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- IBM vient de refroidir deux énormes modules à moins de 15 millikelvins, presque au zéro absolu. Mais la véritable avancée n’est pas d’avoir battu un record de froid : c’est d’avoir réussi à faire fonctionner ensemble deux réfrigérateurs quantiques conçus pour accueillir plusieurs processeurs interconnectés.
Bonjour à toutes et à tous. Première précision importante : IBM n’a pas présenté un nouvel ordinateur quantique complet tournant à cette température. L’entreprise a testé son infrastructure cryogénique modulaire dans l’État de New York. Les deux cellules ont été reliées puis refroidies ensemble. Elles sont descendues à 4 kelvins en moins de cinq jours, puis sous les 15 millikelvins, soit environ 0,015 degré au-dessus du zéro absolu. L’expression « 180 fois plus froid que l’espace » utilisée par IBM est spectaculaire : elle vient de la comparaison avec le fond cosmologique, autour de 2,7 kelvins. Mais ces températures extrêmes sont déjà normales pour les qubits supraconducteurs.
La vraie difficulté est ailleurs. Pour construire un ordinateur quantique puissant, ajouter des qubits ne suffit pas. Il faut aussi faire passer énormément de câbles pour les contrôler, récupérer leurs résultats et connecter plusieurs puces, sans apporter suffisamment de chaleur ou de perturbations pour détruire leurs fragiles états quantiques. IBM abandonne donc progressivement ses grands cryostats cylindriques au profit de cellules rectangulaires installées côte à côte. Chacune offre environ 0,53 mètre carré de surface disponible pour le câblage et 2,75 mètres cubes de volume sous vide. Cette architecture doit permettre d’ajouter des modules sans reconstruire tout le système à chaque génération.
Des processeurs Nighthawk doivent être installés dans cette infrastructure pour poursuivre les essais. L’objectif final reste Starling, qu’IBM promet pour 2029 comme son premier ordinateur quantique tolérant aux erreurs, capable de corriger en permanence les erreurs qui rendent encore les machines actuelles si difficiles à exploiter. Et c’est peut-être la leçon la plus intéressante : la course au quantique ne se joue plus seulement dans la physique des qubits. Elle se déplace vers une ingénierie presque industrielle faite de réfrigération, de câbles, de connecteurs et de modularité. L’ordinateur quantique utile ne naîtra donc probablement pas d’une puce miracle. Il ressemblera davantage à un immense système qu’il faudra réussir à assembler, refroidir et faire fonctionner comme une seule machine.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - SpaceX se prépare à acheter du gaz naturel comme une compagnie énergétique. L’entreprise recrute désormais un trader spécialisé, capable d’acheter le combustible, d’organiser sa livraison et même de se protéger contre les variations de prix. Derrière cette offre d’emploi se dessine une stratégie beaucoup plus vaste : SpaceX veut contrôler elle-même l’énergie nécessaire à ses fusées, ses usines et demain à son infrastructure d’intelligence artificielle.
Bonjour à toutes et à tous. Le poste peut être basé à Starbase, au Texas, ou à Cap Canaveral, en Floride. Sa mission porte sur le commerce physique et financier du gaz naturel. Ce n’est donc pas simplement négocier une facture : SpaceX commence à internaliser une fonction normalement confiée aux grands énergéticiens.
La première raison tient à Starship. La fusée utilise du méthane liquide extrêmement froid, mélangé à de l’oxygène liquide. Or le méthane est le principal constituant du gaz naturel. Un seul lancement nécessite environ 2,4 millions de litres de méthane. Aujourd’hui, l’approvisionnement repose largement sur des camions-citernes. Mais si SpaceX veut multiplier les vols, cette logistique devient difficilement compatible avec les cadences envisagées.
L’entreprise prépare donc « Starpipe », un gazoduc d’environ treize kilomètres vers Starbase, ainsi qu’une installation capable de transformer le gaz en méthane liquide. Elle a également signé plus d’une centaine de contrats donnant accès à des droits pétroliers et gaziers au Texas. Et sa présidente Gwynne Shotwell a publiquement confirmé que SpaceX étudiait même la possibilité de forer son propre gaz.
