PodcastsReportage international

Reportage international

Reportage international
Último episodio

331 episodios

  • Reportage international

    Argentine: la protection des glaciers menacée par les réformes de Javier Milei

    26/02/2026
    Jeudi 26 février à Buenos Aires, une dizaine de militants de Greenpeace ont été interpellés après s'être brièvement introduits dans le Parlement argentin pour protester contre un projet de loi qui vise à réduire la protection des glaciers du pays. Déjà menacés par le changement climatique, les glaciers argentins sont dans le collimateur de Javier Milei. Climatosceptique notoire, le président ultralibéral veut passer la loi de protection des glaciers à la tronçonneuse pour ouvrir la voie à l'industrie minière. Jeudi, les sénateurs argentins devaient examiner un projet de flexibilisation de la loi. Dans la province de San Juan, la population locale se mobilise pour préserver l'eau face aux appétits miniers. 
    De notre correspondant de retour de San Juan,
    Nous sommes au cœur de la cordillère des Andes, à plus de 4 000 mètres d'altitude. Le vent souffle fort, mais l'oxygène commence à se faire rare. Autour de nous, des montagnes aux tons ocre, brun, presque pourpre. Et, au fond, une grande tache blanche : le glacier de San Lorenzo, au sud de l'Argentine.
    Silvio Pastore est glaciologue à l'université de San Juan : « Aujourd'hui, il est dans un processus continu de dégradation, et nous allons le voir disparaître presque entièrement. » Des roches aux reflets ambrés attirent son attention. Leur couleur, leurs textures, leur poids : tout indique que la zone est riche en minerais, assure-t-il, et pas n'importe lesquels. Cuivre, or, argent…
    À écouter aussiLes glaciers argentins : la fièvre de l'or rouge
    Pour Silvio Pastore, la présence de ces minerais pose un dilemme. Depuis 2010, les 17 000 glaciers argentins sont protégés par la loi, tout comme les sols congelés des zones périglaciaires. Or, ces dernières sont souvent riches en cuivre, un métal crucial pour la transition énergétique, et donc pour la lutte contre le réchauffement climatique et la fonte des glaciers :
    « Je suis actuellement dans une zone périglaciaire, la loi interdit l'activité minière ici. Mais je peux voir à l'œil nu et démontrer scientifiquement qu'une grande partie de ces montagnes ne contiennent ni eau ni glace. Donc logiquement, il y a des zones qui peuvent être libérées. »
    Silvio Pastore est membre d'un think tank proche du lobby de l'industrie minière, qui assure que 17 milliards de dollars d'investissements dépendent de la flexibilisation de la loi voulue par Javier Milei.
    En aval, des habitants inquiets et méfiants
    À une cinquantaine de kilomètres en aval du glacier de San Lorenzo, les habitants de la petite ville de Jachal se sont organisés en assemblée citoyenne pour défendre leur rivière. Après 20 ans de cohabitation avec la mine d'or Veladero, Carolina Caliva ne croit plus aux promesses de l'industrie minière :
    « Ils sont arrivés avec leur petit refrain sur le plein emploi et le développement durable. La réalité, c'est que notre ville est aussi pauvre qu'avant, si ce n'est plus. »
    Carolina fait référence aux scandales de contamination au mercure de la rivière Jachal qui ont éclaboussé la mine Veladero à plusieurs reprises.
    À lire aussiArgentine : des opposants au président Milei se mobilisent pour la protection des glaciers
    Omar Aciar est agriculteur. Il nous montre la terre sèche et craquelée de son champ de luzerne. Si l'industrie minière continue de se développer dans la région, dans dix ans, il sera impossible de cultiver quoi que ce soit à Jachal, assure-t-il : « Que va-t-on laisser à nos enfants ? Nous n'avons déjà presque plus d'eau potable, les puits sont quasiment à sec. Dans ce contexte, comment pourrait-on sacrifier nos glaciers ? C'est pourtant évident que l'eau, c'est la vie. »
  • Reportage international

    En Australie, la forte progression des actes racistes et des groupuscules néo-nazis inquiète

