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Choses à Savoir TECH VERTE

Choses à Savoir
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    La recherche sur les supraconducteurs décolle ?

    07/09/2026 | 2 min
    L’intelligence artificielle vient d’aider des chercheurs à trouver deux nouveaux supraconducteurs. Mais la véritable découverte n’est pas leur performance : ces matériaux ne fonctionnent qu’à environ un degré au-dessus du zéro absolu. L’avancée, c’est la méthode utilisée pour les trouver.

    Une équipe internationale coordonnée notamment par l’université Aalto, en Finlande, a identifié deux nouveaux composés : YRu3B2 et LuRu3B2. Après leur fabrication en laboratoire, les chercheurs ont confirmé qu’ils deviennent bien supraconducteurs, à 0,81 et 0,95 kelvin. À cette température, leur résistance électrique disparaît. Autant le dire immédiatement : nous sommes très loin du supraconducteur à température ambiante qui permettrait un jour de transporter de l’électricité pratiquement sans pertes ou de simplifier certaines machines utilisant des aimants extrêmement puissants. Ce qui change, c’est la manière de chercher.

    Les combinaisons possibles d’éléments chimiques se comptent par milliards. Tester chacune d’elles avec des calculs quantiques très poussés serait beaucoup trop coûteux. Les chercheurs utilisent donc d’abord l’apprentissage automatique comme un immense filtre. L’algorithme élimine rapidement les candidats peu prometteurs. Les survivants passent ensuite par des calculs physiques beaucoup plus précis, puis par l’étape décisive : la fabrication et la vérification en laboratoire. L’équipe estime que cette approche pourrait permettre d’explorer à terme des milliards de matériaux. Les deux composés découverts possèdent notamment une structure dite « kagome », un réseau géométrique rappelant un motif traditionnel de vannerie japonaise. Cette organisation peut créer des bandes électroniques presque plates, une propriété particulièrement intéressante dans la recherche sur la supraconductivité.

    Il faut néanmoins relativiser le caractère « historique » de l’annonce. Dès janvier, une autre équipe avait publié une chaîne de découverte accélérée par l’IA ayant elle aussi conduit à la synthèse et à la confirmation expérimentale de deux nouveaux supraconducteurs. Nous assistons donc plutôt à l’émergence d’une nouvelle façon de faire de la science des matériaux. Le consortium SuperC s’est fixé un objectif vertigineux : trouver un supraconducteur fonctionnant à température et pression ambiantes d’ici 2033. Rien ne garantit qu’il y parviendra. Mais l’IA change déjà une chose essentielle : au lieu de chercher une aiguille dans une botte de foin, les physiciens disposent désormais d’une machine capable de leur indiquer dans quelle poignée de foin commencer à regarder.
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    Dissiper les nuages pour booster les rendements photovoltaïques ?

    06/09/2026 | 2 min
    Et si, plutôt que d’attendre le retour du soleil, une centrale photovoltaïque pouvait simplement pousser les nuages hors du chemin ? Une start-up américaine veut envoyer des essaims de drones directement dans les nuages pour augmenter la production électrique des panneaux situés en dessous. Meteoric, jeune entreprise passée par Y Combinator, imagine des dizaines voire des centaines de drones électriques volant entre un et cinq kilomètres d’altitude. Leur mission : modifier les gouttelettes qui composent les nuages pour réduire leur capacité à réfléchir la lumière et laisser davantage de rayonnement atteindre le sol. Aucun produit chimique ne serait dispersé.

    L’idée répond à une vraie contrainte du solaire. Selon les données utilisées par Meteoric, certains nuages bas et moyens peuvent réduire de 73 à 82 % le rayonnement reçu lorsqu’ils passent au-dessus d’une installation. La start-up estime donc pouvoir augmenter de 10 à 30 % la production annuelle de certaines centrales américaines. Mais ce chiffre est essentiel à nuancer : il provient d’un modèle informatique, pas d’une centrale déjà équipée de drones. Pour l’instant, la preuve expérimentale est très limitée. Meteoric affirme qu’un prototype a réussi à dissiper 13 % d’un nuage artificiel dans une chambre de laboratoire. Aucun essai grandeur nature n’a encore eu lieu et l’entreprise n’a pas publié suffisamment de détails pour évaluer indépendamment ce résultat. Le premier test à grande échelle est prévu en 2027.

