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- Les panneaux solaires se vendent désormais autour de 12 centimes de dollar par watt de capacité, selon Dave Jones, cofondateur du centre de recherche Ember. Vingt-six ans en arrière, ce prix se situait plutôt entre 5 et 6 dollars. Une chute drastique, en partie expliquée par l’augmentation massive de la production chinoise. Attention cependant : 12 centimes par watt ne représentent pas le coût d’une centrale solaire complète. Terrain, main-d’œuvre, onduleurs, raccordement au réseau et financement viennent s’y ajouter.
Malgré cela, l’électricité solaire est devenue extrêmement compétitive. L’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA) estime qu’en 2025, les nouvelles grandes centrales photovoltaïques produisaient leur électricité pour environ 44 dollars par mégawattheure en moyenne dans le monde. Plus de 90 % des nouveaux projets renouvelables à grande échelle fournissaient même une électricité moins chère que la nouvelle centrale fossile la moins coûteuse disponible sur leur marché.
Cette compétitivité se traduit désormais dans les installations. En 2025, le monde a ajouté un record de 693 GW de capacités renouvelables, portant le total à environ 5,15 TW. Mais il faudrait aller presque deux fois plus vite.
À la COP28, les pays s’étaient engagés à porter les capacités renouvelables mondiales à environ 11,2 TW en 2030. Pour y parvenir, il faudrait désormais installer en moyenne 1,2 TW supplémentaires chaque année entre 2026 et 2030. Autrement dit, construire en cinq ans davantage de capacités renouvelables que tout ce que le monde avait accumulé jusqu’à fin 2025.
Problème, la demande explose. Les data centers destinés à l’IA s’ajoutent aux véhicules électriques, à la climatisation et à l’électrification de l’industrie. Si la production propre et les réseaux ne progressent pas suffisamment vite, une partie de cette nouvelle consommation pourrait continuer à être couverte par le charbon ou le gaz. Le principal obstacle au solaire n’est donc plus seulement son prix. Il faut maintenant construire les réseaux, le stockage et les capacités de raccordement capables d’absorber cette énergie à grande échelle.
Source : BloombergNEF
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Un data center américain vient d’écoper d’une amende record après avoir installé assez de générateurs au gaz pour représenter près de 123 mégawatts de puissance, sans les autorisations environnementales requises.
L’affaire se déroule à Vineland, dans le New Jersey. DataOne y construit un immense site destiné à l’infrastructure d’intelligence artificielle de Nebius, qui doit notamment fournir de la puissance de calcul à Microsoft. Le 22 septembre, le régulateur environnemental de l’État lui a infligé une pénalité de 1,07 million de dollars.
Lors d’une inspection le 29 juillet, les autorités ont découvert 62 générateurs au gaz naturel, chacun capable de fournir près de deux mégawatts. Ils n’étaient pas présents lors de l’inspection précédente, en décembre 2025, et aucun ne disposait du permis exigé pour ce type d’équipement.
L’affaire est ensuite devenue publique grâce à une enquête de Floodlight et du Guardian. Des images thermiques prises par drone le 18 août montraient au moins 45 des 62 machines fonctionnant simultanément. Les photographies n’ont donc pas, à elles seules, déclenché la découverte officielle : l’État avait déjà inspecté le site trois semaines auparavant. Ces générateurs servent de solution temporaire en attendant l’alimentation permanente du centre. DataOne prévoit de passer à des piles à combustible de Bloom Energy et conteste l’interprétation du régulateur concernant ses générateurs provisoires. L’entreprise doit maintenant déposer les demandes nécessaires dans un délai de 45 jours ou cesser de les exploiter.
Le remplacement ne rendra d’ailleurs pas forcément le site sans carbone. Les piles à combustible de Bloom peuvent fonctionner au gaz naturel : elles produisent alors de l’électricité sans combustion et avec beaucoup moins de polluants atmosphériques locaux, mais elles émettent toujours du CO₂.
Source : Ars Technica
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Pour économiser de l’eau, certains data centers pourraient utiliser davantage de substances appartenant à la famille des PFAS. Une solution au refroidissement des serveurs qui risque donc de déplacer une partie du problème environnemental. Les PFAS regroupent des milliers de composés fluorés extrêmement résistants à la chaleur et à la dégradation. Ces propriétés les rendent utiles dans les semi-conducteurs, mais aussi dans certains systèmes de refroidissement avancés destinés aux serveurs d’intelligence artificielle.
L’une de ces techniques s’appelle l’immersion biphasique. Les composants sont plongés dans un liquide diélectrique, qui ne conduit pas l’électricité. Au contact des puces chaudes, il s’évapore puis se condense pour recommencer le cycle. Ce procédé peut réduire fortement la consommation d’eau.
Mais certains fluides proposés pour cette technologie appartiennent justement à la famille des PFAS. Et selon une enquête publiée par l’ONG suédoise ChemSec, la demande provenant des data centers, des semi-conducteurs et des batteries pousse plusieurs grands chimistes à augmenter leurs capacités de production. Chemours développe notamment un fluide baptisé Opteon 2P50 pour le refroidissement informatique, tandis que Daikin ou le français Arkema investissent également dans leurs activités fluorées.
