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Cisjordanie occupée: des Palestiniens blessés par des colons israéliens dénoncent l'impunité
13/10/2026En Cisjordanie occupée, à quelques semaines des élections législatives en Israël, nombreux sont les Palestiniens à espérer que la nouvelle coalition issue du scrutin leur soit plus favorable. Depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement d'extrême droite actuel, en décembre 2022, 231 nouveaux avant-postes ont été établis sur le territoire, selon l'organisation israélienne Peace Now. La violence des colons, elle, a explosé. Selon le bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha), les attaques de colons ayant fait des victimes ou occasionné des dégâts matériels sont passées d'une moyenne de 1,5 par jour en 2021 à 6,7 au cours des huit premiers mois de 2026. De nombreux Palestiniens portent les conséquences de ces violences à vie. Face à une autorité palestinienne économiquement exsangue et à une justice israélienne qui leur est peu favorable, ils se retrouvent seuls et handicapés.
De notre correspondante à Damas,
Un an et sept mois que ces béquilles accompagnent chaque pas de Saïd Rabah. C'était un 17 avril, au moment où un colon israélien a construit illégalement sur son terrain. « Il m'a attrapé la main et me l'a tordue. Il avait une arme avec lui. Il a tiré deux coups en l'air, puis le troisième, directement dans ma jambe. En plein dans ma jambe », raconte-t-il.
Dans la foulée, un garrot lui est mal posé, et Saïd doit se faire amputer. À sa sortie de l'hôpital, il tente en vain d'obtenir justice auprès de la police. Pas de condamnation, pas non plus de compensation. On lui annonce qu'il doit se débrouiller seul pour payer sa prothèse de plusieurs milliers d'euros : « Les autorités ne m'ont pas considéré comme un être humain. Ils m'ont simplement considéré comme un menteur. Personne parmi eux ne m'a aidé. Heureusement, il y a eu des militants israéliens solidaires qui ont joint une association et qui m'ont aidé financièrement. »
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« Tout le monde ressent de la colère »
Un peu plus loin, même récit, même sentiment de survie. C'est en octobre 2023 que Zakaria Adara a vu, lui, tragiquement basculer sa vie : « Un colon a avancé avec son arme, il m'a dit : ''Recule, retourne au village, éloigne-toi !'' Il avançait en pointant son arme vers moi, comme ça, au niveau de ma poitrine. Puis il a tiré. »
Le tir fut celui d'une balle dum-dum, conçue pour s'ouvrir à l'impact et causer de très graves blessures. Des morceaux de métal se nichent alors dans son ventre, coupent une artère près de son cœur, son rein droit, son pancréas. Sept mois, 13 opérations et 2 000 euros plus tard, Zakaria confie : « Je ressens... Tout le monde ressent de la colère ici, à cause de ce que font les colons. Il n'y a personne, pas même un gouvernement derrière nous, pour nous aider ou prendre notre défense. Le colon qui a tiré, jusqu'à aujourd'hui, est libre. Le gouvernement israélien n'a rien fait. »
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« Je suis handicapé à vie, mais je resterai »
Aujourd'hui, Shouk, la femme de Zakaria, tente de vendre ses broderies pour leur permettre de rembourser leurs dettes. Mais la famille vit recluse, terrorisée. Tout autour, les avant-postes de colons israéliens se sont multipliés. « C'est autour de nous. C'est partout. Il y a une colonie ici, une autre là. Chaque année, ils construisent. Ils font beaucoup de constructions et beaucoup de travaux. Chaque année, on voit de nouveaux bâtiments apparaître », décrit Shouk.