    25/02/2026
    L’attentat antisémite de Bondi, qui a endeuillé l’Australie le 14 décembre dernier, pourrait fracturer plus profondément le pays. Malgré une politique migratoire très stricte, l'Australie se faisait le champion du multiculturalisme. Ainsi, certains signes inquiètent : forte progression du parti d’extrême droite One Nation, progression des groupuscules néo-nazis, mais aussi une multiplication des actes racistes, ciblant en particulier la communauté musulmane.
    De notre correspondant à Sidney,
    À la mosquée de Lakemba, la plus grande d’Australie, située dans la banlieue ouest de Sydney, c’est la dernière prière du vendredi avant le début du ramadan. Cette année, le cœur n’est pas à la fête. La mosquée a reçu deux lettres de menaces en à peine dix jours et sa page Facebook est noyée sous les commentaires haineux et insultants. 
    D’après Jamal Kio, le porte-parole de l’association qui gère le lieu de culte, les fidèles aussi sont victimes de cette haine. « Certains se font insulter, d’autres se font cracher dessus et des femmes se font arracher leur voile, témoigne-t-il. Cette forme de racisme direct, qui devient violent, est inquiétante. » 
    Lubna, qui fréquente régulièrement la mosquée, n’a pour sa part pas subi ce genre de violences, mais cela ne l’empêche pas de vivre dans la peur. « Je vis dans un quartier musulman, donc je ne me sens pas rejetée ou mise à l’écart. Mais si je devais sortir de ce quartier, je ne me sentirais pas en sécurité, affirme-t-elle, et je me sentirais en danger parce qu’après ce qui s’est passé en décembre, tout le monde accuse les musulmans. » 
    À lire aussiAustralie: au moins 16 morts dans une fusillade visant la communauté juive à Sydney, dont un assaillant
    Un racisme ancré historiquement
    Ce sentiment, partagé par la communauté musulmane, se traduit également dans les intentions de vote. Un récent sondage crédite ainsi One Nation de 26 % des voix, un niveau encore jamais atteint par ce parti d’extrême droite, qui, depuis trente ans, dénonce l’immigration non européenne. 
    Plus inquiétant encore, des groupuscules néo-nazis gagnent eux aussi en popularité. « Ils ont probablement doublé leur nombre en 2025 et pour eux, Bondi, c’était comme un trophée, analyse Kaz Ross, qui étudie depuis des années l’activité de ces groupes en ligne. Parce que leur argument, c’est de dire que ce massacre n’aurait pas eu lieu s’il n’y avait pas eu de juifs et de musulmans. Nous devons réintégrer tous ceux en Australie qui ne sont pas des Blancs d’ascendance européenne. » 
    Face à ce danger et suite à l’attentat de Bondi, le gouvernement a durci ses lois réprimant les discours de haine, ce qui a entraîné la dissolution du plus connu des groupes néo-nazis, le Réseau national socialiste. 
    Reste que pour Jordan McSwiney, spécialiste de l’extrême droite, le gouvernement pourrait mieux faire pour combattre le racisme : « On ne peut pas combattre efficacement le racisme en isolant une forme particulière de racisme, comme l’antisémitisme ou l’islamophobie, défend-il. Elles font partie d’une forme plus large de racisme et de suprématisme blanc qu’il faut absolument combattre. »
    De fait, la forme la plus négligée de racisme est aussi la plus ancienne, c'est le racisme qui cible les Aborigènes. Le 26 janvier dernier, à Perth, un homme a jeté une bombe artisanale en plein milieu d’un rassemblement aborigène, qui n’a heureusement pas explosé. Animé par des idées racistes, il a été inculpé pour terrorisme. 
    À lire aussiAustralie: les Aborigènes victimes d'un «génocide», l'État du Victoria face à son histoire
  • Reportage international

    Espagne: de nouvelles variétés de pommes adaptées au réchauffement climatique

    24/02/2026
    Sécheresse, record de températures, incendies… En Espagne, le changement climatique est particulièrement inquiétant ces dernières années. Le pays se veut le potager de l’Europe, et ses agriculteurs sont les premiers touchés par ces changements. Depuis 20 ans, ils constatent une dégradation de leur production : baisse de production, altération de la texture… En Catalogne, la production de pommes a baissé de 8 % en 2025. C’est pour pallier à cette crise que les producteurs ont demandé aux scientifiques de les aider à pérenniser leurs cultures en créant des variétés de fruits résistantes aux multiples effets de l'évolution du climat, comme des températures de 40 degrés ou la prolifération de parasites.
    À lire aussiEn France, la recherche de nouvelles variétés de pommes pour diminuer les pesticides
  • Reportage international

