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    Turquie: un an après l’arrestation d’Imamoglu, la jeunesse du CHP reste mobilisée

    20/03/2026
    Il y a un an, le 19 mars 2025, un séisme politique secouait la Turquie. Le maire d’Istanbul, la plus grande ville du pays, et principal opposant du président Erdogan, était arrêté pour des allégations de corruption, puis incarcéré quatre jours plus tard. Sa détention a déclenché une vague de manifestations massives et une mobilisation inédite dans les rangs de son parti, le CHP, qui dénonce un complot visant à saboter la candidature d’Ekrem Imamoglu à la prochaine présidentielle. Depuis un an, la branche jeunesse du parti est particulièrement mobilisée derrière lui et ne perd pas espoir. 
    Ankara, siège du CHP, Parti républicain du peuple. Özgür Özel, son dirigeant, tient une conférence de presse consacrée à ce qu’il appelle « le gang judiciaire » derrière l’arrestation d’Ekrem Imamoglu et son procès pour « corruption ». Cela fait un an que le maire d’Istanbul, le principal rival de Recep Tayyip Erdogan, est derrière les barreaux.
    Au fond de la salle, téléphone à la main, Dogukan Koçoglu retranscrit l’événement sur les réseaux sociaux. Sur sa veste de costume bleue, il porte un drapeau rouge orné de six flèches blanches, le symbole du CHP. Il a 23 ans. Il se souvient très bien du 19 mars 2025, le matin de l’arrestation d’Ekrem Imamoglu. « Je ne me suis jamais senti aussi désespéré… J’ai pensé que tout était fini, que ce pays n’avait plus d’avenir », dit-il.
    Du désespoir à la mobilisation
    Un an plus tard, ce membre de la branche jeunesse du CHP n’est plus dans le même état d’esprit. Il parle avec excitation des manifestations massives qui ont suivi l’arrestation, puis des rassemblements hebdomadaires du CHP dans tout le pays, jusqu’au 99e, cette semaine, devant la mairie d’Istanbul. « Je sens qu’on est beaucoup plus forts qu’il y a un an. Le CHP, Ekrem Imamoglu, moi, les autres militants… Parce qu’on a quand même traversé des épreuves inimaginables ! Le pouvoir a fait emprisonner une quinzaine de nos maires. Il a même essayé de mettre le parti sous tutelle, mais il a échoué. Au CHP, on est conscients qu’on est à l’aube d’une renaissance, mais que l’accouchement se fait dans la douleur. On attend avec impatience les élections, le jour où ce pouvoir devra rendre des comptes ».
    « Si on ne fait rien maintenant, demain il ne restera rien à défendre »
    Cette élection présidentielle aura lieu au plus tard en mai 2028. Mais la candidature d’Ekrem Imamoglu semble plus que compromise. Non seulement il est en prison et accablé par les procès, mais son diplôme universitaire a été annulé la veille de son arrestation au prétexte d’irrégularités, ce qui l’empêche légalement de briguer la fonction suprême. Pourtant, le CHP refuse d’envisager un autre candidat. Okan Apan, rapporteur pour la jeunesse au sein du QG de campagne d’Ekrem Imamoglu, l’explique avec un proverbe turc. « C’est l’histoire du loup qui s’approche du troupeau et dit : "Je ne veux que le bœuf roux, après je vous laisse tranquille". Mais bien sûr, le loup ne cesse de revenir, d’exiger toujours plus… À la fin, il n’y a plus de troupeau. Si on laisse tomber Imamoglu, tout autre candidat sérieux se trouvera empêché à son tour. Ce serait jeter le CHP dans une impasse ». Ce militant signale aussi que les rangs de la branche jeunesse du CHP n’ont fait que croître depuis un an, malgré la répression. « Chez beaucoup de jeunes, il y a ce sentiment très fort que si on ne prend pas de risque maintenant, si on ne fait rien maintenant, demain il ne restera rien à défendre ».
