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Reportage international

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  • Reportage international

    Belgique: fronde des brasseurs contre le nouveau message de prévention sur l'alcool

    09/10/2026
    En Belgique, le gouvernement s'apprête à mettre en place un arrêté pour remplacer sur les publicités la mention « l'abus d'alcool nuit à la santé » par « l'alcool nuit à la santé ». Cet avertissement sanitaire rejoint les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon laquelle il n'y a pas de consommation d'alcool présentant zéro risque. Les débats ont été houleux au parlement le 7 octobre, et le projet de loi a provoqué une levée de boucliers des brasseurs qui vont jusqu'à accuser le gouvernement de s'attaquer à un patrimoine culturel national. Ils contre-attaquent via une campagne dans la presse.
    De notre correspondant à Bruxelles,
    Sur les terrasses bruxelloises, un moment de convivialité autour d'une bière : exactement comme dans la photo de la campagne des brasseurs belges. La fédération accuse le gouvernement de vouloir tuer un secteur qui représente plus de 70 000 personnes. Krishan Maudgal, président de l'association des brasseurs, aurait plutôt voulu célébrer le 10e anniversaire de l'inscription de « la culture de la bière en Belgique » au patrimoine immatériel de l'Unesco. « Ça veut dire qu'il y a donc une stigmatisation totale de tout un secteur. Et il s'agit aussi de la culpabilisation totale de tous les citoyens et citoyennes qui sont capables de consommer avec modération, en toute sagesse. De notre point de vue, il faut surtout se focaliser sur tout ce qui concerne l'abus de l'alcool et protéger les mineurs », explique-t-il.
    Direction la ville universitaire de Louvain-la-Neuve. L'alcoologue Martin de Duve y dirige l'association Universanté qui fait de la prévention, de l'accompagnement et de la sensibilisation. Et pour lui, c'est « une tempête dans un verre de bière ». « La démarche des brasseurs est de jeter un écran de fumée sur une mesurette. Changer un petit mot sur des publicités, ça ne va pas changer fondamentalement les comportements. En revanche, ils créent beaucoup de ramdam dans l'idée, probablement, que ça empêche le gouvernement d'envisager des mesures beaucoup plus contraignantes, comme, à terme, l'interdiction totale de la publicité pour l'alcool. Nous ne sommes absolument pas prohibitionnistes. Par contre, on veut interdire tout ce qui pousse à la surconsommation de ce produit, qui est la deuxième cause de mortalité évitable, juste derrière le tabac », ajoute-t-il.
    Martin de Duve est l'un des initiateurs de la « tournée minérale » qui a lieu tous les ans. Et il se réjouit des changements de mentalité déjà en cours, puisque plus d'un cinquième des Belges s'abstiennent désormais de boire pendant le mois de février. Le chercheur au FNRS (Fonds national de la recherche scientifique) et en neurosciences Pierre Maurage est professeur à l'université catholique de Louvain. Lui se félicite de cette évolution qui rejoint la vérité scientifique des dangers de l'alcool, car toute consommation est nocive.
    « Il y a une survalorisation de l'alcool dans notre société et de tous les événements sociaux positifs. Les fêtes de famille, tous les événements positifs sont associés à une consommation d'alcool. Ce qui change quand même maintenant, c'est qu'on voit que de plus en plus, il y a des alternatives à la consommation de l'alcool. Et on voit que la consommation d'alcool baisse, ce qui explique la panique des brasseurs à la moindre décision politique, même minime, pour tenter de contrer cette survalorisation », analyse-t-il, soulignant les études montrent qu'en dix ans, la part des étudiants qui ne boivent jamais d'alcool a doublé, passant de 10 à 20%. Et tous conseillent aux brasseurs belges de s'investir à fond dans la bière sans alcool.
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  • Reportage international