    Et Meteoric voit déjà beaucoup plus loin. Son ambition finale consiste à utiliser la même approche pour affaiblir les tempêtes et même les ouragans. Là, la prudence devient indispensable. L’Organisation météorologique mondiale rappelle que la modification locale des nuages peut fonctionner dans certaines conditions très particulières, mais qu’il n’existe aujourd’hui aucune preuve généralement acceptée permettant de modifier un cyclone tropical. Elle avertit même que les technologies promettant des effets spectaculaires sur des systèmes météorologiques aussi énergétiques doivent être considérées avec beaucoup de scepticisme. Meteoric illustre donc une nouvelle frontière des technologies climatiques : après avoir appris à prévoir la météo pour mieux exploiter les renouvelables, certains entrepreneurs veulent désormais modifier la météo elle-même. Mais avant de vendre davantage de soleil, il reste encore à démontrer que l’on sait réellement déplacer les nuages sans déplacer les problèmes ailleurs.
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    Lidl, nouveau champion du cloud européen ?

    03/09/2026 | 2 min
    Le propriétaire de Lidl veut devenir un géant européen du cloud. Et pour y parvenir, il prépare en Allemagne un data center pouvant coûter jusqu’à 5,6 milliards d’euros. Derrière les supermarchés, c’est désormais une bataille de souveraineté numérique qui se joue.

    Bonjour à toutes et à tous. Première précision : ce n’est pas Lidl directement qui investit, mais sa maison mère, le groupe allemand Schwarz, également propriétaire de Kaufland et de la branche technologique Schwarz Digits. Le projet doit être construit à Dummerstorf, près de Rostock, dans le nord de l’Allemagne. Sous réserve des autorisations, il atteindrait 240 mégawatts de capacité en 2033, avec la possibilité de monter jusqu’à un gigawatt en 2045. À cette échelle, on entre clairement dans la catégorie des infrastructures hyperscale.

    Pourquoi un groupe de supermarchés dépense-t-il autant dans des serveurs ? Parce que Schwarz a commencé par construire sa propre informatique pour Lidl et Kaufland, avant de transformer cette infrastructure en activité commerciale. Sa plateforme STACKIT propose désormais du cloud aux entreprises et aux administrations européennes, face à Amazon Web Services, Microsoft Azure et Google Cloud. Et l’enjeu est considérable. Selon Synergy Research, les fournisseurs européens ne représentent qu’environ 15 % du marché du cloud en Europe, tandis qu’Amazon, Microsoft et Google en contrôlent ensemble environ 70 %.

    Schwarz veut donc proposer une alternative exploitée en Europe et soumise au droit européen. STACKIT a d’ailleurs été retenu cette année parmi quatre fournisseurs pour un contrat de cloud souverain de la Commission européenne. Le projet de Dummerstorf cherche aussi à répondre au problème énergétique des data centers. Schwarz promet une alimentation entièrement renouvelable en fonctionnement normal. Le climat du nord de l’Allemagne permettra davantage de refroidissement par l’air extérieur, et la chaleur dégagée par les serveurs pourrait alimenter le réseau de chauffage de Rostock. Mais le chantier reste à un stade précoce : les autorisations finales manquent encore et même le choix précis des puces destinées au cloud et à l’IA n’est pas arrêté.

    L’histoire est surtout révélatrice d’un changement industriel. L’Europe ne manque pas seulement de modèles d’IA ou de fabricants de puces. Elle manque aussi des immenses infrastructures qui les font fonctionner. Et son prochain champion du cloud pourrait bien être né non pas dans la Silicon Valley, mais derrière les caisses d’un supermarché.
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    Quantique : IBM se rapproche du zéro absolu ?

    02/09/2026 | 2 min
    IBM vient de refroidir deux énormes modules à moins de 15 millikelvins, presque au zéro absolu. Mais la véritable avancée n’est pas d’avoir battu un record de froid : c’est d’avoir réussi à faire fonctionner ensemble deux réfrigérateurs quantiques conçus pour accueillir plusieurs processeurs interconnectés.

    Bonjour à toutes et à tous. Première précision importante : IBM n’a pas présenté un nouvel ordinateur quantique complet tournant à cette température. L’entreprise a testé son infrastructure cryogénique modulaire dans l’État de New York. Les deux cellules ont été reliées puis refroidies ensemble. Elles sont descendues à 4 kelvins en moins de cinq jours, puis sous les 15 millikelvins, soit environ 0,015 degré au-dessus du zéro absolu. L’expression « 180 fois plus froid que l’espace » utilisée par IBM est spectaculaire : elle vient de la comparaison avec le fond cosmologique, autour de 2,7 kelvins. Mais ces températures extrêmes sont déjà normales pour les qubits supraconducteurs.

