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- Aux États-Unis, l’accélération du trafic spatial commence à bousculer les règles environnementales. Aujourd’hui, avant d’autoriser un site de lancement, un décollage ou une rentrée atmosphérique, la FAA, le régulateur américain de l’aviation, doit réaliser une étude d’impact. Celle-ci examine notamment le bruit, les conséquences sur la faune et les solutions alternatives. Une procédure qui peut durer plus d’un an. Or, l’agence doit faire face à une hausse spectaculaire de l’activité. Quelque 214 lancements et rentrées sont prévus cette année. Ce nombre pourrait dépasser 500 par an d’ici une décennie. Pour réduire les délais, l’administration Trump souhaite donc permettre à la FAA de lever certaines obligations environnementales.
Présenté le mardi 28 juillet par le département des Transports, le projet autoriserait l’agence à valider certains sites, tirs ou retours sur Terre sans passer par les examens habituels. La mesure doit encore être soumise à consultation publique. Pour le secrétaire aux Transports, Sean Duffy, l’objectif est de stimuler le spatial commercial et de renforcer la compétitivité des États-Unis. Cette orientation prolonge un décret signé l’année précédente par Donald Trump afin d’alléger les contraintes du secteur. Elle rejoint aussi la réforme de la FCC facilitant l’attribution des licences satellitaires, notamment pour les mégaconstellations et les futurs centres de données en orbite. SpaceX, Blue Origin, Rocket Lab ou Stoke Space pourraient être parmi les premiers bénéficiaires. Mais Starbase, le complexe de SpaceX au Texas, illustre les risques d’un tel assouplissement. Le site se trouve dans une zone humide fragile du golfe du Mexique, fréquentée par des oiseaux migrateurs et des tortues marines. Le bruit des moteurs peut atteindre 150 décibels. SpaceX a déjà été sanctionnée pour la pollution de cours d’eau voisins, tandis qu’un essai a provoqué un incendie de 1,4 hectare dans un parc national.
L’entreprise cherche pourtant à récupérer de nouvelles terres protégées. Des associations environnementales et autochtones contestent l’opération en justice, malgré le soutien du gouvernement fédéral. La dynamique dépasse SpaceX. Rocket Lab vient, par exemple, de signer un accord avec l’US Space Force pour construire un pas de tir en Alaska. En accélérant les autorisations, Washington espère gagner la course spatiale. Mais sans contrôles solides, cette vitesse pourrait se payer par des dommages durables sur les écosystèmes.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - La fusion nucléaire contrôlée promet depuis des décennies une énergie abondante et peu carbonée. Ses progrès peuvent sembler lents, mais les obstacles scientifiques et industriels sont immenses. Certains spécialistes estiment même que les performances obtenues ont progressé à un rythme comparable à la loi de Moore, qui décrit l’augmentation régulière de la puissance des microprocesseurs.
Le principal retard concerne aujourd’hui ITER, le réacteur expérimental construit dans le sud de la France. Son chantier ne peut être accéléré sans risquer d’introduire de nouvelles difficultés, et aucun projet alternatif ne semble encore capable de le concurrencer sérieusement. ITER ne produira d’ailleurs pas d’électricité : il doit seulement démontrer qu’une réaction de fusion peut être entretenue. Une décarbonation massive grâce à cette technologie paraît donc improbable avant les années 2050. D’ici là, d’autres solutions restent indispensables face au réchauffement climatique.
L’un des problèmes majeurs concerne le combustible. La réaction envisagée associe du deutérium, abondant dans les océans, et du tritium, un élément radioactif instable qui n’existe pratiquement pas à l’état naturel. Il faut actuellement le produire en petites quantités dans des réacteurs nucléaires à fission. Mais la fusion deutérium-tritium libère des neutrons très énergétiques. En frappant du lithium placé dans les parois du réacteur, ceux-ci peuvent produire du nouveau tritium. Une faible quantité initiale suffirait donc théoriquement à démarrer la réaction, avant que le réacteur ne fabrique progressivement son propre combustible.