    Au Yémen, sous le joug houthi, les habitants de Sanaa n'osent plus parler

    08/10/2026
    Après douze ans de guerre, plus de la moitié de la population yéménite a besoin d'une aide humanitaire. La reprise des combats ces dernières semaines est venue aggraver une situation déjà difficile. Pour les journalistes, le pays est aussi extrêmement difficile d'accès, encore plus dans les zones contrôlées par la rébellion houthie.
    Il a fallu passer plusieurs coups de fil via des intermédiaires pour entendre la voix des habitants de Sanaa. La plupart des contacts ne souhaitaient pas parler publiquement. Un homme, anonyme, nous explique pourquoi. Lui a dû fuir la capitale du Yémen tenue par les Houthis. « La situation dans les zones sous contrôle houthi est intenable, économiquement comme du point de vue des services publics. Et les gens n'osent pas parler car ils savent ce dont ils sont capables, ils connaissent leurs méthodes sanglantes. Dernièrement, certaines personnes sont apparues dans les médias, et quelque temps après, ils étaient liquidés », affirme-t-il.
    Un environnement que subit la population yéménite et aussi ceux qui défendent ses droits. Plusieurs humanitaires ont été victimes de disparitions forcées ces dernières années. Des dizaines d'employés de l'ONU sont toujours détenus arbitrairement. Certains ont confié avoir été torturés pour leur soutirer de faux aveux d'espionnage. Khawla Alrowaishan travaille pour l'ONG Mwatana for Human Rights. « Je pense qu'aucun d'entre nous ne se sent en sécurité à Sanaa en ce moment. Nous sommes toujours menacés et plusieurs de nos membres ont subi des exactions, dont des détentions arbitraires. Mais nous n'avons pas d'autre choix que de nous battre et de continuer », témoigne-t-elle.
    L'organisation a documenté également la répression contre les femmes dans un récent rapport. Elle y recense les restrictions sur les déplacements, des interrogatoires humiliants subis par les femmes et leurs familles. Rendre visite à des proches dans d'autres gouvernorats, travailler y compris dans le secteur humanitaire, tout cela est devenu difficile voire impossible. Dans d'autres cas, elles ont été contraintes de se faire accompagner d'un mahram [un proche parent] et de respecter des codes vestimentaires spécifiques. Tout cela sous le couvert de la guerre menée contre le gouvernement reconnu par la communauté internationale et soutenu par l'Arabie saoudite.
    Laith habite à Sanaa, où il tente de faire marcher un modeste magasin informatique. « Je suis à Sanaa et je peux vous assurer que ceux qui paient le prix de cette guerre, c'est d'abord la population : des gens perdent leur maison, des commerçants leur boutique. Il n'y a pas de salaires réguliers depuis une décennie. Ils sont versés tous les trois ou quatre mois, et encore, seulement en partie. Il y a beaucoup d'inflation. La vie est chère, tout est cher. Et les gens vivent à la grâce de Dieu. La situation est terrible et on prie pour que cette guerre prenne fin le plus tôt possible », raconte-t-il.
    Une guerre féroce où les deux camps – houthis comme loyalistes – usent parfois des mêmes méthodes, indifférentes au droit international humanitaire. Des méthodes telles que les bombardements de zones civiles ou le recrutement de mineurs comme combattants.
    À lire aussiYémen: une vingtaine de raids saoudiens à Sanaa, selon les Houthis, le site d'Aramco à Riyad touché en représailles
  • Reportage international

    La Turquie résiste à la vaccination contre le papillomavirus

    07/10/2026
    En 2026, le vaccin contre le papillomavirus fait toujours débat en Turquie. Alors que plus de 140 pays l’ont intégré à leur programme national de vaccination, les autorités d’Ankara hésitent et temporisent. Ce choix pose des questions de santé publique, mais aussi d’égalité : ce vaccin protège notamment contre le cancer du col de l’utérus, mais son prix le rend inaccessible à une large partie de la population. Pourquoi cette hésitation du gouvernement turc face au HPV ? Entre défiance vaccinale, contraintes économiques et tabou autour d’un virus sexuellement transmissible, les raisons sont multiples.
    Ce reportage de notre correspondante à Ankara est à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
    À écouter dans Le conseil santéPapillomavirus: à partir de quel âge la vaccination est-elle recommandée?
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    La guerre d'Israël à Gaza détruit les familles, certains camps sont réservés aux veuves

