeu de la télédétection spatiale, mise en lumière récemment par le Programme national de télédétection spatiale. Treize projets montrent comment satellites, drones et intelligence artificielle transforment l’observation de la planète en outil d’alerte et d’intervention.

    À Strasbourg, la plateforme SERTIT convertit les images satellites en cartes utilisables par les secours en moins de six heures. Elle peut délimiter une zone inondée, estimer la hauteur de l’eau ou identifier les routes encore praticables. Ces cartes sont produites en moyenne en cinq heures et vingt minutes. Après le séisme d’Haïti, en 2010, des documents d’impact avaient été livrés en quarante heures. Le service surveille aussi presque en temps réel les incendies, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. L’intelligence artificielle aide également à retrouver des rescapés sur des images de drones parfois difficiles à interpréter. Elle analyse automatiquement les formes, les mouvements et la position des personnes pour orienter plus vite les équipes de secours.

    Autre menace discrète : les glissements de terrain, responsables d’environ 4 000 morts chaque année. Grâce aux radars Sentinel-1, l’interférométrie InSAR compare des images prises à quelques jours d’intervalle et détecte des déplacements de quelques centimètres. Le jeu de données ISSLIDE a été créé pour entraîner des algorithmes à repérer ces mouvements lents avant une rupture brutale. Dans les Alpes, après la crue de La Bérarde, les satellites Pléiades et SPOT, associés au LiDAR et aux drones, ont permis de reconstruire précisément le relief en trois dimensions.

    La télédétection suit aussi la pollution de l’air, responsable de près de quatre millions de morts prématurées par an. Des capteurs multispectraux cartographient les particules en 3D et aident à distinguer trafic, industrie, poussières désertiques ou fumées d’incendies. En mer, radar et infrarouge améliorent la détection des nappes d’hydrocarbures. Dans les Caraïbes, le projet SargAlert prévoit les échouements de sargasses jusqu’à deux mois à l’avance. Volcans, îlots de chaleur urbains, sécheresses agricoles : l’espace offre désormais une vision globale. Le défi reste de transformer ces algorithmes de recherche en services rapides, fiables et opérationnels, car face à une catastrophe, la donnée n’est utile que si elle arrive à temps.
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    De l’eau de mer sur les nuages pour calmer El Niño ?

    28/07/2026 | 2 min
    Un nouvel épisode El Niño est en train de s’installer dans le Pacifique équatorial. En juin 2026, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique, la NOAA, ainsi que l’Organisation météorologique mondiale ont confirmé son arrivée, après une hausse marquée de la température des eaux de surface. Selon les experts, il existe 63 % de chances que cet épisode soit qualifié de « très fort », au point de devenir l’un des plus puissants de l’histoire moderne. El Niño modifie profondément la circulation atmosphérique mondiale. Il entraîne généralement une hausse temporaire de la température globale et déplace les zones de pluie et de sécheresse, avec des conséquences parfois majeures sur plusieurs continents.

    Face à cette menace, Jessica Wan, climatologue à l’Université de Californie, étudie une méthode de géo-ingénierie ciblée : l’éclaircissement des nuages marins. Ses travaux ont été publiés le 8 juillet 2026 dans la revue Science Advances. Le principe consiste à équiper des navires de buses capables de pulvériser de très fines gouttelettes d’eau salée sous les stratocumulus marins. L’eau s’évapore, mais les minuscules cristaux de sel restent en suspension. L’humidité se condense autour d’eux, ce qui rend les nuages plus denses, plus blancs et plus réfléchissants. Ils renvoient alors davantage de rayonnement solaire vers l’espace.

