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    Les « polluants éternels » pourraient finalement être détruits ?

    13/08/2026 | 2 min
    PFAS, microplastiques, pesticides : face aux pollutions diffuses, les gestes individuels montrent rapidement leurs limites. Filtrer son eau ou changer certains ustensiles peut réduire l’exposition personnelle, mais les « polluants éternels », eux, exigent surtout des réponses collectives. En Allemagne, des chercheurs du Helmholtz-Zentrum Dresden-Rossendorf travaillent justement sur deux procédés capables de détruire les PFAS directement dans les eaux contaminées.

    Le défi est considérable. Ces substances sont extrêmement persistantes parce qu’elles contiennent des liaisons entre carbone et fluor particulièrement difficiles à casser. Première piste : la cavitation hydrodynamique, étudiée par l’équipe depuis 2022. Le principe consiste à faire circuler l’eau polluée dans un passage très étroit. La chute de pression provoque alors la formation de petites bulles de vapeur. Les PFAS à longue chaîne, qui possèdent des propriétés de tensioactifs, viennent s’y fixer. Lorsque la pression remonte, ces bulles implosent brutalement. Les molécules sont alors exposées localement à des températures pouvant atteindre plusieurs milliers de degrés. Le phénomène produit également des radicaux hydroxyles, des espèces chimiques extrêmement réactives susceptibles d’accélérer la destruction des PFAS et de leurs produits intermédiaires. Des essais menés avec du PFOS, l’un des PFAS les plus connus, ont permis de dégrader environ 37 % des molécules présentes, avec un taux stable. L’objectif est désormais de dépasser 80 %.

    La seconde méthode utilise du plasma froid associé à une injection de gaz. Les PFAS s’accrochent aux bulles, remontent vers la surface de l’eau et y rencontrent le plasma, qui les décompose. Cette technique a permis d’éliminer presque totalement les PFAS, qu’ils soient à chaîne longue ou courte. Elle est plus rapide que la cavitation, mais consomme davantage d’énergie et produit de nombreux composés intermédiaires. Les chercheurs vérifient encore leur innocuité.
    La prochaine étape consiste donc à combiner les deux approches : profiter de l’efficacité chimique du plasma tout en utilisant les effets de la cavitation. Reste un obstacle majeur : changer d’échelle. Les expériences ont jusqu’ici porté sur seulement 50 millilitres d’eau. Le véritable enjeu sera désormais de transformer cette réussite de laboratoire en procédé capable de traiter les volumes d’une station d’épuration.
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    Record de production d’énergie solaire en France ?

    12/08/2026 | 2 min
    Le solaire français continue de battre des records. Le parc photovoltaïque national atteint désormais 33 gigawatts de puissance installée et prend une place croissante dans le mix électrique, notamment lors des journées très ensoleillées.

    Le 1er août, la France a ainsi produit 172 gigawattheures d’électricité solaire, selon AleaSoft Energy Forecasting. Un nouveau record journalier pour un mois d’août, également observé dans plusieurs pays européens. Pourtant, cette abondance d’électricité photovoltaïque n’a pas empêché les prix de gros de s’envoler. Entre la fin juillet et le début août, les prix moyens hebdomadaires ont dépassé 100 euros par mégawattheure sur plusieurs marchés européens, dont la France. À titre de comparaison, la moyenne observée depuis le début de l’année sur EPEX Spot tourne autour de 66 euros. Comment expliquer ce paradoxe ? D’abord par une production éolienne plus faible. Mais surtout par une hausse de la demande électrique liée aux fortes chaleurs et à l’utilisation massive des climatiseurs.

    La France sort en effet d’un mois de juillet caniculaire, devenu le plus chaud jamais enregistré dans le pays, avec une température moyenne nationale de 24,9 degrés. Et une nouvelle vague de chaleur est attendue à partir du 11 août. Clément Metayer, spécialiste du marché de l’énergie, a étudié la période comprise entre le 1er juin et le 14 juillet 2026. Son constat : plus la température moyenne augmentait, plus la consommation d’électricité progressait, et plus les prix spot montaient également. Cela ne signifie pas que la chaleur explique à elle seule les variations de prix, mais la corrélation est jugée significative.