    06/10/2026
    À Gaza, un foyer sur quatre est aujourd’hui dirigé par une femme seule, car les maris sont morts, disparus ou détenus par Israël. C’est deux fois plus qu’il y a trois ans, avant la guerre menée par Israël sur la bande de Gaza. Selon ces chiffres révélés par l’ONU début septembre, plus de 86 000 femmes se retrouvent seules pour subvenir à leurs besoins et élever leurs enfants. Certains camps de déplacés à Gaza sont réservés aux veuves.
    De nos correspondants dans la bande de Gaza et à Jérusalem,
    Le visage de Fatma, entouré d’un voile sombre, est marqué par la fatigue. Elle soulève une couverture tendue et montre l’intérieur de sa tente. Des morceaux de plastique couvrent le sol. Cette Palestinienne de 35 ans, déplacée par la guerre, vit dans un camp réservé aux veuves, près de Mawasi. Mère de 5 enfants, elle a les larmes qui lui montent aux yeux lorsqu’elle parle du petit dernier, Rakan, 3 ans : il est né peu de temps avant la mort de son père. « Récemment je suis allée rendre visite à ma sœur et son mari, Rakan s’est assis sur les genoux de son oncle, il s’est mis à jouer avec sa barbe, il la caressait, raconte-t-elle, j’ai senti qu’il était ému, qu’il ressentait le manque, la perte de son père. Ce jour-là, j’ai pleuré. Pour un enfant, apprendre à parler, c’est commencer par dire le mot papa. Mon fils Rakan n’a pas encore dit ce mot jusqu’à présent. »
    Les enfants d’Amna, sa voisine, sont plus âgés. Suffisamment en tout cas pour se souvenir du rôle de leur père au sein du foyer. « C’est mon mari qui s’occupait de tout pour les enfants : il leur achetait des vêtements, il subvenait à leurs besoins. C’est lui qui faisait les courses, témoigne Amna. Maintenant, c’est moi qui m’en charge. Aujourd’hui, c’est moi la responsable. Je suis responsable d’eux et de moi-même. Et je ne sais pas comment m’occuper d’eux, ni de moi, ni comment faire face à toutes les difficultés de la vie. »
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    Un habitat précaire
    Les difficultés que mentionne Amna sont notamment financières. Elle a trois garçons, dont deux adolescents. « Pour Mohamed et Youssef, je ne touche plus rien. Je reçois une aide uniquement pour Adam, il a 9 ans. C’est pour lui que je perçois des allocations, explique-t-elle. À peu près 500 shekels par mois, parfois, en plus on reçoit des colis alimentaires. Aujourd’hui, c’est la distribution de pain. Dieu n’oublie personne. »
    Dans ce camp, 150 bénévoles viennent en aide à ces veuves. Mais comme ailleurs, l’habitat est précaire et les femmes seules sont plus vulnérables face à d’éventuels abus. Islam explique avec pudeur qu’elle essaie de se protéger avec sa fille de 16 ans. « Elle allait souvent au village d'Al-Wafaa, un type a essayé de s’en prendre à elle et s’est mis à la suivre, raconte-t-elle. Ma fille s'est mise à courir à toute vitesse. Elle est venue de la ville jusqu'à chez moi, et quand elle est arrivée, elle était toute essoufflée, le visage tout pâle. Après cette affaire, il s’est raconté des choses, sur elle et sur moi. Une personne l'accuse d'avoir perdu son honneur en chemin. » Islam a décidé de régler deux problèmes en même temps : sa sécurité physique et financière : désormais, elle travaille comme employée pour surveiller l’entrée du camp des veuves.
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    À trois semaines des élections, les Israéliens exigent des réponses sur les failles de sécurité du 7-Octobre