    L’équipe a simulé deux épisodes historiques particulièrement intenses, ceux de 1997-1998 et de 2015-2016. D’après ses modèles, intervenir sur 7 % du Pacifique Sud-Est pourrait refroidir suffisamment l’océan pour casser la boucle de rétroaction qui renforce El Niño. Le calendrier serait déterminant. Une intervention commencée dès juin, pendant la montée du phénomène, puis poursuivie jusqu’en février, pourrait faire baisser la température de surface de la mer de 1,88 degré. Une diminution suffisante, selon les chercheurs, pour neutraliser une grande partie des anomalies météorologiques mondiales. Cette méthode aurait l’avantage d’être temporaire et réversible à chaque cycle. Mais elle comporte aussi des risques. Un refroidissement excessif pourrait provoquer une transition brutale vers La Niña, aggravant notamment les sécheresses dans la Corne de l’Afrique. Modifier les grands courants thermiques du Pacifique pourrait également produire des effets incontrôlés, comme des vagues de chaleur inattendues en Europe ou en Asie.
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    Une gigafactory pour batterie sodium-ion aux USA ?

    27/07/2026 | 2 min
    Aux États-Unis, le sodium-ion veut sortir des laboratoires pour entrer dans l’ère industrielle. La start-up californienne Peak Energy prévoit de construire à Sacramento une immense usine de batteries destinées au stockage d’électricité à l’échelle des réseaux. Fondée en 2023, l’entreprise s’est spécialisée dans le stockage stationnaire, c’est-à-dire des batteries qui ne servent pas à faire rouler des véhicules, mais à conserver l’énergie produite par des centrales solaires ou éoliennes, puis à la restituer lorsque la demande augmente. Elles peuvent aussi alimenter des usines, des villes ou des centres de données en cas de coupure.

    Le projet, annoncé le 8 juillet 2026, doit voir le jour au Metro Air Park de Sacramento. Avec une superficie de 16 700 mètres carrés, le site entre dans la catégorie des gigafactories, ces usines capables de produire des batteries à très grande échelle. Peak Energy prévoit d’y fabriquer de vastes unités sodium-ion, comparables à des conteneurs maritimes et fonctionnant avec un refroidissement passif.

    La production doit commencer au premier trimestre 2027. À terme, l’usine assemblerait chaque année suffisamment de batteries pour atteindre une capacité cumulée de quatre gigawattheures, soit, selon Peak Energy, de quoi alimenter quatre millions de foyers. L’intérêt du sodium-ion tient d’abord à son coût. D’après Crystal Bethke, du Bureau de développement économique du comté de Sacramento, cette technologie réduirait de 20 % le prix du stockage tout en garantissant une disponibilité de 99 %. Elle présente également un avantage important en matière de sécurité. Sa chimie serait beaucoup plus stable que celle des batteries lithium-ion, réduisant presque totalement le risque d’incendie. Cette stabilité permet aussi de se passer de systèmes actifs de refroidissement, donc de limiter la consommation électrique interne et les besoins de maintenance.

    Autre atout : le sodium provient notamment du sel, une ressource abondante aux États-Unis. Peak Energy entend ainsi réduire la dépendance aux importations de lithium, de cobalt et de graphite, souvent liées à la Chine. Enfin, ces batteries fonctionneraient efficacement entre moins 40 et plus 55 degrés. Une résistance particulièrement utile pour les réseaux électriques, les parcs renouvelables et les data centers, qui recherchent des solutions fiables dans toutes les conditions.
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    Connecter les oscillateurs pour une IA 1000 fois plus économe ?

    26/07/2026 | 2 min
    Et si l’intelligence artificielle cessait de dépendre de milliards de transistors pour s’appuyer sur un principe vieux comme les métronomes ? C’est le pari d’Unconventional AI, une start-up née des travaux de chercheurs du MIT et de Stanford. Son ambition : utiliser la synchronisation de systèmes physiques pour concevoir une IA jusqu’à mille fois moins énergivore que l’informatique classique.

