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Reportage international

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    En Ukraine, les enfants qui doivent grandir et se construire sous les bombes

    24/09/2026
    En Ukraine, la guerre dure depuis 4 ans et demi, une éternité pour les enfants et les adolescents. Certains ont dû fuir leur ville, leur maison, beaucoup ont perdu des proches, des parents, tous sont marqués par le danger sourd et permanent. Une situation lourde de conséquences alors qu’ils et elles sont en pleine construction. Pour que l’enfance des petits Ukrainiens ne soit pas volée, un centre leur vient en aide.
    De nos envoyés spéciaux à Mykolaïv,
    À Mykolaïv, au sud de l'Ukraine, un centre accueille des enfants et des adolescents marqués par les dernières années, par le conflit, et leur fournit un soutien psychologique. « Je m’appelle Yaroslav, j’ai 17 ans et je viens de Kherson. Au début de la guerre, nous avons vécu sous occupation, témoigne l'adolescent. Après la libération de la ville, nous sommes venus ici à Mykolaïv avec ma famille. Et je viens au centre pour faire quelque chose de mes mains, faire parler ma créativité. »
    « Ici, on les écoute et c’est le plus important : on écoute d’abord, on analyse après. On parle de tout. C’est un espace de vie en dehors de l’école, en dehors du domicile parental. Le genre de vie auquel tous les enfants devraient avoir accès, souligne Olyna Diomina, travailleuse psychosociale qui accompagne ces enfants au quotidien. « Vous savez, la plupart d’entre eux ne sont presque jamais allés à l’école en personne. D’abord, il y a eu le Covid et puis la guerre est arrivée. Ils ont du mal à sociabiliser et ils souffrent de stress psychologique et ils ne savent pas comment gérer cette situation. C’est à nous, les adultes, de les aider. »
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    Voler aux enfants « leur éducation, leur créativité… tout »
    Le père d'Anna-Maria, treize ans, est parti sur le front. Mais la guerre lui a aussi volé son insouciance. « Au moins, avec le Covid-19 on pouvait porter un masque, ce genre de chose. Avec la guerre, personne ne sait s’il se réveillera le lendemain matin. J’ai commencé à m’isoler, j’ai fait une dépression, je n’arrivais même plus à sortir de chez moi, se rappelle l'adolescente. Et ça a laissé des traces : aujourd’hui encore, à la moindre détonation, j’attrape mes affaires et je fonce à la cave, en un instant. »
    Les sirènes retentissent, un stress permanent qui a des conséquences psychologiques et provoque « une peur incurable, selon Olyna Diomina. Tous les jours, c’est la loterie. Qui ce sera aujourd’hui ? Est-ce que ce sera vous ? Si les adultes ont peur, imaginez à quel point c’est terrifiant pour un enfant. Parfois j’ai l’impression que [les Russes] le font exprès, qu’ils ne veulent pas simplement leur voler leur enfance mais aussi leur éducation, leur créativité… Tout. »
    Les professionnels de ce centre viennent en aide chaque mois à 500 personnes, dont environ 300 enfants de 5 à 18 ans. Quelle que soit l’issue du conflit, un défi immense se dresse devant l’Ukraine : prendre soin de ces enfants et de ces adolescents marqués par la guerre.
    À écouter dans La marche du mondeEnfants en guerre, guerre à l’enfance ?
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    Israël: à l'approche des élections, le refus du service militaire des ultra-orthodoxes divise profondément la société

