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    Pourquoi le Honduras veut rétablir ses relations diplomatiques avec Taïwan

    07/2/2026
    Les relations diplomatiques Honduras-Taïwan furent coupées en 2023 par la présidente Xiomara Castro au profit de la Chine. Le nouveau président hondurien, Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, a évoqué à de nombreuses reprises son souhait de tourner le dos à Pékin. Pour Taïwan, ce serait une opportunité de pouvoir peut-être regagner un de ses rares alliés sur la scène internationale. Rencontre à Taïpei avec la diaspora hondurienne, installée à Taïwan avant la rupture des liens diplomatiques.
    De notre correspondant à Taipei,
    Aldo Balsamo vit depuis cinq ans à Taïwan. Arrivé sur l'île grâce à une bourse d'études offerte par le gouvernement taïwanais, il a décidé de poursuivre ses études malgré la rupture diplomatique entre le Honduras et Taïwan en 2023 : « Si je devais donner un pourcentage, je dirais entre 70 et 80% de chances que le président rétablisse une relation avec Taïwan. Mais il y a toujours la possibilité que la Chine le séduise avec un accord, ce qu'ils ont souvent fait dans la région. »
    Une possibilité qu'il n'envisage pas sereinement : « J'aime Taïwan. Mais l'idée que nous puissions arrêter de reconnaître la Chine au profit de Taïwan me fait un peu peur. Je sens qu'il y a de bonnes chances que la Chine puisse riposter contre le Honduras. Chez nous, tout est chinois de nos jours… C'est assez effrayant. »
    Si Aldo a pu rester à Taïwan malgré l'arrêt de sa bourse d'études, c'est en partie grâce au soutien de la communauté hondurienne, menée par Fernando Ramos. Avocat et journaliste, il est à Taïwan depuis plus de dix ans. C'est une figure très active de la petite communauté hondurienne sur l'île.
    « Économiquement, c'était désastreux pour nous. L'industrie de la crevette est morte, le nombre de bourses d'études a été réduit, nous n'avons vu aucun bénéfice pour le café ou quelque produit agricole que ce soit. De l'autre côté, ajoute Fernando Ramos, nous avions Taïwan qui offrait trois fois plus de bourses d'études, achetait 40% de notre production de crevettes. Je ne vois pas de raisons qui indiqueraient pourquoi le gouvernement hondurien devrait rester avec la Chine. »
    « Des raisons économiques, diplomatiques »
    Pour lui, les raisons de rétablir une relation diplomatique avec Taïwan seraient donc économiques, mais aussi politiques, voire idéologiques : « Je pense que Nasry Asfura doit beaucoup à Trump pour son élection, et qu'il fera ce que Trump veut. Ni les Honduriens ni le gouvernement du Honduras ne se laisseront convaincre par de simples promesses chinoises. »
    Si revirement il y a, ce serait une défaite diplomatique difficile à encaisser pour la Chine, dans un contexte politique régional tendu, comme le rappelle Florencia Huang, universitaire taïwanaise spécialiste de l'Amérique latine : « La Chine n'accorde peut-être pas beaucoup d'importance au Honduras. Mais nous devons également tenir compte du fait que la Chine se trouve actuellement dans une situation très difficile en raison du cas Maduro au Venezuela. Si la Chine souhaite conserver son influence dans ce moment critique, elle tentera de ne pas perdre un autre allié en Amérique centrale. Elle va donc surement essayer de négocier et de tenir ses promesses faites en 2023. »
    Depuis le début des années 2000, neuf pays d'Amérique centrale et des Caraïbes ont reconnu la Chine au détriment de Taïwan : parmi eux, aucun n'est revenu sur sa décision.
    À lire aussiHonduras: les ONG inquiètes après la victoire du nationaliste Nasry Asfura à la présidentielle
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    Industrie pharmaceutique: l’Irlande redoute la pilule amère de Trump!

    07/2/2026
    Grâce à une fiscalité avantageuse, l’Irlande a su attirer les géants pharmaceutiques, au point d’en faire l’un des piliers de son économie. Mais Donald Trump brandit désormais la menace de droits de douane, pour pousser ces entreprises à relocaliser aux Etats-Unis. Or, les médicaments représentent près de la moitié des exportations irlandaises, avec les États-Unis comme premier client ! En Europe, l’Irlande serait ainsi le pays le plus exposé. Près de Cork, Ringaskiddy, surnommé le « village du Viagra », retient son souffle. Reportage de Clémence Pénard.
