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    Sarah Mullally, nouvelle archevêque de Canterbury, face aux défis de l’Église anglicane

    23/1/2026
    C’est l’équivalent du pape pour la communauté anglicane : Sarah Mullally deviendra, mercredi 28 janvier, la nouvelle archevêque de Canterbury. C’est la première femme élue à ce poste – son prédécesseur, Justin Welby, a dû démissionner il y a un an, accusé d’avoir mal géré un scandale d’abus sexuels au sein de l’Église anglicane. Sarah Mullally va devoir reconstruire la confiance dans l’institution, et surtout réunifier une communauté divisée sur les grandes questions sociales (comme l’acceptation des couples de même sexe).
    De notre correspondante à Londres , 
    Trois matins par semaine, les fidèles prient dans l’Église St Mary, au cœur de la City de Londres. Le diocèse de Sarah Mullally. Agnès et Alan, en chaussettes sur le sol en pierre, n’ont pas été surpris de sa nomination.  « Ça ne va pas changer ma vie religieuse, mais c’est l’ancienne patronne des infirmières des hôpitaux publics. Par conséquent elle a une expérience administrative, en plus de son expérience ecclésiastique, qui va lui être utile », dit Alan. « Beaucoup pensent qu’avoir une femme à ce poste est une avancée, mais il reste beaucoup de dossiers à traiter », estime Agnès.
    Une Église anglicane traversée par de profondes divisions
    Comme l’inclusion des minorités, la protection des victimes d’abus sexuels... Pour le prêtre de la paroisse, Paul Kennedy, Sarah Mullally ne pourra pas plaire aux 110 millions de fidèles anglicans dans le monde. « Elle a été une bonne évêque à Londres, mais elle pourrait causer des frictions à l’étranger. L’Église anglicane est très large, et inclut des ailes très conservatrices, qui ne seront pas d’accord avec ses idées. Il y aura des tensions ».
    L’Église du Nigeria par exemple, rejette déjà l’autorité de Sarah Mullally. En visite à Sainte-Mary, Paul Shaw est recteur dans l’ouest du pays. Pour lui, même en Angleterre, les questions liées à la sexualité divisent, d’ailleurs, le prêtre qui l’accompagne préfère s’éloigner, pour ne pas s’agacer explique-t-il. « À l’échelle nationale, même au sein d’une église, d’une paroisse, c’est un sujet très clivant. Et bien sûr, il y a aussi le fait que ce soit une femme : certains pans de notre Eglise sont mal à l’aise à ce sujet, mais je n’en fais pas partie ».
    Réparer la confiance 
    Unifier une Église mondiale, pour Linda Woodhead, sociologue des religions, l’ancienne infirmière devra aussi réparer la confiance après une série de scandales sexuels. « Il faut qu’il y ait un système de compensations, à l’écoute des victimes et qui leur convienne, sans avoir à passer par des procédures judiciaires longues et horribles. Il s’agit de retisser le lien entre l’Église d’Angleterre et la population d’Angleterre ».
    Une reconnexion nécessaire pour prévenir la montée de l’extrême droite, menée sur les réseaux sociaux par l’influenceur anti-immigration et islamophobe Tommy Robinson. « Les voix d’extrême droite comme Tommy Robinson se présentent comme les seules capables de représenter une chrétienté anglaise, patriote. Or, jusqu’à maintenant, l’Église anglicane ne s’est pas demandé comment incarner, au XXIè siècle, une religion nationale. [Sarah Mullally] va devoir prendre position ».
    Sarah Mullally devra quitter son poste à 70 ans. Elle a six ans pour réunifier son Église.
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    Guerre en Ukraine: à Kiev, les habitants face à la pire crise humanitaire depuis 2022