    24/09/2026
    Des élections législatives sont prévues en Israël à la fin du mois d’octobre. Le pays est en campagne électorale et il est beaucoup question du service militaire. Traditionnellement en Israël, les ultra-orthodoxes en étaient exemptés. Depuis 2023, ce n’est plus le cas. Le monde orthodoxe en majorité refuse cette nouvelle réalité et tente d’obtenir une nouvelle loi d’exemption. Mais dans un pays qui est en guerre sur plusieurs fronts depuis trois ans, beaucoup d'Israéliens trouvent cette situation injuste. Les ultra-orthodoxes, eux, ne veulent rien entendre.
    De notre envoyée spéciale à Bnei Brak,
    Un nouveau quartier se construit à Bnei Brak. Cette ville voisine de Tel-Aviv a deux caractéristiques, explique le maire adjoint Shlomi Elharar : les habitants sont très jeunes et très religieux. En hébreu, on les appelle les « haredim », les « craignant Dieu » : « Il y a 240 000 habitants dans la ville de Bnei Brak, 110 000 ont moins de 18 ans. Bnei Brak est une ville haredi à 99%. »
    Pour cette population, seules comptent les règles de la Torah. L’étude des textes religieux est au-dessus de tout, notamment des obligations de service militaire. Dans un pays en guerre permanente depuis trois ans, le sujet est très clivant. Beaucoup de jeunes refusent de répondre aux ordres d’enrôlement. L’armée estime qu’il lui manque 12 000 combattants, Bnei Brak compte environ 15 000 déserteurs, estime le maire adjoint qui les soutient. David vient de recevoir sa convocation, il a 17 ans : « Je leur réponds que je ne veux pas aller dans l’armée, parce que je pense que ce n’est pas pour moi. C’est tout. Ce n’est pas pour moi, il faudrait vraiment s’adapter et j’ai grandi dans une famille ultra-religieuse. »
    Servir autrement
    Considéré comme déserteur, David ne peut pas sortir d’Israël, il est menacé de sanctions financières et risque d’être arrêté par la police. Mais les religieux disent qu’ils préfèrent la prison à l’armée. Pour Léa Levy, médecin généraliste à Bnei Brak, les ultra-orthodoxes veulent bien servir le pays, mais en faisant du bénévolat plutôt qu’en allant au combat : « On n’a pas besoin de servir le pays de manière uniforme et tous derrière un uniforme. Ces gens-là, qui n’ont pas de smartphones, qui n’ont pas étudié dans des écoles classiques, ils ne sont pas forcément adaptés pour servir dans l’armée. Et je pense que les orthodoxes qui peuvent servir dans l’armée, c’est ceux qui appartiennent à la tranche la plus moderne du monde orthodoxe où, par exemple, les femmes accèdent à des métiers, mais pas les tranches qui ont gardé le plus de tradition. »
    À 24 ans, Benjamin est étudiant en théologie, son parcours est une exception : « J'étais dans une unité d'élite à l'armée pendant à peu près deux ans. Moi, dans mon unité, personnellement, il y avait des filles. Cette proximité, en fait, avec les filles n'était pas bonne. Et mis à part ça, les gens qui étaient autour de moi là-bas, ce n'étaient pas les bonnes personnes. J'avais besoin d'être avec des gens qui font shabbat, qui aiment Dieu, qui comprennent l'importance d'être religieux. » Benjamin a demandé à intégrer une unité ultra-orthodoxe. Déçu, il a repris ses études en religion : « Même en allant dans une unité religieuse, ça manquait de Torah comme je l'attendais. »
    Les ultra-orthodoxes représentent 15% de la population en Israël. La coalition gouvernementale actuellement au pouvoir est tributaire du soutien des partis qui les représentent.
    À lire aussiIsraël: nette hausse du recrutement des ultra-orthodoxes dans l'armée
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    Irlande: le festival des célibataires, «le rêve de rencontrer quelqu’un en dehors des applications»

    23/09/2026
    Chaque année en septembre, le paisible village de Lisdoonvarna, dans l’ouest de l’Irlande, accueille le plus grand festival de célibataires d’Europe et voit affluer près de 40 000 visiteurs venus du monde entier. Créé il y a plus de 165 ans, ce festival est né à la fin des récoltes, lorsque les agriculteurs célibataires, jusque-là accaparés par le travail de la terre, pouvaient enfin prendre le temps de chercher une épouse. À l’heure des applications de rencontre et du speed dating, le festival continue de parier sur les rencontres spontanées.
    À lire aussiEn Irlande, l'engouement pour la musique traditionnelle
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    Ukraine: transporter des organes grâce à des drones militaires, une solution pour sauver des vies