    Pour la majorité des particuliers, cette volatilité reste invisible grâce aux tarifs fixes. Depuis le 1er août, le kilowattheure en option Base est facturé 0,2001 euro TTC. Les consommateurs ayant choisi une offre à tarification dynamique sont davantage exposés. Leur facture évolue en fonction des cours du marché. Et les périodes à prix négatifs, souvent mises en avant pour promouvoir ces offres, ont été plus rares en juin et juillet. Une conséquence du meilleur pilotage des renouvelables, mais aussi d’une demande plus forte. Le solaire produit donc toujours davantage. Mais quand la chaleur fait exploser la consommation, même des records photovoltaïques ne suffisent pas forcément à faire baisser les prix.
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    Urba-Clim affiche les ilots de chaleur en temps réel ?

    11/08/2026 | 2 min
    À Rennes, la lutte contre la chaleur passe désormais aussi par la cartographie. La métropole teste Urba-Clim, un outil capable de suivre presque en temps réel l’évolution des îlots de chaleur urbains, ces zones où la température reste nettement plus élevée qu’en périphérie. En juin 2026, Rennes a battu son record absolu avec 41,4 degrés en centre-ville. La ville a connu 28 journées au-dessus de 30 degrés et 14 nuits tropicales, durant lesquelles la température n’est pas descendue sous les 20 degrés. Dans la nuit du 24 au 25 mai, le centre affichait même 22,4 degrés contre 16,4 dans une zone rurale voisine, soit plus de six degrés d’écart. Ce phénomène s’explique notamment par le béton, le bitume et les façades, qui accumulent la chaleur pendant la journée avant de la restituer la nuit. La végétation, elle, rafraîchit l’air grâce à l’évaporation de l’eau contenue dans les plantes. Quand elle manque, la ville refroidit beaucoup moins efficacement.

    Urba-Clim a été développé par le laboratoire LETG du CNRS et de l’université Rennes 2, avec l’entreprise Alkante, Rennes Métropole et l’université de l’État de São Paulo. L’outil combine mesures au sol et observations satellitaires. À Rennes, quarante stations météorologiques et 185 capteurs installés sur des mâts d’éclairage mesurent température et humidité toutes les quinze minutes. Ils communiquent grâce au LoRaWAN, une technologie radio peu énergivore adaptée aux transmissions sur de longues distances. Ces données sont croisées avec les images des satellites Landsat 8 et 9 et Sentinel-2. L’espace permet d’observer la température des surfaces, tandis que les capteurs mesurent celle de l’air réellement respiré par les habitants. Ensemble, ils offrent une cartographie beaucoup plus fine, presque rue par rue.

    Rennes utilise déjà ces informations pour guider son plan de végétalisation. La ville prévoit notamment 500 nouveaux arbres dans le centre d’ici 2030, dans le cadre d’un objectif de 30 000 arbres sur l’ensemble du territoire. Testé également au Brésil, Urba-Clim pourrait être adopté par d’autres villes. De futures versions doivent intégrer des prévisions météo et des indicateurs sanitaires, tandis que le satellite franco-indien Trishna devrait encore améliorer la fréquence des observations.
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    Le cuivre, LA clé pour économiser l’énergie des data centers ?

    10/08/2026 | 2 min
    Refroidir les serveurs représente aujourd’hui près de 30 % de l’électricité consommée par les centres de données. Des chercheurs américains et japonais pensent pouvoir réduire drastiquement cette facture grâce à un élément relativement simple : une plaque de refroidissement en cuivre pur. Leurs travaux, publiés dans Cell Reports Physical Science, remplacent les plaques en aluminium installées sur les puces par du cuivre, dont la conductivité thermique peut atteindre 400 watts par mètre-kelvin. Autrement dit, ce métal évacue particulièrement bien la chaleur. Selon les calculs de l’équipe, la part d’électricité consacrée au refroidissement pourrait ainsi tomber à seulement 1,1 % dans les data centers équipés de cette technologie.