Il faut cependant éviter un raccourci : la majorité des data centers n’utilisent pas aujourd’hui de refroidissement aux PFAS, et des solutions commerciales sans ces substances existent déjà. Surtout, ChemSec reconnaît ne pas disposer des volumes mondiaux de production. Son rapport documente donc une tendance industrielle, pas la quantité de PFAS que l’IA rejettera réellement dans l’environnement. Le sujet devient néanmoins réglementaire. Aux États-Unis, des associations contestent déjà certains nouveaux fluides fluorés destinés aux data centers. En Europe, une proposition beaucoup plus large de restriction des PFAS est toujours en cours d’examen, avec des dérogations possibles selon les usages.
Après l’électricité, l’eau et les émissions de carbone, l’expansion de l’IA révèle ainsi une autre empreinte, beaucoup moins visible : celle des matériaux et des produits chimiques indispensables à son infrastructure. Réduire une ressource ne constitue un progrès que si l’alternative ne crée pas, ailleurs, une pollution encore plus difficile à éliminer.
Source : Stack Chronicle
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - L’Europe vient de franchir une étape très concrète dans le captage du carbone : elle dispose désormais d’une chaîne commerciale capable d’emmener du CO₂ depuis une usine jusqu’à son stockage permanent sous la mer.
Le projet s’appelle Greensand. Inauguré le 18 septembre au Danemark, il est présenté comme le premier site de stockage de CO₂ à grande échelle pleinement opérationnel dans l’Union européenne. Il est piloté par INEOS Energy avec Harbour Energy et le fonds public danois Nordsøfonden.
Greensand ne capture pas lui-même le CO₂. Dans cette première phase commerciale, le carbone provient principalement d’usines danoises de biométhane. Il est liquéfié, transporté par camion jusqu’au port d’Esbjerg, puis chargé sur un navire spécialement conçu, le Carbon Destroyer 1. Celui-ci l’achemine vers l’ancien champ pétrolier de Nini West, à environ 250 kilomètres des côtes. Le CO₂ est ensuite injecté dans un réservoir de grès situé environ 1 800 mètres sous le fond marin. Les couches géologiques qui retenaient autrefois pétrole et gaz servent désormais à emprisonner durablement le carbone. Le projet avait déjà démontré ce principe lors d’un pilote en 2023 ; cette fois, il passe à l’exploitation commerciale.
La capacité initiale atteint jusqu’à 400 000 tonnes par an. L’Union européenne évoque environ 2,4 millions de tonnes stockées sur huit ans pour cette phase. INEOS vise ensuite entre 4 et 8 millions de tonnes annuelles, mais cette montée en puissance dépend encore des clients, des infrastructures, des autorisations et surtout de la quantité de CO₂ effectivement capturée ailleurs. C’est toute la limite du CCS : disposer d’un réservoir ne suffit pas. Il faut équiper les cimenteries, aciéries ou usines chimiques pour séparer leur CO₂, puis créer les terminaux, navires et réseaux capables de l’acheminer.
Greensand ne règle donc pas à lui seul le problème des émissions européennes. Mais il transforme une technologie longtemps cantonnée aux démonstrateurs en véritable chaîne industrielle. Pour le stockage du carbone en Europe, le défi change désormais de nature : il ne s’agit plus seulement de prouver que l’on peut enfouir du CO₂, mais de savoir si l’on peut le faire à une échelle réellement significative.
Source : Reuters
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Derrière les data centers de l’intelligence artificielle se prépare une autre facture environnementale : des centaines de millions de tonnes d’équipements pourraient être jetées d’ici 2050. L’estimation vient du Basel Action Network, une ONG spécialisée dans les déchets dangereux. Selon son nouveau rapport, l’expansion de l’IA pourrait entraîner le retrait de 395 à 617 millions de tonnes d’équipements électroniques entre 2025 et 2050. Pour rendre ce chiffre concret, les auteurs imaginent ces déchets chargés dans des conteneurs maritimes. Il en faudrait entre 15 et 23 millions. En alignant environ 20 millions de conteneurs de quarante pieds, on obtiendrait près de 244 000 kilomètres : environ six fois le tour de la Terre.
Cette projection est beaucoup plus élevée que les estimations précédentes, parce que le BAN ne compte pas seulement les serveurs et leurs processeurs graphiques. Dans un data center de référence de 100 mégawatts, ceux-ci ne représenteraient que 13 % de la masse des équipements considérés. Le reste vient notamment du refroidissement, de la distribution électrique, des systèmes de secours et du réseau. Le rapport ajoute aussi une catégorie plus controversée : la « contagion des déchets IA ». Elle désigne des ordinateurs, équipements télécoms ou appareils rendus obsolètes plus rapidement parce que l’écosystème s’adapte aux nouvelles charges de travail de l’intelligence artificielle.
C’est pourquoi ces chiffres doivent rester présentés comme un scénario, pas comme une quantité de déchets déjà acquise. Une étude publiée en 2024 dans Nature Computational Science, avec un périmètre beaucoup plus étroit centré sur les grands modèles et leurs serveurs, estimait entre 1,2 et 5 millions de tonnes cumulées d’ici 2030. Une analyse publiée en 2026 a encore revu à la baisse certaines estimations concernant les seuls serveurs IA. Le désaccord ne signifie donc pas nécessairement que l’un des calculs est faux : ils ne comptent pas la même chose. Mais le rapport met en lumière un angle souvent absent du débat sur l’IA. Une infrastructure numérique reste une infrastructure physique. Et lorsque les puces deviennent obsolètes en quelques années, la course à la puissance informatique produit aussi une course au remplacement du matériel.
Source : Basel Action Network
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