    23/1/2026
    En Ukraine, les campagnes de frappes russes sur les infrastructures énergétiques se poursuivent quotidiennement. Depuis le 10 octobre, pas une journée ne s'est passée sans que missiles ou drones ne se soient abattus sur des centrales énergétique ou thermiques, plongeant le pays dans le noir et dans le froid au cœur de l'hiver. La situation est particulièrement critique à Kiev.
    De notre correspondante à Kiev,
    Depuis 2022, des millions d'Ukrainiens se sont trouvés sous le danger constant des attaques aériennes russes. À Kiev, des raids de grande ampleur, combinant missiles et drones, se succédaient presque régulièrement, toutes les deux ou trois semaines. Cette année, la Russie est passée à la vitesse supérieure et semble vouloir plonger l'Ukraine dans un hiver sans fin : désormais, plus un seul jour ne se passe sans que les attaques se succèdent sur Kiev. Le but de ces frappes est clair : mettre à genoux la capitale et procéder à l'anéantissement total des capacités énergétiques de l'Ukraine. Alors que Moscou nie cibler les civils ukrainiens, ils sont pourtant, quotidiennement, les premières victimes de ces frappes : à Kiev, plus de trois millions de résidents se trouvent, en plein hiver, face à des pénuries prolongées d'électricité, d'eau et de chauffage. Le tout, alors que l'Ukraine est en proie à une vague de froid polaire, où les températures, qui ont avoisiné les -20°C ces deux dernières semaines, se stabilisent désormais à - 10°C.
    À lire aussiUkraine: en pleine vague de froid, des frappes russes plongent à nouveau Kiev dans le noir
    Devant l'ampleur des dégâts, et suite à une frappe dévastatrice sur les centrales énergétiques de la ville le 9 janvier dernier, le maire Vitali Klitschko a même enjoint ceux des habitants qui le pouvaient à quitter la ville. Deux semaines plus tard, il affirme que selon des estimations basées sur les bornages téléphoniques, près de 600 000 personnes ont quitté la capitale ukrainienne.
    Les quartiers populaires en première ligne
    Tous ne peuvent cependant pas quitter la ville, et pour une grande majorité de la population, il s'agit de survivre à la fois aux frappes et à leurs conséquences. Sur la rive gauche de la ville, où les quartiers populaires sont les plus affectés, les résidents des barres d'immeubles de grande hauteur sont particulièrement exposés : ils vivent tout près de centrales visées par les Russes, et leur approvisionnement en électricité, chauffage et eau est devenu plus qu'aléatoire. Oksana, une mère de famille explique : « La situation est très difficile, on se retrouve sans électricité pendant dix heures, vingt heures d'affilée. Et lorsqu'elle apparaît, c'est au milieu de la nuit, alors je me lève pour charger toutes nos batteries. Sans électricité, il n'y a pas d'eau non plus, et comme l'immeuble a plusieurs étages, elle n'arrive plus aux étages supérieurs ».
    L'immeuble en question a déjà été éventré par une frappe de drones, et les fenêtres des étages inférieurs ont été remplacées par des panneaux en bois. Pourtant, Oksana n'envisage pas de quitter Kiev : « Nous avons bien de la famille dans l'ouest, où nous nous étions réfugiés début 2022, mais mon mari est en situation de handicap et en attente d'une opération, je ne me vois donc pas partir maintenant. En plus, nous avons ici tous nos proches, dont mes parents, dans des immeubles voisins ». Tout comme Oksana, Valentina, une retraitée, tente de survivre malgré les conditions difficiles : « Dieu merci, une partie de l'immeuble est encore chauffée, et chez moi, je conserve mon manteau pour ne pas avoir froid ». Pour ceux des résidents qui restent dans la capitale, le quotidien s'organise autour de rares heures d'électricité pendant lesquelles il faut recharger ses appareils électriques et batteries, faire tourner une machine à laver, ou encore faire des provisions d'eau courante. Les nuits, au cours desquelles les frappes sont plus fréquentes, se passent dans le froid, dans des caves, parkings ou encore stations de métro, pour ceux qui ont encore l'énergie de s'abriter des bombes.