    L’enjeu est considérable. Les générateurs d’images comme Midjourney ou Dall-E reposent souvent sur la diffusion. Le modèle part d’un bruit visuel, puis le transforme progressivement en image cohérente. Cette opération exige généralement entre vingt et cinquante étapes, parfois jusqu’à cent, même si les gains deviennent faibles au-delà d’un certain seuil. Répétée à l’échelle de millions de requêtes, elle entraîne une consommation électrique importante. Unconventional AI propose donc de changer de fondation. Les ordinateurs classiques utilisent des transistors, de minuscules interrupteurs qui passent du zéro au un. Chaque bascule consomme de l’énergie. La start-up mise, elle, sur des oscillateurs physiques : des éléments qui produisent un mouvement périodique, comme un métronome. Lorsqu’ils sont reliés, ces oscillateurs tendent naturellement à se synchroniser.

    En connectant des milliers d’entre eux selon le modèle mathématique de Kuramoto, l’entreprise affirme pouvoir réaliser des calculs complexes, notamment pour générer des images. Le traitement ne serait plus effectué uniquement par une succession d’opérations logiques, mais par l’évolution physique du système lui-même. Cette approche a donné naissance à Un-0, une première preuve de concept rendue publique sur GitHub. Le modèle utilise un réseau d’oscillateurs pour produire des images. Le projet réunit Sara Achour, professeure à Stanford, Michael Carbin, professeur associé au MIT, MeeLan Lee, ancienne ingénieure chez Google, et Naveen Rao, ancien responsable de l’intelligence artificielle chez Databricks.

    La promesse reste toutefois à confirmer. Un-0 n’est encore qu’une démonstration expérimentale. Transformer ce principe en matériel fiable, industrialisable et compétitif représente un défi immense. Mais à l’heure où l’IA devient toujours plus gourmande en énergie, cette piste intrigue. Plutôt que de forcer les machines à calculer davantage, Unconventional AI propose de laisser la physique travailler. Et peut-être, demain, les modèles les plus sobres fonctionneront-ils au rythme de milliers de métronomes invisibles.
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    Electrique : les taxes n’ont pas arrêté les constructeurs chinois ?

    23/07/2026 | 2 min
    À l’été 2024, l’Union européenne décidait de surtaxer les voitures électriques fabriquées en Chine. L’objectif était clair : ralentir la progression des constructeurs chinois sur le marché européen et protéger davantage l’industrie automobile du continent. Deux ans plus tard, le bilan apparaît pour le moins contrasté.

    Selon une étude de l’organisation Transport & Environment, les véhicules électriques produits en Chine représentaient 22 % des ventes européennes en 2024, contre 17 % au premier trimestre 2026. À première vue, les droits de douane semblent donc avoir produit un effet. Mais cette baisse en proportion masque une autre réalité : le nombre de véhicules concernés reste pratiquement stable, autour de 350 000 unités par an. Si leur part recule, c’est surtout parce que le marché européen de l’électrique continue de grandir.

    Les marques chinoises ont également adapté leur stratégie. Pour échapper aux surtaxes visant les modèles entièrement électriques, elles ont fortement développé leur offre de véhicules hybrides. Leur part de ce marché est ainsi passée de 3 % en 2024 à 13 % en Europe. Plusieurs constructeurs préparent aussi une implantation industrielle directe dans l’Union européenne, ce qui permettrait de produire localement et de contourner les taxes appliquées aux importations.

    Autre effet inattendu : les mesures européennes pénalisent davantage Tesla et certaines marques européennes que leurs concurrentes chinoises. Aujourd’hui, les constructeurs chinois représentent 54 % des voitures fabriquées en Chine puis importées en Europe. En 2021, cette proportion n’était que de 15 %. Tesla compte encore pour 19 % des véhicules chinois vendus sur le marché européen. En revanche, la part des marques européennes produisant en Chine s’est nettement contractée : elle est passée de 38 % en 2024 à seulement 23 % au premier trimestre 2026.

    Cette progression des groupes chinois s’explique en grande partie par leur compétitivité. Malgré les surtaxes, leurs voitures restent en moyenne 21 % moins chères que les modèles proposés par les marques européennes. Les droits de douane ont donc modifié les flux commerciaux, mais sans véritablement freiner les constructeurs chinois. Ces derniers ont diversifié leurs motorisations, réorganisé leur production et continué à miser sur leur principal avantage : des prix difficiles à concurrencer.
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