    John n’avait que 22 ans quand Pfizer s’est installé à Ringaskiddy. C’était en 1969 : « Tu vois, juste là, le château d’eau ? L’espèce de champignon, là ! Ça appartient à Pfizer !  »
    Le succès est tel que l’entreprise s’empresse de construire deux autres usines. Si bien qu’aujourd’hui, sous les coups de 8 heures, le site devient une véritable fourmilière : « Le matin, les routes sont totalement saturées : les files de voitures s’étendent sur des kilomètres. Et c’est la même chose le soir ! Une autoroute devait être construite il y a trente ans… Bon, elle doit être terminée d’ici trois ans. On vit dans l’espoir ! »
    Le « Pfizer Stop »
    Un arrêt de bus, le « Pfizer Stop », a tout de même été créé, rien que pour les salariés qui produisent, depuis 1998, le médicament le plus tonique de la région : le viagra ! 
    « À l’époque, on n’arrivait même pas à prononcer le nom : "Pf i zeur" ! Mais tout le monde voulait y travailler, absolument tout le monde. Les salaires étaient multipliés par quatre ! Même le fournisseur de papier toilette était devenu riche ! »
    Et il n’a pas fallu longtemps pour que le « village du Viagra » attire d’autres géants pharmaceutiques. Aujourd’hui, les Américains Johnson & Johnson, Thermo Fisher ou encore BioMarin profitent eux aussi du port de cet ancien village de pêcheurs, idéal pour exporter leurs médicaments ! 
    Et à seulement 20 km de là, Lilly fabrique Mounjaro et Zepbound, deux médicaments anti-obésité, best-sellers aux États-Unis ! 
    Ambiance à Ringaskiddy et dans les villages voisins
    Ainsi, dans Ringaskiddy et les villages voisins, ce sont plus de 20 000 personnes qui travaillent pour ces mastodontes, souvent de génération en génération. Audrey Buckley est élue locale du Fianna Fáil, le parti au pouvoir : « S’il arrivait quoi que ce soit à l’industrie pharmaceutique ici, ce serait tout simplement dévastateur pour toute la région. Dévastateur… Aujourd’hui, au dîner autour de la table, les mêmes questions reviennent sans cesse : est-ce que tels travaux ont démarré à l’usine? Est-ce qu’il y a de nouveaux projets ? Or, tout semble à l’arrêt. C’est une énorme source d’angoisse, les gens repoussent l’achat d’une voiture, l’extension de la maison, et ainsi de suite. Ils dépensent moins, c’est sûr, donc on voit déjà des effets ! » 
    Économiste à l’université de Cork, Eleanor Doyle voit aussi un ralentissement du secteur, mais tente tout de même de rassurer : « Pour les usines pharmaceutiques, les délais pour obtenir les autorisations de construction sont si longs, qu’à moyen terme, une délocalisation est peu envisageable ! »
    Pour l’instant, l’Irlande profite d’un répit, l’administration américaine semblant se concentrer sur d’autres régions du monde.
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    Thaïlande: courir pour sensibiliser au référendum sur la Constitution de 2017

    06/2/2026
    Le 8 février, plus de 50 millions de Thaïlandais sont appelés à voter à la fois pour renouveler leur Parlement et pour dire oui ou non à une révision de la Constitution de 2017, rédigée sous la junte militaire issue du coup d’État de 2014. Le référendum est jugé crucial par l’ONG de défense des droits civiques iLaw, qui a choisi une méthode de campagne originale : sensibiliser les électeurs à travers des événements autour de la course à pied, une activité en plein essor dans le royaume.
    De notre correspondant à Bangkok,
    « Pour une nouvelle Constitution, et pour faire avancer le pays — votez oui ! », scande la foule.
    « Allez, mettez-vous en place, le départ de la course va être donné ! », lance un organisateur de l'événement. Ils sont une cinquantaine, ce soir-là, à courir dans le célèbre parc Lumpini, en plein cœur de Bangkok. Pas un simple footing collectif : ces joggeurs, comme ce jeune homme à bout de souffle, participent à une opération de sensibilisation au référendum constitutionnel, organisé le même jour que les élections du 8 février.
    « Je suis là parce que je veux un nouvel avenir pour la Thaïlande », lâche ce jeune joggeur.