Pour eux, aucun doute : « Ils ne veulent pas que les gens restent sur leurs terres, alors même qu'ils y vivent. Que ce soit à Tuwani, à Masafer Yatta, à Um al-Kheir, c'est toujours la même chose. Ils ne veulent pas que les gens restent sur leurs terres. Alors, ils envoient des colons, comme du poison. Petit à petit, ils essaient de faire partir les gens de leurs terres pour pouvoir les prendre. »
« Cela ne marchera pas, conclut Zakaria. Je suis handicapé à vie, mais je resterai. Même si cela recommence. Même si je dois rester cloué au lit à cause de nouvelles blessures. »
À lire aussiIsraël en colère après le discours d'Emmanuel Macron à l'ONU sur la Cisjordanie- Le groupe automobile allemand Volkswagen, premier constructeur européen, multiplie les plans de restructuration. Après celui de décembre 2024, il vient d'en annoncer un nouveau cet été avec 50 000 emplois de nouveau en jeu à travers le monde. Frappé par la concurrence chinoise, par les droits de douane américains et par un marché européen faible, Volkswagen souffre comme jamais dans son existence. Au point que l'avenir de son usine modèle de Zwickau, dans la Saxe, son fer-de-lance en matière d'électro-mobilité, semble menacé.
Le reportage de notre correspondante Delphine Nerbollier est à retrouver dans son intégralité sur notre site dans Accents d'Europe - Le Vietnam fait partie des pays les plus vulnérables au changement climatique. Selon un rapport publié cette année par le Programme des Nations unies pour le développement, près d'un tiers de sa population vit dans une zone exposée aux risques d'inondations. Une proportion qui pourrait approcher la moitié d'ici la fin du siècle. Dans le nord, les crues de septembre ont une nouvelle fois mis les digues à rude épreuve, forçant les autorités à déplacer plus de 17 000 personnes. Face aux aléas climatiques extrêmes, intensifiés par le changement climatique, le pays cherche de nouvelles façons de s'adapter.
Comme chaque année, la saison des crues a fait de lourds dégâts dans le nord Vietnam. À la mi-septembre, après plusieurs jours de fortes pluies, près de 20 000 habitations ont été inondées. À Hoa Lu, un habitant parcourt son village en barque, pointant du doigt un hameau sous les eaux : « Regardez ces maisons, par exemple. Quand vient la saison des crues, tout est inondé ici. Beaucoup de gens ici sont pauvres. Il y a encore beaucoup de familles qui vivent ici et qui n'ont pas les moyens de déménager. »
Dans la province de Ninh Binh, les autorités estiment les pertes économiques à plus de trois millions d'euros. Les agriculteurs sont parmi les plus exposés. Plus au sud, à Thanh Hoa, Dinh, riziculteur, avance dans l'allée qui mène à sa maison, l'eau jusqu'aux genoux : « Regarde, ma rizière devant la maison est perdue. Elle a été complètement submergée. On n'aura plus de riz à manger. Heureusement qu'ici, les autorités se préoccupent des habitants lorsqu'il y a des inondations. »
« Résoudre le problème des inondations »
Alors que le changement climatique accentue les risques de pluies extrêmes, les autorités renforcent les digues et réaménagent les canaux des zones exposées. De nouvelles approches sont aussi à l'étude. À Hanoï, l'ingénieur Nguyen Van Khoe a imaginé un réseau de puits souterrains pour soulager des égouts parfois centenaires. Début octobre, au Salon national de l'innovation, il actionne les vannes de sa maquette, submergée par une pluie artificielle, devant une foule médusée. « L'objectif est de résoudre le problème des inondations urbaines avec une nouvelle approche. Je vais fermer la vanne pour que tu voies l'eau monter. Maintenant, il suffit d'ouvrir une ou deux vannes pour que l'eau descende dans le souterrain aménagé », explique-t-il.