    D’ici aux élections, le CHP a l’intention de continuer à manifester, mais aussi d’être plus présent sur le terrain, auprès des électeurs. Et notamment auprès des jeunes. 
    À lire aussiTurquie: Ekrem Imamoglu, l'ancien maire d'Istanbul et rival d'Erdogan, face à ses juges
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    Royaume-Uni: comment la série télévisée «Peaky Blinders» a revitalisé le tourisme à Birmingham

    19/03/2026
    Ce vendredi 20 mars sort The Immortal Man sur Netflix, film qui raconte la suite de Peaky Blinders. Quatre ans après la dernière saison de cette série, qui suit l'histoire d'un groupe de gangsters dans le Birmingham des années 1910 à 1930. On a pu y voir de grands noms : Cillian Murphy, Stephen Graham, Adrien Brody ou encore Anya Taylor-Joy. Malgré des histoires sombres, violentes dans la classe ouvrière anglaise du siècle dernier, le succès de la série a entraîné une revitalisation du secteur touristique dans la deuxième ville du pays.
    De notre correspondante de retour de Birmingham,
    Dans l'ancien quartier industriel de Birmingham, un grand hangar abrite des studios de cinéma. La fresque sur les murs indique que Peaky Blinders, la série à succès de Netflix, y a été tournée. Depuis, elle attire des touristes du monde entier, comme Maninder : « Nous sommes originaires d'Inde, mais on vit à Northampton depuis trois ans. J'ai découvert Birmingham avec ''Peaky Blinders'', et ça m'a donné envie de visiter. Il y a plein de choses : l'aquarium, les canaux... »
    Tout un ciné-tourisme autour des Peaky
    Après la première saison, sortie en 2013, le nombre de touristes étrangers a bondi de 20% dans la région. Cette popularité s'est maintenue. Costume trois-pièces et casquette gavroche distinctive, Edward Gostick anime dix visites guidées par semaine sur le thème des gangsters de Birmingham : « Nous sommes ici au Bull, l'un des pubs les plus anciens de Birmingham, au cœur du quartier où l'on fabriquait les armes. Et voici une photo de Samuel Sheldon, un véritable gangster. C'est lui qu'on envoyait quand les gangs rivaux venaient lancer des pierres dans le quartier, semer la terreur. Il avait 10 ans. »
    Escape games, expositions, magasins de souvenirs... Longtemps perçue comme grise et pauvre, toute la ville s'est mise aux couleurs de la série. « L'impact sur la ville a été très positif. Comme Robin des Bois pour Nottingham, ou Shakespeare pour Stratford-upon-Avon, ça nous a donné une identité : 40% de mes visiteurs viennent du Royaume-Uni. Pour le reste, j'ai déjà eu des touristes de 60 pays différents », raconte Edward Gostick.
    « Partout où je vais dans le monde, les gens ont vu ''Peaky Blinders'' »
    À 15 kilomètres de la ville, Andrew Lovett a accueilli une partie des tournages dans son écomusée du Black Country. « Il y a eu un avant et un après : on accueille aujourd'hui 400 000 visiteurs par an, des visiteurs plus jeunes, plus internationaux. On organise des soirées ''Peaky Blinders'', avec 2 500 personnes en costumes ! », s'enthousiasme-t-il.
    Au-delà de l'effet Peaky, il y a Harry Potter tourné en Écosse, Paddington à Londres, Game of Thrones au Pays de Galles… La tendance du ciné-tourisme profite à tout le pays, explique Patricia Yates, PDG de Visit Britain : « D'après nos recherches, sept touristes étrangers sur dix viennent pour voir "en vrai" des endroits qu'ils ont vus à l'écran. C'est grâce au développement des plateformes internationales de streaming. Partout où je vais dans le monde, les gens ont vu ''Peaky Blinders'', ''Harry Potter''... Le rayonnement est mondial. »
    Après le film The Immortal Man, deux autres saisons des aventures des gangsters de Birmingham sont prévues. De quoi soutenir les 114 000 emplois liés au tourisme dans la région.
