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    Espagne: l'État et l'Église signent un accord l'indemnisation des victimes de viols

    03/04/2026
    À deux mois de la visite du pape en Espagne, le gouvernement de Pedro Sánchez et l’Église espagnole viennent de signer un accord « pionnier » pour indemniser les victimes d’agressions sexuelles commises par des religieux. Cet accord concerne les affaires prescrites ou impliquant des auteurs décédés.
    de notre correspondant en Espagne
    Il aura fallu trois années d’âpres négociations et de nombreuses réticences et opacité de la part de l’Eglise catholique espagnole pour que voit le jour cet accord entre l’État et l’Épiscopat. Conclu en janvier, il vient tout juste d’être officialisé. Maria, accompagnante et psychologue de l’association Acogida Betania, fondée en 2019 pour soutenir les victimes des abus sexuels au sein de l’Eglise, se félicite de cet accord même s’il survient un peu tard selon elle : « Cet accord survient un peu tard pour nous. Les victimes n’ont reçu aucun soutien durant trop de temps. Durant vingt, trente ou quarante années, elles ont vécu avec ce traumatisme et ont fait face à un silence et à un obscurantisme d’une institution, qui a tout fait pour nier, remettre en doute leur parole et occulter des faits et des crimes commis à l’intérieur de l'Eglise » .
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    Le plan de réparation intégrale baptisé Priva n’a pas convaincu les plaignants
    L’accord change en effet la donne. Jusqu’alors, les prélats acceptaient au compte-gouttes de recevoir des personnes affirmant avoir été victimes d’actes pédophiles commis par des religieux. Une procédure qui s’inscrivait dans le cadre du Plan de réparation intégrale baptisé Priva mais qui n’a pas convaincu les plaignants comme le rappelle Maria : « Les victimes n’avaient pas confiance dans le plan prévue par l’Eglise car c’était la propre Église, celle qui durant des années n’a pas su protéger ces victimes, qui décidait de comment et quand et avec quelle quantité, elle allait dédommager les victimes ».
    Désormais, c’est un organisme public qui recevra les plaintes des victimes et c’est l’Église qui devra les indemniser au cas par cas. Un barème de rémunération va être établit selon la gravité de l’abus sexuel.
    « De nombreuses victimes m’ont écrit pour me faire part de leur soulagement après cet accord même s’il arrive tard, cela suppose une certaine tranquillité de pouvoir compter sur le défenseur du peuple, un organisme indépendant ».
    Selon le défenseur du peuple, qui se fonde sur un rapport publié en 2023, depuis 1940, plus de 200 mille mineurs pourraient avoir subi des agressions sexuelles de la part d religieux catholiques espagnols, chiffre qui s’élèverait à 400 mille si l’on compte les agressions commises par des laïcs dans les milieux religieux.
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    Guerre au Moyen-Orient: la communauté libanaise expatriée au Qatar s'inquiète

    02/04/2026
    La guerre au Liban, un conflit suivi avec douleur par l’immense diaspora libanaise dont la population dépasse en nombre celle des Libanais vivant dans leur propre pays. Pour les expatriés libanais du Golfe, la situation est particulière puisqu’eux-mêmes vivent dans des pays déstabilisés par cette guerre régionale. 
     
    De notre envoyé spécial à Doha,
    Au Qatar, deux amies libanaises expatriées pour des raisons professionnelles et économiques, comme tant d'autres de leurs compatriotes, échangent sur la situation au Liban. « On a cette énorme inquiétude concernant le Liban. On vit les infos, on se réveille, on regarde les infos, on est toujours devant nos écrans, témoigne la première. On travaille, c'est vrai, mais notre tête est ailleurs. »
    « Le Liban, c'est notre pays. C'est le plus beau pays, on l'aime. Mais malheureusement, on a vécu beaucoup de guerres et on continue à vivre beaucoup de guerres, complète son amie. Et maintenant, le Liban saigne. Donc nous sommes fatigués, nous sommes épuisés moralement. »
    À écouter aussiGrand Reportage - Liban: voyage au cœur d'un pays déplacé
    « On ne s'y attendait pas »
    17 ans au Qatar pour l'une, 10 ans pour l'autre, l'une travaille dans le domaine de la santé, l'autre dans l'éducation. Les deux amies libanaises ont connu d'autres guerres dans leur pays, mais cette fois, le conflit est régional, avec des drones et des missiles iraniens interceptés ici dans le ciel des pays du Golfe. « On ne s'y attendait pas et on ne sait pas ce qu'il va se passer dans une semaine, dans quelques jours, parce qu'on a dû partir pour de meilleures opportunités, pour trouver la stabilité pour nous et pour nos enfants, exprime une des deux amies. Et on se retrouve de nouveau dans une situation vraiment extrêmement compliquée. »
    Passé le trouble des premiers jours, les deux amies libanaises se sentent en sécurité au Qatar, où les alertes se font désormais plus rares. « Donc ici, pour nous, ce qu'on vit maintenant, c'est rien du tout, honnêtement, c'est rien du tout, juge l'une. » « On a honte d'en parler », réagit son amie. « Donc ce qu'on vit maintenant ici, c'est rien du tout parce qu'on le sent ici, il y a l'État, il y a les gens qui travaillent derrière, il y a les leaders qui sont là, il y a les gens qui t'envoient des messages pour te rassurer, poursuit la première. Ça, ça nous manque au Liban. »
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    « On va être tiraillées »
    Le dialogue entre les deux femmes continue : « On est au Qatar, on se dit grâce à Dieu, on est au Qatar. Parce que même avec les bombardements et les missiles, on sent toujours, toujours cette protection. Vraiment. »
    Parfois, une phrase s'interrompt dans un sanglot lorsque les deux expatriées évoquent les conversations avec leur famille restée au Liban. « On se sent coupable parce que, lorsqu'on voit nos parents dans quel état ils sont, bien sûr, en tant que Libanaise, j'ai envie d'y aller, de les aider. Je suis en train de les aider financièrement. Mais il y a aussi le côté moral. Ils ont besoin de nous. Mais comment ? On va être tiraillées…, confie-t-elle. Parce qu'ici, le Qatar, pour moi, c'est mon deuxième pays, il a besoin de nous. Maintenant, on ne peut pas partir parce qu'on a nos familles ici, on a nos enfants, donc on va rester, inchallah, tout ira bien. »
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    En Hongrie, la presse prête à défendre sa liberté à quelques jours des législatives