À l'échelle d'un quartier, le principe serait le même : récupérer l'excès d'eau de pluie dans ce réseau souterrain, puis l'évacuer par pompage, avant qu'elle ne s'accumule dans les rues : « Le changement climatique est quelque chose que nous devons prendre en compte. Jusqu'à présent, la logique consiste à élargir les canalisations. Mais avec mon système, il n'est plus nécessaire de les agrandir. On conserve les canalisations existantes et la solution consiste à les connecter à un niveau souterrain situé sous la ville. »
Nguyen Van Khoe espère désormais tester son invention en conditions réelles à Hanoï. Son projet fait partie des 36 propositions soumises aux autorités de la capitale pour répondre à ses grands défis urbains. À plus long terme, Hanoï entend aussi repenser son urbanisme. Adopté en mai 2026, son plan d'aménagement à horizon de 100 ans prévoit davantage de parcs, de corridors verts et de bassins de rétention. L'objectif : laisser davantage de place à l'eau, plutôt que de chercher uniquement à l'évacuer.
À lire aussiLe Vietnam face aux limites planétaires - La Hongrie est, avec la Bulgarie, le pays le plus mal classé de l'Union européenne par l'ONG Transparency International. Après 16 ans de gouvernement de Viktor Orban, le pays est passé de la 50e à la 84e place. Le nouveau Premier ministre Peter Magyar a lancé une opération anti-corruption baptisée « feu purificateur ». Une nouvelle agence anti-corruption vient de voir le jour. Mais traduire les responsables devant la justice prendra du temps.
De notre correspondante à Budapest,
C'était une promesse de Peter Magyar avant les élections : récupérer l'argent public « volé » et traduire en justice les politiciens corrompus. Depuis que le vainqueur d'Orban est chef du gouvernement, ses ministres épluchent les comptes : ils découvrent des contrats surfacturés, des emplois fictifs et les dépenses exorbitantes du gouvernement de Viktor Orban. Ainsi l'ancien ministre des Affaires étrangères voyageait systématiquement en jet privé – même pour aller à Vienne, à 2h30 de route.
Quant à l'Office de protection de la souveraineté, créé par Viktor Orban pour harceler ses opposants, en deux ans, il a dépensé plus de 10 millions d'euros en contrats fictifs.
À ce jour, il y a plus d'une trentaine de plaintes. Mais la justice est lente et Julianna, comptable à la retraite, s'impatiente : « C'est lent, tout ça ; qu'est-ce qu'on attend pour juger les responsables ? Il faut qu'ils répondent de leurs actes. Bien sûr, dans le respect de la démocratie. »
L'affaire la plus spectaculaire, c'est celle de la Banque nationale hongroise. L'ancien gouverneur, un fidèle d'Orban, a détourné une partie des réserves de la Banque : au moins deux milliards d'euros ont disparu dans des paradis fiscaux. Or, l'enquête ouverte il y a deux ans n'avance pas, même depuis le changement de gouvernement, constate Adrienn Laczo, une ancienne juge aujourd'hui avocate spécialisée dans la criminalité en col blanc. « Tout le monde s'attendait à des arrestations… Mais rien ne se passe ! Retrouver l'argent volé, c'est très difficile. Mais il y a suffisamment de documents et de preuves pour que les responsables soient jugés », assure-t-elle.
Selon cette avocate, si le bureau du procureur avance à pas d'escargot, c'est parce qu'il est encore truffé de fidèles de Viktor Orban.
En attendant de le renouveler, le gouvernement a créé une nouvelle agence anti-corruption, qui aura autant de pouvoir que le procureur. Pour Ferenc, un ingénieur à la retraite croisé à la sortie du marché, la Hongrie va dans la bonne direction : « Ah, le peuple veut toujours remplir les prisons (rires) ! Les gens aimeraient que tout l'ancien gouvernement soit derrière les barreaux. Mais la démocratie, ça prend du temps. »
Elemer, 36 ans, est serveur dans un restaurant. Il a confiance dans le gouvernement. « À mon avis, il y aura bientôt des arrestations. Il y a beaucoup d'infos là-dessus sur TikTok, Facebook… C'est tout ce qu'ils méritent, ils ont volé l'argent des contribuables », estime-t-il. Pour l'instant, Viktor Orban n'est pas mis en cause. Mais la majorité des Hongrois souhaiterait le voir comparaître devant la justice.