    Les « points d’invincibilité », îlots de chaleur dans une ville à l’arrêt
    Devant cette crise humanitaire qui s'accentue à mesure que la Russie continue de frapper Kiev, la ville a déployé une cinquantaine de générateurs mobiles. Dans certaines cours d'immeubles affectés, des milliers, qui sitôt reconnectés au réseau énergétique sont à nouveau plongés dans le froid et le noir après chaque nouvelle frappe, les secouristes ont mis en place de grandes tentes oranges qui constituent des « points d'invincibilité », des îlots énergétiques dans lesquels les habitants peuvent venir se réchauffer, travailler à distance ou bien encore passer la nuit si les conditions ne leur permettent plus de dormir chez eux.
    Ces îlots ne sont pas une nouveauté : depuis le début des raids aériens à l'hiver 2022, les bâtiments publics dotés de générateurs, administrations, restaurants, écoles, se sont constitués eux aussi « points d'invincibilité ». Dans le centre historique de la ville, en face de l'université Taras Shevchenko, une yourte installée par une association ukraino-kazakhe en 2023 a rouvert ses portes comme îlot de chaleur et d'électricité. Ici, Natacha, ukrainienne, reçoit ceux qui entrent avec un thé chaud et des pâtisseries kazakhes. Elle explique : « Les Kazakhes croient en notre victoire, et avec cette yourte ils nous apportent un peu d'amour et leur soutien. Ils ne peuvent pas nous fournir d'armes, mais ils montrent par d'autres gestes qu'ils sont nos côtés ».
    Pourtant, après plusieurs hivers où le pire avait été évité, nombre de ces « îlots » ne sont plus en mesure d'accueillir temporairement les résidents de la capitale. Dans le centre historique de la ville, berceau des administrations, ambassades et organisations internationales et jusqu'à cette année relativement épargné par les coupures d'électricité, la situation s'est fortement dégradée. Si les cafés et restaurants fonctionnent encore, en sous-régime, grâce à de petits générateurs diesels au bruit assourdissant et à la forte odeur de diesel, et souvent dans une semi-obscurité, des bâtiments publics répertoriés sur l'application municipale comme ouvertes en principe 24/7 pour servir de refuge de chaleur et d'électricité aux résidents, gardent porte close, comme le déplore Alla, concierge d'une école déserte : « Ici, il n'y a pas de chauffage, ni de connexion internet, ou d'électricité, et personne pour venir remplir le réservoir du générateur, alors on reste fermés ». Face à la crise, les écoles de Kyiv resteront d'ailleurs fermées pour les jours à venir : les vacances scolaires ont été prolongées jusqu'à début février, afin que les élèves puissent rester hors de la ville s'ils en ont la possibilité.
    À lire aussiUkraine: à Kiev, les écoles fermées jusqu'au 1er février après des frappes sur les infrastructures énergétiques
    Dans l'un de ses derniers communiqués, l'entreprise DTEK, premier fournisseur privé d'électricité, prévient ses usagers : « Les calendriers de coupures d'électricité ne sont pas valables actuellement : la grille énergétique de la ville fonctionne toujours en état d'urgence, il n'y a pas assez d'énergie. (...) Jamais une telle chose ne s'est produite à l'échelle mondiale. Depuis un mois, il n'y a pas eu un seul jour sans panne d'électricité, et nos ingénieurs ont la charge historique de nous remettre sur pied ».
    Du côté du gouvernement, Denys Shmyhal, nouveau Ministre de l'Énergie, promet de restaurer les infrastructures au plus vite, mais met également en garde contre de nouvelles frappes russes, « y compris sur l'infrastructure qui garantit le fonctionnement des centrales nucléaires ».
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    La Lettonie a mis fin à la diffusion de nouvelles en russe par les médias publics