Mais le véritable changement d’échelle vient de l’IA. SpaceX et Tesla construisent au Texas Terafab, une gigantesque usine de semi-conducteurs dont la première phase représente près de 17 milliards de dollars d’investissement. Pour l’alimenter, SpaceX prévoit ses propres centrales électriques au gaz, complétées par de grandes batteries. SpaceX fabrique déjà ses moteurs, ses fusées, ses satellites et bientôt une partie de ses puces. Désormais, elle cherche également à maîtriser l’électricité et le carburant qui alimentent cette machine industrielle.
SpaceX ne devient donc pas encore officiellement un producteur de gaz. Mais sa logique est claire : lorsqu’une ressource devient stratégique, Elon Musk préfère construire la chaîne d’approvisionnement plutôt que d’en dépendre. Avec l’explosion des besoins énergétiques de l’IA, les frontières entre entreprise technologique, industriel spatial et énergéticien commencent à disparaître.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Les voitures chinoises ne vont plus seulement arriver en Europe par bateau. Elles vont de plus en plus sortir directement de nos usines, avec des salariés européens et parfois sur les chaînes de constructeurs historiques.
Bonjour à toutes et à tous. Selon Mobility Global, les marques chinoises devraient produire environ 90 000 voitures en Europe cette année. La prévision grimpe à un million par an en 2030, puis 1,5 million en 2035. Et précision importante : il s’agit de voitures de marques chinoises, pas uniquement de modèles 100 % électriques.
Cette implantation répond à une logique très simple. Depuis 2024, l’Union européenne impose aux voitures électriques fabriquées en Chine des droits compensateurs supplémentaires pouvant dépasser 35 %, selon les constructeurs. Produire à l’intérieur de l’Europe permet d’échapper à ces droits sur les véhicules importés, mais aussi de se rapprocher d’un marché où les marques chinoises progressent rapidement. BYD doit ainsi démarrer sa première usine automobile européenne en Hongrie cette année. Chery produit en Espagne, Leapmotor s’appuie sur Stellantis, et d’autres partenariats utilisent des usines européennes qui disposent de capacités libres.
La France pourrait elle aussi être concernée. Stellantis et le chinois Dongfeng ont signé en mai un protocole d’accord pour envisager la production de véhicules Dongfeng à Rennes. Mais contrairement à ce que certains articles laissent entendre, rien n’est encore définitivement acté : Stellantis parle bien d’un projet potentiel dans le cadre d’un accord non contraignant.
Et c’est là que se joue désormais la vraie bataille industrielle. Une voiture assemblée en Europe peut toujours recevoir sa batterie, son moteur électrique, son électronique et une grande partie de ses pièces depuis la Chine. Bruxelles prépare donc son Industrial Accelerator Act. Pour bénéficier de certains soutiens publics ou du label européen, la Commission veut imposer davantage de contenu fabriqué sur le continent et, pour les grands investissements étrangers stratégiques, davantage d’emplois et de transfert de compétences en Europe.
Le protectionnisme européen produit ainsi un résultat paradoxal : au lieu de repousser les constructeurs chinois, il accélère leur transformation en industriels européens. La prochaine question ne sera donc plus de savoir où la voiture est assemblée, mais où restent les emplois, la technologie et surtout la valeur ajoutée.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - L’Espagne veut éviter que la ruée vers l’intelligence artificielle ne se transforme en ruée vers son électricité et son eau. Madrid prépare donc des règles parmi les plus exigeantes d’Europe pour les nouveaux centres de données.
Bonjour à toutes et à tous. Le gouvernement espagnol vient de mettre en consultation un projet de décret qui vise notamment les installations de plus d’un mégawatt. Et la mesure la plus spectaculaire concerne leur électricité : au moins 80 % de leur consommation devra être couverte par des énergies renouvelables, non pas sur l’année, mais heure par heure.