    05/10/2026
    Les Israéliens vont voter le 27 octobre pour élire leurs députés au Parlement et donc un Premier ministre. Ce sont les premières élections depuis les attaques du 7-Octobre et ce traumatisme occupe une grande place dans le scrutin à venir, à la fois parce que plusieurs proches d’ex-otages, des parents endeuillés, se sont lancés dans la course, mais aussi parce qu’il reste de nombreuses questions sur les failles sécuritaires du 7-Octobre.
    De notre correspondante à Jérusalem,
    Gil Dickmann ne décolère pas. Sa cousine Carmel Gat a été tuée à Gaza après avoir été retenue en otage pendant les mois qui ont suivi le 7-Octobre. Aujourd’hui, il veut comprendre pourquoi le massacre du Hamas n’a pas été évité. Il tient le Premier ministre sortant pour responsable : « J’ai été obligé de lui faire confiance pour qu’il fasse revenir ma cousine Carmel. Il ne l’a pas fait revenir. Elle a été tuée après 228 jours de captivité, dénonce-t-il. Netanyahu a essayé de cacher qu’il avait reçu des avertissements avant le 7-Octobre, que quelque chose était sur le point d’arriver. Il a caché cette information pendant trois ans. Sur quoi d’autre a-t-il menti ? Nous n’avons pas de commission d’enquête indépendante. » 
    Les élections auront lieu dans trois semaines et cette question est au cœur de la campagne électorale. En Israël, il y a eu beaucoup de révélations dans la presse. Benjamin Netanyahu a même dit que personne ne l’avait réveillé le matin du 7-Octobre. Natalia a perdu son fils au festival de musique Nova il y a 3 ans et elle est outrée. « C'est quoi ces conneries, s'exclame-t-elle. On ne l’a pas réveillé !!! On n'est pas à la maternelle. C'est le Premier ministre ! »
    Le père de Noam Perry est mort en février 2024, il a été exécuté par le Hamas après avoir été enlevé au kibboutz Nir Oz. Elle lance un message aux électeurs : « Peu importe qu’il ait été éveillé ou non. Ce qui compte, c’est cette politique spécifique menée depuis une quinzaine d’années par Netanyahu et son gouvernement, affirme-t-elle, qui a contribué à renforcer le Hamas, à acheminer des fonds vers la bande de Gaza – y compris vers le Hamas – et puis à ignorer le fait que le Hamas allait attaquer. »
    À écouter, notre podcast Carte d'identité : Israéliens7. Face à Gaza, la rupture du 7 octobre 2023
    « Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? » 
    Aucun camp politique ne veut laisser à l’autre le monopole du symbole du 7-Octobre. Malki, le père de l’ex-otage Omer Shem Tov, explique que pendant la captivité de son fils, les sensibilités politiques étaient mises de côté au sein du forum des familles des otages. « Nous avons essayé d'éviter toute considération politique, il s'agissait d'une question apolitique. Il y avait des otages et on devait les faire rentrer absolument, insiste-t-il. Ça n’avait rien à voir avec la droite ou la gauche. » 
    Aujourd’hui, lui aussi réclame une commission d’enquête. « Qu’est-ce qui s’est vraiment passé ? Je ne sais pas qui sera le prochain Premier ministre, mais j’espère que les choses vont bouger sur ce dossier. »  
    Il y a quelques mois, Talik Gvili, la mère d’un policier tué le 7-Octobre et dont la dépouille a été la dernière à rentrer en Israël, expliquait qu’elle avait toute confiance en Benyamin Netanyahu. « Il a ramené tous les autres à la maison, il me l’a promis, je le crois », clame-t-elle. Aujourd’hui, Talik Gvili est candidate pour être députée sur la liste du Likoud, le parti de l’actuel Premier ministre. Elle est en position éligible.
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