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    L'Italie divisée autour du référendum sur la réforme de la justice

    18/03/2026
    Les 22 et 23 mars 2026, les Italiens doivent se prononcer par référendum sur une réforme de la justice portée par le gouvernement de Giorgia Meloni. La principale innovation vise à instaurer une stricte séparation des carrières des magistrats entre le siège et le parquet. Le gouvernement et ses promoteurs y voient une façon de lutter contre des magistrats qu'ils jugent politisés, tandis que l'opposition dénonce une menace pour la séparation des pouvoirs. Le référendum s'est cristallisé sur la personnalité de la présidente du Conseil italien.
    À lire aussiItalie: la réforme de la justice passe une étape importante devant le Sénat
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    Génocide contre la communauté yézidie: le procès

    18/03/2026
    Le procès de Sabri Essid, jihadiste français présumé mort en Syrie, s’est ouvert à Paris ce lundi 16 mars pour génocide et crime contre l’humanité, commis contre la communauté yézidie. Un premier procès pour « génocide » qui ouvre la voie, en France, à la reconnaissance des crimes subis par cette petite communauté irakienne principalement rassemblée dans le nord-est du pays, et ce, douze ans après l’opération lancée par l’État islamique au Sinjar en août 2014. Des victimes irakiennes témoignent dans ce procès en France, mais en Irak, la communauté yézidie réclame toujours justice. En janvier, Bagdad a accueilli 5 704 prisonniers soupçonnés d’appartenance à l’État islamique et détenus jusqu’alors en Syrie. Les autorités se sont engagées à les juger. Mais entre méfiance et peur, la communauté yézidie doute que ce soit une réelle nouvelle occasion de voir ses bourreaux jugés pour les crimes qu’ils ont commis. Reportage auprès de la communauté yézidie en Irak.
    Au Kurdistan irakien, c’est dans un village à l’écart de la ville de Dohouk, que vit Weedad. En 2014, tous ses proches, son mari et trois de ses quatre enfants ont été tués par les combattants de l’État islamique au Sinjar. À 52 ans, elle peine à se déplacer, résultat des sévices que cette femme yézidie a subi au cours de sa captivité aux mains de Daech. « Mon fils et moi, on a essayé de s’enfuir trois fois, mais ils nous ont rattrapé. Ils m’ont tout fait subir. Ils m’ont électrocutée, mon dos souffre encore des séquelles des câbles électriques », dit-elle. 
    Réduite en esclavage pendant trois ans, elle a été vendue plus de vingt fois à différents combattants. « Ils faisaient commerce de nous. Sur Facebook, ils postaient l’âge, le nombre d’enfant qu’une femme avait, ils décrivaient sa beauté, son apparence, tout. Et quelqu’un arrivait pour la récupérer », explique-t-elle. 
    « Je veux les voir réduits en pièces devant nous »
    La violence qu’elle a subie la ronge. Quand elle a appris que 5 700 détenus soupçonnés d’appartenance à l’État islamique ont été transférés de Syrie en Irak pour être jugés, où ils risquent la peine de mort; cela n’a fait qu’alimenter sa colère. Car c’est un tout autre châtiment qu’elle attend. « La peur ne nous quitte jamais. Je veux que ceux qui ont commis ces crimes contre nous, devant nous, je veux les voir réduits en pièces devant nous. Je ne veux pas qu’ils soient juste exécutés simplement ». 
    « Les gens ont peur que justice ne soit jamais rendue »
    Pour être entourée, elle se rend régulièrement dans les bureaux de Yazda. Cette ONG internationale défend les droits de la communauté yézidie. En Irak, elle milite pour faire changer la législation. Car en 2019, les membres présumés de l’État islamique ont été jugés selon l’article 4 de la loi antiterroriste, et condamné à mort ou à perpétuité pour leur affiliation à l’organisation terroriste. « Si vous les poursuivez en vertu de l’article 4, vous ne montrez pas toute la réalité », explique Riadh Khairi, directeur de Yazda en Irak. « Mais s’il existe une loi condamnant le génocide, alors toute la vérité peut être faite. Ils n’ont pas été seulement les victimes du terrorisme. Les gens ont peur que justice ne soit jamais rendue, alors s’il n’y a pas de procès basés sur les véritables crimes commis, cette peur restera », ajoute-t-il. 