Encore faut-il concevoir une couverture contenant du lithium capable de résister à la chaleur, aux champs magnétiques et au bombardement neutronique. Pour étudier ces matériaux, des chercheurs américains ont combiné supercalculateurs classiques, intelligence artificielle et processeurs quantiques. Ils ont ainsi simulé neuf configurations moléculaires du FLiBe, un sel fondu composé de fluor, de lithium et de béryllium. Cette méthode leur a permis d’étudier sa structure électronique, sa stabilité et sa capacité à capturer le tritium.
Cette preuve de principe ne résout pas encore l’approvisionnement en combustible d’ITER. Elle montre néanmoins que le calcul quantique pourrait accélérer la conception des futures couvertures tritigènes. Les prochaines étapes consisteront à simuler des molécules plus complexes et à transformer cette méthode en outil utilisable par les ingénieurs de la fusion.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Même dans les régions les plus sèches, l’air contient toujours une petite quantité de vapeur d’eau. Depuis plusieurs années, des chercheurs tentent de récupérer cette humidité de manière simple, économique et suffisamment efficace pour fournir de l’eau potable. Une équipe vient de franchir une nouvelle étape grâce à un gel fonctionnant uniquement avec l’énergie du soleil.
Ce matériau, appelé hydrogel, agit comme une véritable éponge chimique. Lorsque l’air est plus frais, notamment pendant la nuit ou au petit matin, il absorbe les molécules d’eau présentes dans l’atmosphère. Cette capacité repose sur l’intégration de sels dits hygroscopiques, c’est-à-dire des substances naturellement capables d’attirer et de retenir l’humidité. Lorsque le soleil réchauffe ensuite le dispositif, le phénomène s’inverse. L’eau emprisonnée dans le gel est libérée sous forme de vapeur. Celle-ci est dirigée vers une surface plus froide, où elle se condense pour redevenir liquide. L’eau peut alors être recueillie et, selon les chercheurs, atteindre une qualité suffisante pour être consommée.
L’intérêt de cette technologie tient surtout à sa simplicité. Elle ne nécessite ni pompe, ni raccordement électrique, ni réseau de distribution complexe. Le soleil fournit l’énergie indispensable au cycle d’absorption et de restitution. Le système pourrait donc fonctionner de manière autonome dans des régions isolées, là où les infrastructures classiques sont absentes ou difficiles à déployer. Jusqu’à présent, les dispositifs comparables souffraient toutefois d’un problème majeur : leur manque de durabilité. Les gels perdaient progressivement leur efficacité, tandis que les supports métalliques utilisés dans les installations se corrodaient au fil des cycles. Les chercheurs ont justement travaillé sur cette faiblesse. En protégeant les composants métalliques contre la corrosion, ils ont réussi à maintenir le fonctionnement du matériau pendant plusieurs mois. Cette amélioration constitue une étape importante vers une utilisation en conditions réelles.
Cette solution ne remplacera évidemment pas les réseaux d’eau potable, les stations de traitement ou les systèmes d’irrigation à grande échelle. Elle pourrait néanmoins constituer un complément précieux dans les villages reculés, les zones désertiques ou les territoires régulièrement confrontés à la sécheresse. Une ressource invisible, présente dans l’air, pourrait ainsi devenir une réserve d’eau locale, produite chaque jour grâce au soleil.
Article scientifique : https://www.nature.com/articles/s41467-026-71987-8
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - L’Europe se rapproche d’un premier vol d’essai avec récupération pour un lanceur réutilisable. Le 23 juillet 2026, au centre spatial d’Esrange, en Suède, ArianeGroup et SSC Space ont fait répéter à Themis l’intégralité de son scénario de mission, dans des conditions cryogéniques extrêmes. Ce démonstrateur européen doit prochainement réaliser un « Hop Test » : un vol court durant lequel l’engin décollera, prendra de l’altitude, puis reviendra se poser afin d’être récupéré. Une première en Europe. L’essai s’inscrit dans le programme SALTO, dont l’objectif est de permettre au continent de maîtriser souverainement les technologies de réutilisation spatiale.