La différence est importante. Aujourd’hui, une entreprise peut acheter suffisamment d’électricité verte sur douze mois pour afficher un bilan annuel renouvelable, même si son data center utilise parfois une production fossile lorsque le soleil ou le vent manquent. L’Espagne veut désormais faire coïncider beaucoup plus précisément consommation et production. Et surtout, cette énergie devra être nouvelle. Chaque mégawatt supplémentaire consommé devra être associé à une nouvelle capacité renouvelable, installée dans les dix-huit mois précédant la mise en service du centre, directement ou via un contrat de fourniture à long terme. Madrid s’attaque également à l’eau. Les nouvelles installations devront atteindre les meilleurs niveaux européens d’efficacité énergétique et hydrique. Un enjeu particulièrement sensible dans un pays régulièrement confronté aux sécheresses.
Pourquoi cette sévérité maintenant ? Parce que l’IA provoque une véritable course au raccordement. Depuis 2021, plus de 12 gigawatts de droits d’accès au réseau espagnol ont déjà été accordés à des projets de data centers. Or la stratégie nationale estime plutôt leurs besoins réels entre 3,5 et 4 gigawatts en 2030. Les sanctions peuvent aller jusqu’à la perte du droit de connexion au réseau. Le texte ajoute même une dimension de souveraineté : l’opérateur devra être établi dans l’Union européenne et conserver certaines données d’exploitation sur le territoire européen.
Le secteur redoute évidemment que ces contraintes poussent certains investissements vers d’autres pays. Et la France ferait bien d’observer l’expérience espagnole. RTE comptait en mai près de 18 gigawatts de demandes de raccordement réservées pour environ 80 projets de data centers, contre seulement 5 gigawatts fin 2024.
L’enjeu européen devient donc clair : accueillir l’infrastructure de l’intelligence artificielle, oui, mais sans laisser quelques gigantesques salles de serveurs décider seules de l’usage futur de l’électricité, de l’eau et des réseaux.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Chaque année, les parcs zoologiques et aquariums français accueillent près de 26 millions de visiteurs. Au-delà de leur fonction de découverte, certains développent des activités de recherche, de conservation et de médiation scientifique. C’est ce qu’a mis en avant le colloque « Aquarium du futur », organisé par Nausicaá.
L’un des sujets abordés concernait le bien-être animal. Dans les aquariums, son évaluation ne repose pas seulement sur l’état de santé : elle prend en compte les comportements, l’alimentation, les interactions et les conditions de vie propres à chaque espèce. Des vétérinaires spécialisés interviennent dans certaines structures. À Nausicaá, par exemple, les lions de mer sont entraînés depuis plus de vingt-cinq ans à coopérer volontairement lors de certains examens médicaux, ce qui peut éviter une anesthésie générale. Des grilles d’évaluation spécifiques ont été développées pour mieux objectiver le suivi des espèces aquatiques, en complément de l’observation quotidienne des équipes.
Autre volet : la recherche scientifique. Des aquariums collaborent avec des universités, des laboratoires ou l’Ifremer. À Boulogne-sur-Mer, des expériences portent sur le développement d’œufs et de larves de harengs exposés à des températures plus élevées et à une eau plus acide, deux évolutions associées au changement climatique. Selon les chiffres présentés lors du colloque, les aquariums et parcs zoologiques français participeraient à plus de 335 programmes de recherche et de conservation dans plus de 70 pays, pour près de cinq millions d’euros investis chaque année. Plus d’un tiers des animaux hébergés appartiendraient à des espèces inscrites sur la Liste rouge de l’UICN.
La reproduction en captivité constitue également un axe de travail. En 2023, 468 espèces de poissons associés aux récifs coralliens auraient été reproduites avec succès en aquarium. Certains programmes visent aussi à constituer des populations dites « d’assurance », destinées à préserver une diversité génétique utile à la conservation. En Wallonie, l’Aquarium-Muséum de Liège a ainsi participé à la réintroduction de la rainette verte dans plusieurs sites. Enfin, ces établissements développent des actions de médiation autour de l’océan, qui couvre plus de 70 % de la surface du globe et joue un rôle majeur dans la régulation du climat.
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