    La Serbie, un havre de liberté pour les exilés russes

    22/02/2026
    Depuis l’invasion de l’Ukraine il y a 4 ans, Belgrade a accueilli entre 200 000 et 300 000 Russes, attirés par une politique de visa souple, des liaisons aériennes quotidiennes ainsi que certains liens historiques et culturels entre ces pays de religion orthodoxe. Beaucoup y ont ouvert des entreprises, des restaurants, et tous disent profiter d'une nouvelle liberté et d'un accueil chaleureux. Même si les relations de la Serbie avec Moscou pèsent sur leur avenir.
    Un reportage de notre correspondant de retour de Belgrade à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
    À lire aussiÀ la Une : la fuite autoritaire s'accélère en Serbie
  • Reportage international

    L'Équateur face au défi du recyclage des déchets électroniques

    21/02/2026
    En Équateur, seules trois entreprises sont habilitées à recycler les déchets électroniques. C'est ainsi qu'ils s'accumulent, du continent jusqu’aux Galapagos. L'une d'entre elles, Vertmonde, a recyclé 680 tonnes de déchets électroniques l’an dernier à Quito.
    De notre correspondant à Quito,
    En Équateur comme ailleurs, les appareils électroniques, tels que les ordinateurs ou les portables, passent souvent des parents aux enfants. Mais tous finissent par arriver à la fin de leur vie. « Les études montrent que l’Équatorien moyen achète quatre appareils technologiques et produit six kilos de déchets électroniques à l’année, explique Belén Rosales, gérante des opérations de l'entreprise Vertmonde. Cela va de la montre intelligente à la télécommande qui ne marchent plus, les nouveaux écouteurs, le téléphone portable ou un nouvel ordinateur. »
    Résultat, des dizaines de milliers de tonnes de déchets électroniques dont le pays ne sait trop que faire. Et ce d’autant qu’il ne compte que sur trois compagnies spécialisées dans ce domaine et une culture tout juste naissante du recyclage, selon l’ingénieure environnementale Melyna Terán. « Je crois que notre éducation ne nous a pas habitués au recyclage, analyse-t-elle. Récemment, les gens ont commencé à récupérer les cartons, les résidus organiques et les plastiques, mais pas les déchets électroniques alors que c’est définitivement plus nécessaire que jamais. »
    À écouter dans 8 milliards de voisinsDéchets: comment passer du «tout jetable» au «tout réparé» ?
    Une loi qui encadre les activités de recyclage
    Rendre notre monde plus vert, c’est l’objectif des trois fondatrices de Vertmonde, Belén, Jhoanna et leur mère. En Équateur, la loi dite REP, pour Responsabilité étendue du producteur, encadre les activités de recyclage de déchets électroniques. 
    « Selon la loi REP, les entreprises ont l’obligation de payer pour le recyclage de 0,5 % des déchets électroniques qu’elles produisent, ajoute Belén Rosales. C’est très peu. Pour le reste, elles souhaitent être payées. Elles savent qu’il y a des éléments précieux à l’intérieur des appareils électroniques et elles veulent en tirer parti. » Un chiffre de 0,5% qui peut être révisé à la hausse tous les 4 ans.
    Eduardo Vera, technicien de l'entreprise, reconditionne également les ordinateurs qui arrivent en bon état.  « Je révise composant par composant les ordinateurs, les processeurs et les écrans. J’évalue l’état du ventilateur, de la mémoire RAM, je vois s’il est possible de reconditionner la machine, décrit le technicien. Si c’est possible, je vais récolter les pièces manquantes des autres ordinateurs qui arrivent au laboratoire. »
    Vertmonde s’est également mobilisée pour aider les collectivités isolées des Galapagos. « Aux Galapagos, nous avons un projet avec des entreprises privées, la Chambre de commerce et d’industrie et des mairies, liste Belén Rosales. Toutes ont des déchets électroniques mais elles les accumulent car elles ne savent pas quoi en faire. Donc chaque fois que Latam a de la place dans ses avions, elle amène des déchets sur le continent où nous les traitons. »
    Aujourd’hui, l’Équateur ne recycle que de 3 à 5 % de ses déchets électroniques contre 8 % pour le Costa Rica ou 25 % pour la Colombie.
    À lire aussiEnvironnement: les déchets électroniques et dangereux au centre d'une conférence internationale à Genève

Acerca de Reportage international

Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
Sitio web del podcast
Aplicaciones
Redes sociales
v8.7.0 | © 2007-2026 radio.de GmbH
Generated: 2/26/2026 - 11:48:58 PM