    21/09/2026
    À Kiev, dans le plus grand hôpital pédiatrique d'Ukraine, les transplantations d'organes n’ont pas cessé depuis le début de l'invasion russe en février 2022. Nous avons suivi l'opération de Khrystyna, un bébé de neuf mois, à qui sa tante vient de donner une partie de son foie – la centième transplantation hépatique de l'hôpital. Malgré les missiles, les coupures d'électricité et l'espace aérien fermé, les chirurgiens continuent d'opérer. Et pour transporter les organes, certains envisagent désormais des drones militaires reconvertis. 
    De notre correspondante à Kiev,
    Nous sommes au huitième étage de l’hôpital. Depuis quelques semaines, les attaques russes se sont intensifiées sur la capitale ukrainienne. Dans l’une des sept salles d’opération, trois chirurgiens chaussés de lunettes grossissantes sont aux prises avec le foie de Tetyana. Cette femme de 36 ans a décidé de donner une partie de son organe sain à sa nièce, Khrystyna, âgée de neuf mois. Le bébé est en train d’être préparé à l’opération dans le bloc voisin. Oleg Godik, le chirurgien en chef, reste étonnamment détendu : « Nous prélevons deux segments du foie du donneur, puis nous les réduisons, voire les hyper-réduisons si nécessaire, afin qu’ils soient adaptés au receveur avant la transplantation. L’opération dure en moyenne cinq à six heures. »
    D’ailleurs, cela peut paraître surprenant, mais, pour se concentrer, les chirurgiens ont mis de la musique métal en fond sonore. Peut-être aussi une façon de faire écran au quotidien anxiogène ambiant.
    L’opération de Khrystyna est la 100e greffe de foie réalisée dans cet hôpital. En Ukraine, le pays effectue encore des centaines de transplantations par an et ce chiffre continue de grimper malgré la guerre. Cependant, le cadre est très strict. Une loi adoptée dès 2018 interdit formellement qu’un organe soit prélevé sur un soldat tué au front ou sur un civil mort à la suite des attaques russes.
    Maintenir les transplantations malgré la guerre
    Le chirurgien cardiaque Borys Todurov, grand ponte des greffes dans le pays, a lui-même suggéré cette loi au gouvernement. Il nous accueille dans son bureau de l’Institut du cœur, sur la rive gauche de Kiev : « C’était une manière d’éviter les spéculations dans les médias russes. Dès les premiers jours de la guerre, les médias russes racontaient chaque jour que des équipes ukrainiennes de transplantation se rendaient sur le front pour prélever les organes des personnes tuées. »
    Maintenir ces transplantations en temps de guerre impose aussi des défis concrets. L’espace aérien ukrainien est fermé depuis février 2022. Et transporter un organe, c’est aussi une course contre la montre, car il ne survit que six heures au maximum hors du corps. L’an dernier, les équipes de Todurov ont parcouru 34 000 kilomètres, presque l’équivalent d’un tour du monde : « Quand nous roulions pendant les attaques, avec des bombes qui explosaient devant nous, c’était extrêmement dangereux. »
    Une solution se dessine pourtant : des drones militaires reconvertis, capables de parcourir 700 kilomètres à plus de 110 km/h. Son équipe n’attend plus que l’approbation des forces armées, afin que les militaires comprennent que ce qui vole n’est pas forcément un ennemi, mais peut servir à transporter des organes.
    À lire aussiUkraine: à Odessa, l'hôpital pour enfants tente de gérer les pénuries de courant
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    Les agressions islamophobes se multiplient au Royaume-Uni

    20/09/2026
    À Londres, les plaintes pour incidents à caractère islamophobe ont augmenté de 31% sur l’année écoulée, et 2026 pourrait bien dépasser ces chiffres. À l’échelle du pays, l’islamophobie ne cesse d’augmenter depuis 2023, depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza. Selon les dernières statistiques, une mosquée est attaquée tous les cinq jours au Royaume-Uni, rendant les musulmans inquiets pour leur avenir.
    De notre correspondante à Londres, 
    La mosquée d’Ibrahim Syed, en banlieue de Liverpool, ressemble à un centre communautaire, en rez-de-chaussée, avec une immense salle centrale aux néons blafards. En un an, l’imam a subi trois attaques : « Quelqu’un a tiré sur les fenêtres avec une carabine, alors qu’il y avait des enfants à l’intérieur. Ils ont été choqués. On a aussi envoyé un DVD à caractère pornographique, pour essayer de nous énerver. Et enfin un drapeau britannique a été suspendu devant la mosquée. » 
    Ces douze derniers mois, 70 incidents sur des mosquées britanniques ont été enregistrés : menaces en ligne, vandalisme, intimidation, etc. Très impliqué dans la vie locale, Ibrahim Syed tente de rester positif : « C’est dur ! Je suis né ici. Tout d’un coup, notre appartenance à ce pays est remise en cause. Mais je suis un optimiste : rien qu’hier, un voisin a réparé gratuitement nos fenêtres. » 
    Guerres au Moyen-Orient, montée de l’extrême droite xénophobe. L’association Tell Mama, qui recueille des appels de victimes, a recensé 6 000 incidents islamophobes en 2024, 7 000 en 2025. La directrice, Iman Atta, note une normalisation alarmante : « Nous n’avons pas encore analysé les données pour 2026, mais ce sera au moins aussi élevé que 2025. La rhétorique autour des musulmans, les agressions dans l’espace public, la sexualisation des femmes musulmanes. Nous voyons la haine en ligne se déplacer dans la vraie vie, et c’est très inquiétant. »  
    Un pays qui se divise 
    Sur son site, Tell Mama conseille les mosquées et lieux culturels pour garantir leur propre sécurité. Mais Iman Atta exige davantage du gouvernement : « La technologie évolue si vite, avec l’IA entre autres. Les autorités semblent ne pas pouvoir suivre. Le gouvernement devrait pénaliser les entreprises qui monétisent la discrimination et l’extrémisme. » 
    Parmi cette communauté, certains préfèrent prendre les choses en main. Hijab beige sur un visage déterminé, Julie Siddiqi organise régulièrement des groupes interreligieux d’études des textes sacrés. À chaque ramadan, elle organise de grands banquets à partager, pour la rupture du jeûne, avec les non-musulmans de son quartier : « Nous devons apprendre à ne pas être d’accord, sans fermer le débat. Notre pays se divise, en particulier depuis quelques années, nous devons continuer à construire des ponts. » 
    Outre l’islamophobie, ces trois dernières années les incidents antisémites et racistes sont également en forte hausse.
Acerca de Reportage international
Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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