    « J’ai deux enfants : j’ai envie que ce pays soit stable pour leur avenir »
    Jan, 23 ans, porte un t-shirt appelant à voter « oui » au changement de Constitution : « Je soutiens cette campagne à 100 %, car l’actuelle Constitution de 2017 a été écrite par le régime militaire, et certains articles freinent la démocratie. »
    Coureur régulier, Pap espère lui aussi une réécriture de la Constitution pour les générations futures : « Il en faut une nouvelle pour plus de transparence et pour réduire, je l’espère, la corruption. J’ai deux enfants : j’ai envie que ce pays soit stable pour leur avenir. Je suis plutôt confiant, même ma mère m’a dit qu’elle voterait "oui" pour ses petits-enfants. »
    Depuis le début de l’année, des courses se déroulent chaque semaine dans les grands parcs de la capitale, mais aussi dans d’autres provinces, pour mobiliser les électeurs autour du scrutin.
    C’est l’ONG de défense des droits civiques iLaw, dont Jib fait partie, qui est à la manœuvre : « En ce moment, la génération Z et beaucoup de gens prennent soin de leur santé, il y a de nombreux clubs de course. On voulait en profiter pour sensibiliser au scrutin. La dernière fois, ça a vraiment dépassé nos attentes : on ne s’attendait pas à voir autant de monde. »
    Un référendum constitutionnel plus important que les élections
    Des élus de l’opposition, des personnalités publiques et des artistes ont rejoint le camp du « oui », lors de ces courses souvent prolongées par des débats ou des concerts.
    À Benjasiri, un autre parc de la capitale, John Winyu, présentateur d’une émission de satire politique suivie par plusieurs millions de personnes sur les réseaux sociaux, n’a pas couru, mais il est venu apporter son soutien : « Les gens veulent un nouvel espoir. Ils attendent de ces élections un gouvernement qu’ils auront choisi, et bien sûr, espèrent se débarrasser de cette Constitution. » 
    Après deux tours de parc, Yingcheep Atchanont, directeur de iLaw, rappelle à quel point le référendum constitutionnel est crucial : « Pour nous, ce référendum est plus important que les élections. Quel que soit le vainqueur, gouverner avec cette Constitution restera très compliqué, car elle a été pensée pour réprimer n’importe quel gouvernement élu qui entend mener des réformes structurelles. »
    Selon lui, un « non » maintiendrait la Thaïlande dans ce cycle d’instabilité politique pour des décennies encore.
    À lire aussiRéférendum constitutionnel en Thaïlande: un vote sous contrôle de la junte
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    Haïti: au cœur d’une brigade d’autodéfense à Port-au-Prince

    06/2/2026
    En 2025, un phénomène a pris de l’ampleur en Haïti, pays secoué par la violence des groupes armés : celui des « brigades d’autodéfense ». Face à l’absence - ou la faiblesse - des forces de l’ordre étatiques, les habitants de certains quartiers ont mis en place des milices locales pour se défendre contre les gangs. Composées de policiers et de civils armés, ces brigades contrôlent les entrées et sorties des quartiers et assurent une forme de sécurité. Mais elles sont de plus en plus critiquées pour des bavures et des violences, au point que certains les comparent déjà… aux gangs qu’elles prétendent combattre.
    De nos envoyés spéciaux à Port-au-Prince,
    Sur la place centrale de Canapé-Vert, dans un petit amphithéâtre, le danseur de hip-hop Paniko tourne une vidéo. Cela ne fait pas très longtemps qu’il habite dans le quartier. Comme beaucoup d’habitants de Port-au-Prince, il a fui un secteur de la capitale tombé aux mains des gangs. Ici, à Canapé-Vert, il se sent en sécurité.
    « Les brigades contrôlent la zone. Elles vérifient qui entre et qui sort du quartier », explique-t-il. Pour accéder à Canapé-Vert, les habitants doivent présenter une pièce d’identité prouvant qu’ils résident bien sur place.