    01/04/2026
    En Hongrie, à quelques jours des élections législatives à un tour du 12 avril 2026, tous les scénarios sont sur la table. Y compris celui où Viktor Orban gagnerait le scrutin. Le dirigeant d’extrême droite l’a annoncé : il souhaite faire taire la poignée de médias indépendants qui existent encore dans le pays. La presse libre se prépare au pire.
    Un reportage de notre correspondante à Budapest à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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    En Turquie, la laïcité, inscrite dans la Constitution, fait débat

    31/03/2026
    En Turquie, la querelle autour de la laïcité a ressurgi dans le débat public ces dernières semaines. En plein mois de ramadan, un mois de communion spirituelle, on a pu constater les fractures, toujours plus fortes, entre un pouvoir qui se revendique ouvertement de l’islam et une partie de la société qui dénonce des injonctions et une instrumentalisation de la religion. Alors que la laïcité est un principe inscrit dans la Constitution turque, deux polémiques sont venues illustrer cette fracture.
    Un reportage de notre correspondante à Ankara à écouter en version longue dans Accents d'Europe.
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    Les drones intercepteurs Strila en Ukraine

    31/03/2026
    Avant la guerre au Moyen-Orient, les drones intercepteurs étaient surtout une affaire qui regardait l'Ukraine. Mais depuis plus d'un mois, ces drones attirent tous les regards. Alors que Kiev continue à lutter contre l'agression russe, Wiy, l'une de ces entreprises de fabrication de drones intercepteurs, a signé un partenariat avec une entreprise allemande, Quantum Systems, qui permettra la livraison prochaine à l'armée ukrainienne de quelque 15 000 drones, une alternative efficace et bien moins coûteuse que des missiles, pour contrer les attaques de drones. Dans une région de l'ouest de l'Ukraine, sous haute sécurité, notre correspondante Emmanuelle Chaze a pu rencontrer les créateurs et les opérateurs de ces drones.
    Avec notre envoyée spéciale, Emmanuelle Chaze
    Le drone intercepteur Strila fait un bruit semblable à celui d'un essaim d'abeilles. Pour la première fois, l'entreprise ukrainienne Wiy Drones, qui les coproduit avec Quantum Systems – une entreprise allemande –, accepte de les montrer lors d'un entraînement dans l'ouest de l'Ukraine.
    Dmytro Horlin, directeur de la technologie de Quantum Systems en Ukraine, est optimiste sur l'efficacité de son produit : « Dans un futur proche, il sera possible de contrôler non pas un, mais par exemple cinq drones Strila à la fois, ça veut dire qu'ils pourront éliminer encore plus de [drones kamikazes] Shahed d'un coup, car ceux-ci volent rarement seuls. »
    L'intercepteur de drone Strila est conçu par la société Wiy Drones 
    Une efficacité plus bienvenue alors que, depuis 2022, Moscou a lancé plus de 57 000 drones sur l'Ukraine, selon la défense anti-aérienne ukrainienne.
    Pour les contrer et protéger la population, Max, le cofondateur de Wiy Drones, explique un fonctionnement simple : « Il y a un écran où on voit l'image filmée par le drone, et ici la carte pour comprendre où vous volez, un peu comme une feuille de route : ça vous montre d'où vous venez et où vous allez... et aussi, les cibles qui viennent dans notre direction sont affichées sur les radars. »
    Une simplicité nécessaire, renchérit « Zanzibar », le nom de code de l'instructeur en chef qui entraîne les opérateurs des Strila : « Notre station au sol a été créée pour simplifier au maximum le contrôle du drone. On a développé un programme de haut niveau, directement avec l'armée, c'est-à-dire en prenant en compte leurs ajustements et leurs besoins pour une utilisation de combat appropriée. »
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    La sécurité de l'Ukraine reste prioritaire
    Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les drones intercepteurs ukrainiens sont convoités, en témoignent les nombreux nouveaux accords de défense signés par Volodymyr Zelensky avec des pays du Golfe.
    Mais la priorité pour les fondateurs de Wiy Drones reste pour l'instant la sécurité de l'Ukraine, comme l'explique Dmytro Horlin : « Bien sûr, nous constatons un vif intérêt de la part des pays du Moyen-Orient pour cette technologie. Mais je précise que notre priorité, notre intérêt premier, en Ukraine, est la protection de l'espace aérien ukrainien. »
    Depuis l'an dernier, la production quotidienne de drones a doublé, et Dmytro ambitionne de doubler encore, voire de tripler sa production dans les prochains mois. Vu d'Ukraine, le drone intercepteur Strila semble promettre des miracles, mais dans la guerre des drones, la course à la performance n'est jamais finie.

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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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