À lire aussiHongrie: Andras Baka, le «juge qui a dit non» à Orban choisi par le camp Magyar pour devenir président - En Belgique, le gouvernement s'apprête à mettre en place un arrêté pour remplacer sur les publicités la mention « l'abus d'alcool nuit à la santé » par « l'alcool nuit à la santé ». Cet avertissement sanitaire rejoint les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), selon laquelle il n'y a pas de consommation d'alcool présentant zéro risque. Les débats ont été houleux au parlement le 7 octobre, et le projet de loi a provoqué une levée de boucliers des brasseurs qui vont jusqu'à accuser le gouvernement de s'attaquer à un patrimoine culturel national. Ils contre-attaquent via une campagne dans la presse.
De notre correspondant à Bruxelles,
Sur les terrasses bruxelloises, un moment de convivialité autour d'une bière : exactement comme dans la photo de la campagne des brasseurs belges. La fédération accuse le gouvernement de vouloir tuer un secteur qui représente plus de 70 000 personnes. Krishan Maudgal, président de l'association des brasseurs, aurait plutôt voulu célébrer le 10e anniversaire de l'inscription de « la culture de la bière en Belgique » au patrimoine immatériel de l'Unesco. « Ça veut dire qu'il y a donc une stigmatisation totale de tout un secteur. Et il s'agit aussi de la culpabilisation totale de tous les citoyens et citoyennes qui sont capables de consommer avec modération, en toute sagesse. De notre point de vue, il faut surtout se focaliser sur tout ce qui concerne l'abus de l'alcool et protéger les mineurs », explique-t-il.
Direction la ville universitaire de Louvain-la-Neuve. L'alcoologue Martin de Duve y dirige l'association Universanté qui fait de la prévention, de l'accompagnement et de la sensibilisation. Et pour lui, c'est « une tempête dans un verre de bière ». « La démarche des brasseurs est de jeter un écran de fumée sur une mesurette. Changer un petit mot sur des publicités, ça ne va pas changer fondamentalement les comportements. En revanche, ils créent beaucoup de ramdam dans l'idée, probablement, que ça empêche le gouvernement d'envisager des mesures beaucoup plus contraignantes, comme, à terme, l'interdiction totale de la publicité pour l'alcool. Nous ne sommes absolument pas prohibitionnistes. Par contre, on veut interdire tout ce qui pousse à la surconsommation de ce produit, qui est la deuxième cause de mortalité évitable, juste derrière le tabac », ajoute-t-il.
Martin de Duve est l'un des initiateurs de la « tournée minérale » qui a lieu tous les ans. Et il se réjouit des changements de mentalité déjà en cours, puisque plus d'un cinquième des Belges s'abstiennent désormais de boire pendant le mois de février. Le chercheur au FNRS (Fonds national de la recherche scientifique) et en neurosciences Pierre Maurage est professeur à l'université catholique de Louvain. Lui se félicite de cette évolution qui rejoint la vérité scientifique des dangers de l'alcool, car toute consommation est nocive.
« Il y a une survalorisation de l'alcool dans notre société et de tous les événements sociaux positifs. Les fêtes de famille, tous les événements positifs sont associés à une consommation d'alcool. Ce qui change quand même maintenant, c'est qu'on voit que de plus en plus, il y a des alternatives à la consommation de l'alcool. Et on voit que la consommation d'alcool baisse, ce qui explique la panique des brasseurs à la moindre décision politique, même minime, pour tenter de contrer cette survalorisation », analyse-t-il, soulignant les études montrent qu'en dix ans, la part des étudiants qui ne boivent jamais d'alcool a doublé, passant de 10 à 20%. Et tous conseillent aux brasseurs belges de s'investir à fond dans la bière sans alcool.
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