    À lire aussiHaïti, l'impossible transition
    La naissance de la brigade
    La brigade d’autodéfense de Canapé-Vert existe depuis plus de deux ans. Par l’intermédiaire d’un contact, nous rencontrons son chef, Samuel. Après une première réunion informelle, il accepte de nous parler. Les prises de parole médiatiques sont rares. Jean noir, T-shirt blanc, pistolet à la ceinture, il nous conduit à l’endroit où tout a commencé. Le 24 avril 2023, lors de la fouille d’un minibus, des policiers interpellent 14 personnes, dont certaines portaient des armes d’après eux. Ils les soupçonnaient de vouloir prêter main-forte à un gang actif dans un autre quartier. Ces hommes sont ensuite brûlés vifs par des habitants devant le sous-commissariat de Canapé-Vert.
    Un épisode violent, que Samuel Joasil - policier en service - décrit comme le point de départ d’une mobilisation citoyenne ayant mené à la création de la brigade. « Les brigadiers sont des jeunes qui ont voulu se défendre. Ils n’ont pas d’armes à feu. Nous les soutenons, parce que nous sommes policiers et militaires, et ainsi nous pouvons défendre ensemble notre quartier », affirme-t-il.
    Samuel Joasil assure que les membres civils de la brigade ne sont pas armés. Avant l’interview, il nous apprend qu’un de ses hommes vient d’être blessé lors d’un échange de tirs avec un gang, dans un autre quartier. Cela arrive-t-il souvent ? « Oui », répond-il, sans plus de détails. Il refuse en revanche de communiquer le nombre exact de brigadiers, se contentant d’un laconique : « Nous sommes nombreux. »
    Les brigades critiquées pour des violences
    La brigade joue un rôle stratégique, y compris pour les autorités haïtiennes. En sécurisant Canapé-Vert, elle garantit l’accès à Pétion-Ville et empêche cette commune située sur les hauteurs de Port-au-Prince de tomber sous le contrôle des gangs.
    Samuel Joasil nous conduit ensuite au quartier général de la brigade, où l’on prépare une fête de pré-carnaval. On perçoit ici une autre facette du rôle joué par la brigade, celui de bienfaiteur local. Nous y rencontrons un jeune étudiant qui a décidé de rejoindre le groupe. Pour des raisons de sécurité, il souhaite rester anonyme.
    « Je suis entré dans la brigade à cause de l’insécurité que nous vivons au quotidien », explique-t-il, avant d’ajouter. « Je veux que mon quartier reste sûr. Tous mes amis sont ici, nous avons grandi ici. Nous ne voulons pas perdre ce que nos parents ont construit. Nous avons vu ce que les gangs ont fait ailleurs. Nous ne voulons pas être obligés de partir et de ne pas être à l’aise dans un nouvel endroit. »
    Ce jeune brigadier affirme s’occuper uniquement de la logistique et ne pas participer aux opérations sur le terrain. Il faut dire que ces milices sont de plus en plus critiquées pour des assassinats, des exactions, des lynchages et des viols. Que répond le chef de la brigade ? « Ce sont des cas isolés. Les viols ou autres exactions se produisent dans d’autres zones, pas ici. »
    Canapé-Vert reste pourtant un quartier où tout le monde n’est pas le bienvenu. Pour les journalistes notamment, couvrir cette zone peut s’avérer dangereux. Le reporter Pierrevil Théas en témoigne. Alors qu’il couvrait une manifestation à Canapé-Vert, il a été agressé par des hommes cagoulés qui lui ont lancé des pierres. « Heureusement, je portais un gilet pare-balles et un casque. Sinon, je ne serais peut-être plus là aujourd’hui », raconte-t-il. Pour échapper à la foule, il a trouvé refuge dans un garage avant de contacter son rédacteur en chef, qui a alerté la police. Celle-ci l’a finalement escorté hors du quartier. Depuis, explique-t-il, il n’y est jamais retourné, par crainte pour sa vie.
    Quel avenir pour les brigades ?
    Que deviendront ces brigades si un jour la situation sécuritaire s’améliore ? Pour Samuel Joasil, les hommes armés pourraient être intégrés aux forces de l’ordre, dans l’armée, ou des « groupes de soutien » pour assurer la sécurité du pays.
    Mais ONG et observateurs restent sceptiques. Dans certaines brigades, des civils sont bel et bien armés. Certains groupes seraient financés par des entreprises ou des notables qui auraient intérêt à maintenir une force armée privée pour défendre leurs intérêts. L’histoire haïtienne rappelle que les milices ont souvent servi les puissants, comme ce fut le cas avec les tontons macoutes sous la dictature Duvalier.