    À Bagdad, le centre national pour la coopération judiciaire internationale assure que les preuves du génocide seront incluses dans les actes d’accusation, même sans loi spécifique disponible. « Ils seront jugés pour leur affiliation à une organisation terroriste mais aussi pour les crimes qu’ils ont commis alors qu’ils étaient membres de l’État islamique », indique Ali Dhia, directeur adjoint du centre national pour la coopération judiciaire internationale.
    Les premiers procès de ces détenus ne devraient pas s’ouvrir avant au moins un an. Dix ans après la chute de l’État islamique en Irak.
    À lire aussi«Il fallait garder des traces, pour ancrer ce génocide des Yézidis dans l'histoire»
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    Liban: un village se barricade contre l'afflux de déplacés

    17/03/2026
    Aux premiers jours de la guerre au Liban, les déplacés de la banlieue sud de Beyrouth, fief du Hezbollah, ont cherché refuge dans la capitale. D’autres ont tenté leur chance à quelques kilomètres de là dans la montagne qui jouxte la capitale libanaise. Mais dans ce fief chrétien, ces déplacés n’ont pas trouvé le meilleur accueil. Illustration à Wadi Chahrour avec ce reportage signé Aabla Jounaïdi et Jad El Khoury nos envoyés spéciaux au Liban.
    Wadi Chahrour al-Soufla, ici pas d’école accueillant des déplacés. La population fuyant la banlieue sud à majorité chiite n’a pas de point de chute dans le village à majorité chrétienne. Une aubaine pour Jean, un commerçant du village. « Cette guerre, nous n’en voulons pas. Je ne veux pas faire de politique, mais nous payons toujours le prix des guerres causées par les autres sur notre sol. C’est le Hezbollah qui nous amené là. Notre village veut juste éviter qu’un intrus nous apporte des problèmes comme on a vu dans les hôtels ou ailleurs ». 
    À Wadi Chahrour, on dit vouloir éviter les frappes israéliennes qui à Beyrouth et ailleurs ont touché des civils auxquels s’étaient mêlés des personnalités du Hezbollah. Barrières érigées à l’entrée, caméra de surveillance, et contrôles des identités sont le lot désormais de tous ceux qui traversent la vallée. Le maire Georges Abou Rached défend le dispositif décidé aux premiers jours de la guerre par sa municipalité. « Pendant la guerre de 2006, notre village avait été bombardé parce qu’un camion avec des missiles du Hezbollah a été la cible des Israéliens. Alors oui, ce sont des mesures drastiques, et les gens doivent faire des détours pour rentrer chez eux, mais nous n’avons pas le choix. Il faut protéger notre vallée ».
    Dans ce bastion des Forces libanaises, parti issu de l’ancienne milice chrétienne durant la guerre civile, on assure que ces mesures ne visent pas la population chiite. Le maire en veut pour preuve la présence de Mahmoud. Après un contrôle de leurs documents par la municipalité puis l’armée, le jeune homme a pu accueillir des proches chez lui. « Je loue ici depuis des années. Je m’attendais à cette guerre. Ma famille a quitté la banlieue sud pour venir ici. On aimerait être protégé par un État fort et des institutions souveraines et pas des partis confessionnels ».
    Ces barrières érigées entre Libanais évoquent malgré tout l’époque noire de la guerre civile. Partout dans la ville, des affiches placardées invitent ceux qui souhaitent s’installer au village à se déclarer aux autorités pour une vérification auprès des autorités. Jusqu’ici, une centaine de personnes ont pu s’installer à Wadi Chahrour.

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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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