    Behnood Bazmi, doctorant à l’université de l’Illinois à Urbana-Champaign, et ses collègues ont fabriqué leur prototype par dépôt électrochimique. Le cuivre est déposé progressivement à partir d’un bain contenant des ions métalliques, sans passer par une fusion classique. Un algorithme d’optimisation topologique a également déterminé la forme idéale des ailettes permettant au liquide de refroidissement d’emporter la chaleur.

    Les résultats sont prometteurs. À débit de liquide identique, la résistance thermique de cette nouvelle plaque est inférieure de 32 % à celle d’un modèle classique à ailettes carrées. Lors d’un second test, avec une température de puce identique, la pompe chargée de faire circuler le liquide a consommé 68 % d’électricité en moins. Quelques réserves subsistent. Le prototype ne mesure que 20 millimètres sur 20, bien moins qu’une véritable puce de centre de données. Et six auteurs de l’étude travaillent chez Fabric8Labs, l’entreprise qui commercialise précisément le procédé utilisé pour fabriquer ces plaques.

    Reste aussi le prix du cuivre. La tonne est passée d’environ 9 769 dollars en juillet 2025 à plus de 14 000 dollars aujourd’hui, après un record à 14 806 dollars en mai. Difficultés minières, forte demande et politique douanière américaine entretiennent cette hausse. Le cuivre raffiné échappe encore aux droits américains de 50 %, mais une taxe de 15 % inquiète déjà les industriels. Or ce métal est aussi indispensable aux câbles, satellites, panneaux solaires et produits électroniques. Cette innovation pourrait donc réduire fortement la consommation énergétique des data centers, à condition que son matériau principal ne devienne pas, lui-même, une ressource trop coûteuse.
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    Une BMW solaire produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme ?

    09/08/2026 | 2 min
    La voiture solaire fait rêver depuis longtemps, mais les tentatives commerciales se sont souvent soldées par des échecs. Lightyear, aux Pays-Bas, promettait une berline capable de parcourir 700 kilomètres grâce notamment à cinq mètres carrés de panneaux solaires. L’entreprise a fait faillite avant sa diffusion à grande échelle. Sono Motors a abandonné sa Sion, tandis qu’Aptera a déjà connu une liquidation avant de renaître.

    BMW a choisi une autre voie. En 2024, le constructeur a confié à des étudiants de troisième cycle le développement d’un prototype, sans objectif commercial immédiat. Deux ans plus tard, leur Deep Orange 17, surnommée Luminetta, roule réellement. Sa particularité : presque toute sa carrosserie produit de l’électricité. Plus de 1 700 cellules photovoltaïques, développées avec l’institut allemand Fraunhofer ISE, recouvrent le toit, le capot et les flancs. Sa silhouette, inspirée du poisson-coffre, vise surtout à maximiser la surface exposée au soleil. Les panneaux fonctionnent à l’arrêt comme en circulation et continuent à produire, plus modestement, à l’ombre.

    La Luminetta ne pèse qu’environ 550 kilos grâce à l’emploi d’acier, d’aluminium, de fibre de carbone et de pièces métalliques imprimées en 3D. Cette légèreté lui permet de récupérer jusqu’à 50 kilomètres d’autonomie solaire par jour. Le prototype a été pensé autour d’un trajet quotidien d’environ vingt kilomètres. Freinage régénératif et gestion optimisée du couple complètent l’ensemble. L’expérience rejoint les conclusions du programme européen SolarMoves. Après avoir étudié 23 catégories de véhicules et plus de 1,3 million de kilomètres, ses chercheurs estiment qu’une voiture équipée de photovoltaïque intégré pourrait couvrir jusqu’à 55 % de ses besoins énergétiques annuels en Europe centrale, et jusqu’à 80 % dans le Sud.

    Si tous les véhicules neufs vendus entre 2024 et 2030 adoptaient cette technologie, la demande électrique européenne pourrait diminuer de 15,6 térawattheures en 2030. Mais une constante demeure : le solaire embarqué fonctionne surtout avec des véhicules légers et sobres. Il ne remplacera donc pas la recharge sur borne. Il peut simplement réduire les kilomètres à reprendre sur le réseau, à condition d’accepter que l’efficacité dicte davantage la forme de la voiture.
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