Avant ce vol, les équipes ont organisé ce que le secteur appelle une Wet Dress Rehearsal, autrement dit une répétition générale sans décollage. Toutes les étapes d’un lancement sont reproduites : remplissage des réservoirs, vérification des systèmes et compte à rebours final. Seules manquent l’allumage du moteur et la mise en vol. L’exercice sert à vérifier que Themis fonctionne correctement avec son pas de tir. Il permet également de préparer la phase suivant son retour au sol. Après la récupération, les équipes devront procéder à la passivation de l’engin, c’est-à-dire vider ses circuits, éliminer les pressions résiduelles et neutraliser les systèmes afin de pouvoir le manipuler sans danger. Pour simuler les contraintes thermiques sans utiliser de véritables carburants, les ingénieurs ont injecté de l’azote liquide dans les lignes et les réservoirs cryogéniques. Ce fluide permet de reproduire des températures proches de moins 200 degrés ainsi que les pressions rencontrées lors du lancement. La répétition a duré une journée entière, du premier compte à rebours jusqu’aux opérations fictives de sécurisation qui suivraient un véritable atterrissage.
SALTO est financé par l’Union européenne et piloté par l’unité spatiale de la HaDEA. Coordonné par ArianeGroup, il réunit vingt-cinq partenaires dans douze pays. Le programme suit une logique de « tester et apprendre » : chaque essai doit valider une nouvelle brique technologique. Les données récoltées permettront désormais de choisir la fenêtre du Hop Test. Sa date reste inconnue, mais chaque étape rapproche l’Europe de lanceurs réutilisables capables de rivaliser avec SpaceX et les acteurs chinois.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - La Gironde vient de connaître, selon les autorités, l’incendie le plus dévastateur en France depuis 1949. Dans une région déjà marquée par les feux de 2022, qui avaient détruit près de 20 000 hectares à La Teste-de-Buch et à Landiras, la catastrophe a rapidement ravivé une rumeur persistante : les incendies serviraient à libérer des terrains pour y installer des panneaux solaires.
Cette théorie s’est notamment propagée grâce à une vidéo tournée à Hostens, dans le Sud-Gironde. Publiée le 25 juillet sur TikTok, elle cumule plus de 520 000 vues et 12 400 partages. Filmé depuis son tracteur, un homme affirme reconnaître une zone touchée par les flammes en 2022, désormais recouverte de panneaux photovoltaïques. La séquence a ensuite été relayée sur X par Silvano Trotta, connu pour diffuser de fausses informations sur le climat et les vaccins. L’AFP a vérifié ces affirmations à partir de permis de construire, d’archives de presse et d’images satellites. Deux centrales solaires existent bien à Hostens : le Haut de la Lande, sur 21 hectares, et le Chemin de Tuzan, sur 38 hectares. Mais leurs dossiers datent d’août 2010. Le quotidien Sud Ouest évoquait déjà le projet le 28 octobre de la même année, sur des parcelles endommagées par la tempête Klaus en 2009.
Les travaux ont commencé dès juillet 2014. Des images de mai 2016 montrent les panneaux entièrement installés, soit six ans avant les incendies. Les vues de Google Street View confirment également que le lieu filmé correspond bien à ce site ancien. La rumeur vise aussi Horizeo, un projet porté par Engie et Neoen à Saucats. Annoncé en 2021, il prévoit une centrale de 800 mégawatts sur 680 hectares. Mais les cartes de Copernicus et de la NASA montrent que le site se situe à environ 35 kilomètres de l’incendie de Saumos, et à 13 ou 15 kilomètres des feux de Landiras. Engie précise qu’aucun chantier n’a commencé. Pour Alexandre Roesch, du Syndicat des énergies renouvelables, cette théorie relève clairement de la désinformation. Les faits sont donc simples : les panneaux d’Hostens étaient là bien avant les incendies, et Horizeo ne se trouve pas dans les zones brûlées.
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