    « Mon inquiétude, c’est que les brigadiers ne déposent pas leurs armes, qui sont des armes de guerre », estime Pierrevil Théas qui s’interroge : « Va-t-on dire aux gangs comme aux brigadiers : maintenant, vous déposez tous vos armes ? » Selon lui, « il ne faut pas oublier que parmi les brigadiers se trouvent aussi des criminels. Si on ne parvient pas à les canaliser, cela peut générer encore plus de chaos, ajoute le journaliste. Le brigadier d’aujourd’hui peut devenir le membre de gang de demain ».
    À écouter dans 8 milliards de voisinsEn Haïti, l’école face à la violence des gangs - 8 milliards de voisins - RFI
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    En Irlande, des technologies de pointe pour former les joueurs de rugby de demain

    04/2/2026
    À l’approche du Tournoi des Six Nations — dont le premier choc verra la France affronter l’Irlande ce jeudi 5 février — cap sur le pays du trèfle ! En Irlande, le rugby scolaire n’est pas pris à la légère : c’est là-bas que se forment les talents qui feront le rugby irlandais de demain. Et aujourd’hui, dans les meilleures écoles du pays, tout repose sur des technologies de pointe. Entre capteurs high-tech et protège-dents intelligents, immersion au Wesley College de Dublin.
    De notre correspondante à Dublin,
    Sur les 900 élèves du Wesley College, dans le sud de Dublin, 400 vivent chaque jour au rythme du ballon ovale. Pour aller plus loin, l’école a misé sur la technologie : chaque mouvement de ces jeunes athlètes est analysé à l’aide de capteurs connectés à une application, des capteurs accrochés aux pieds, par exemple, pour mesurer la hauteur d’un saut, ainsi que des capteurs sur toutes les barres de musculation.
    « Si je mets plus de 0,7 seconde à soulever la barre, la charge est trop légère, explique Rich Andreucetti, le préparateur physique de l’école. À l'inverse, en dessous de 0,3 seconde, c’est trop lourd. Par exemple, je vais mettre 50 kg et faire trois répétitions. Pendant que je pousse, je vois : 0,72 seconde ; en rouge, je suis trop lent ! 0,55 seconde, parfait, ça passe au vert ! Maintenant, il faut que je reste dans cette zone tout l’entraînement. »
    Comme un feu tricolore : vert, orange ou rouge donc, les résultats s’affichent en direct sur des iPads. Thibault Campbell, 17 ans, regarde l’écran attentivement : « Évidemment, tout le monde veut être en tête du classement ! Du coup, tu te retrouves à te mesurer à tes coéquipiers, ça motive à travailler plus dur, s'amuse le jeune sportif. Avant, sans ça, chacun faisait son entraînement dans son coin. Maintenant, c’est plus fun, plus compétitif, et on cherche vraiment à se dépasser les uns les autres. »
    Depuis la mise en place de ces équipements high-tech, les élèves s’impliquent davantage, selon Craig Ronaldson, directeur du rugby au Wesley College. « C’est la génération TikTok, s'exclame-t-il. Nos adolescents ont parfois du mal à rester attentifs, on le constate par exemple dans l’analyse vidéo de leur jeu : plutôt que de leur faire revoir de longues séquences vidéo, on privilégie désormais des formats courts, dix secondes ici, trente secondes là… Et ils adorent ces gadgets. D’ailleurs, ils les maîtrisent mieux que nous ! »
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    La prévention des lésions cérébrales
    L’école fait aussi partie des tout premiers établissements d’Irlande à participer à une étude sur l’efficacité des protections à la tête dans la prévention des lésions cérébrales. C'est un enjeu majeur dans le rugby aujourd’hui. Ainsi, à chaque entraînement et à chaque match, les joueurs portent des protège-dents sur mesure avec des puces électroniques intégrées.
    « Ça enregistre toutes tes collisions et à quel point elles sont violentes », explique Thibault, troisième ligne. Si le jeune homme est assez exposé aux chocs, il se dit désormais plus serein : « Du coup, grâce au protège-dents, on peut détecter immédiatement si tu as pris un choc et te faire soigner avant que ça ne s’aggrave. Je trouve ça vraiment rassurant. »
    Cet entraînement d’élite au Wesley College n'est pas pour toutes les bourses : l’école facture 8 000 euros pour les externes. Pour les internes, c'est plus de 18 000 euros l’année.
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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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Generated: 2/8/2026 - 3:35:10 AM