    La vraie difficulté est ailleurs. Pour construire un ordinateur quantique puissant, ajouter des qubits ne suffit pas. Il faut aussi faire passer énormément de câbles pour les contrôler, récupérer leurs résultats et connecter plusieurs puces, sans apporter suffisamment de chaleur ou de perturbations pour détruire leurs fragiles états quantiques. IBM abandonne donc progressivement ses grands cryostats cylindriques au profit de cellules rectangulaires installées côte à côte. Chacune offre environ 0,53 mètre carré de surface disponible pour le câblage et 2,75 mètres cubes de volume sous vide. Cette architecture doit permettre d’ajouter des modules sans reconstruire tout le système à chaque génération.

    Des processeurs Nighthawk doivent être installés dans cette infrastructure pour poursuivre les essais. L’objectif final reste Starling, qu’IBM promet pour 2029 comme son premier ordinateur quantique tolérant aux erreurs, capable de corriger en permanence les erreurs qui rendent encore les machines actuelles si difficiles à exploiter. Et c’est peut-être la leçon la plus intéressante : la course au quantique ne se joue plus seulement dans la physique des qubits. Elle se déplace vers une ingénierie presque industrielle faite de réfrigération, de câbles, de connecteurs et de modularité. L’ordinateur quantique utile ne naîtra donc probablement pas d’une puce miracle. Il ressemblera davantage à un immense système qu’il faudra réussir à assembler, refroidir et faire fonctionner comme une seule machine.
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    Après l'espace, SpaceX bientôt énergéticien ?

    01/09/2026 | 2 min
    SpaceX se prépare à acheter du gaz naturel comme une compagnie énergétique. L’entreprise recrute désormais un trader spécialisé, capable d’acheter le combustible, d’organiser sa livraison et même de se protéger contre les variations de prix. Derrière cette offre d’emploi se dessine une stratégie beaucoup plus vaste : SpaceX veut contrôler elle-même l’énergie nécessaire à ses fusées, ses usines et demain à son infrastructure d’intelligence artificielle.

    Bonjour à toutes et à tous. Le poste peut être basé à Starbase, au Texas, ou à Cap Canaveral, en Floride. Sa mission porte sur le commerce physique et financier du gaz naturel. Ce n’est donc pas simplement négocier une facture : SpaceX commence à internaliser une fonction normalement confiée aux grands énergéticiens.
    La première raison tient à Starship. La fusée utilise du méthane liquide extrêmement froid, mélangé à de l’oxygène liquide. Or le méthane est le principal constituant du gaz naturel. Un seul lancement nécessite environ 2,4 millions de litres de méthane. Aujourd’hui, l’approvisionnement repose largement sur des camions-citernes. Mais si SpaceX veut multiplier les vols, cette logistique devient difficilement compatible avec les cadences envisagées.

    L’entreprise prépare donc « Starpipe », un gazoduc d’environ treize kilomètres vers Starbase, ainsi qu’une installation capable de transformer le gaz en méthane liquide. Elle a également signé plus d’une centaine de contrats donnant accès à des droits pétroliers et gaziers au Texas. Et sa présidente Gwynne Shotwell a publiquement confirmé que SpaceX étudiait même la possibilité de forer son propre gaz.

    Mais le véritable changement d’échelle vient de l’IA. SpaceX et Tesla construisent au Texas Terafab, une gigantesque usine de semi-conducteurs dont la première phase représente près de 17 milliards de dollars d’investissement. Pour l’alimenter, SpaceX prévoit ses propres centrales électriques au gaz, complétées par de grandes batteries. SpaceX fabrique déjà ses moteurs, ses fusées, ses satellites et bientôt une partie de ses puces. Désormais, elle cherche également à maîtriser l’électricité et le carburant qui alimentent cette machine industrielle.

    SpaceX ne devient donc pas encore officiellement un producteur de gaz. Mais sa logique est claire : lorsqu’une ressource devient stratégique, Elon Musk préfère construire la chaîne d’approvisionnement plutôt que d’en dépendre. Avec l’explosion des besoins énergétiques de l’IA, les frontières entre entreprise technologique, industriel spatial et énergéticien commencent à disparaître.
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