    21/1/2026
    En Lettonie, ni la radio ni la télévision du service public ne diffusent plus de nouvelles en russe. Une décision prise au nom de la sécurité nationale en 2023 et entrée en vigueur le 1er janvier de cette année. Le déclenchement de la guerre à grande échelle contre l’Ukraine a été le catalyseur de nombreuses décisions diminuant la place de la langue russe dans la société, qui compte une forte minorité russophone. Mais celle concernant les médias suscite des interrogations, surtout dans le milieu journalistique.
    De notre correspondante à Riga,
    Le reportage est à retrouver dans son intégralité sur le site de RFI dans le podcast Accents d’Europe.  
     
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    L'Espagne mise sur l'immigration légale pour revitaliser ses campagnes et contrer la baisse des naissances

    20/1/2026
    Pour lutter contre la baisse des naissances, l'Espagne a fait le pari d'une immigration légale et choisie. Deux millions d'étrangers pour la plupart originaires d'Amérique latine se sont installés en Espagne au cours des sept dernières années. C'est le cas dans la région de Zamora, en Castille-et-León, dans le nord de l'Espagne, où, depuis 2022, une entreprise céréalière fait venir des conducteurs de camions du Pérou ou de Colombie. Ces embauches ont permis de remettre à flot le céréalier et, au passage, de redonner vie au village de Bóveda de Toro.
    De notre envoyée spéciale à Zamora,
    Ce reportage est à retrouver dans son intégralité dans le podcast Accents d'Europe ou à écouter sur notre antenne à 17H10 TU.
     
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    Parole d'Américains, un an après le retour de Donald Trump au pouvoir

    19/1/2026
    20 janvier, un an après son retour au pouvoir avec les droits de douane et l'immigration, Donald Trump a fait de la politique étrangère un marqueur de son deuxième mandat. Négociations agressives sur Gaza et l'Ukraine, frappes en Iran, intervention musclée au Venezuela… Douze mois plus tard, comment la diplomatie Trump résonne-t-elle auprès des électeurs républicains ? Tour de table avec Vincent Souriau à Charleston, la capitale de l'État de Virginie-Occidentale.
    De notre envoyé spécial à Charleston, 
    Son coup d’éclat, c’est le Venezuela avec l’enlèvement de Nicolas Maduro. Ces électeurs qui ont voté Donald Trump à la présidentielle soutiennent sa décision et reprennent l’argument avancé par la Maison Blanche, celui de la lutte contre le trafic de drogue.
    « J'aime bien ce qu'il a fait au Venezuela. Je pense que c'est ce qu'on doit faire parfois : montrer les muscles. Ce type faisait entrer de la drogue chez nous et dans d'autres pays. Et quand vous portez atteinte aux intérêts des États-Unis, il faut y aller. On y va », lâche un électeur.
    « Le Venezuela faisait circuler plein de drogues qui tuaient des Américains. Je pense qu'il a bien fait. On a toujours eu l'audace d'être forts et on a toujours eu cette puissance. Mais ces quatre dernières années, on s'est affaibli à cause d'un dirigeant faible. Aujourd'hui, on a un président fort qui utilise tout le savoir-faire américain, qui valorise notre armée, nos militaires et c'est très bien comme ça », détaille un autre citoyen favorable à la politique de Donald Trump.
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    « On devrait s'occuper de nos affaires »
    Beaucoup plus circonspecte, cette électrice républicaine a voté Trump, elle aussi. Mais ce n’était pas son premier choix. Elle a adoré, dit-elle, les deux présidents Bush. En 2024, elle aurait préféré élire Nikki Haley, l’ancienne ambassadrice américaine à l’ONU. Et elle ne comprend pas du tout le positionnement de la Maison Blanche.
    « Je suis une républicaine convaincue, mais sur le fond, essayer d'acheter d'autres pays ou ce genre de choses, je ne vois pas pourquoi on aurait besoin de ça. Il ne nous appartient pas d'acheter le Groenland. Et le Venezuela, je ne pense pas que ça soit notre place. Les États-Unis devraient rester dans leur couloir. On devrait s'occuper de nos affaires. J'imagine que c'est pour avoir de meilleurs prix sur le pétrole. Mais pourquoi on irait le prendre chez les autres ? Pourquoi on pense qu'on pourrait s'emparer d'un autre pays ? »
    Attention, prévient quant à lui cet électeur indépendant qui a voté Trump en 2016, mais pas en 2024. À force de provocations, le président américain, dit-il, est en train de provoquer l’isolement des États-Unis.
    « Au début, je pensais que ce serait un président focalisé sur l'économie qui mettrait sa connaissance du commerce au service des intérêts des États-Unis. Maintenant, je trouve qu'il essaie de contrôler des choses au-delà de ce qui devrait être sa sphère d'influence. Ma plus grande inquiétude, c'est qu'il nous fasse sortir de l'Otan. Un grand pays comme le nôtre doit conserver de bonnes relations avec les membres de l'Otan. »
    Le seul dénominateur commun chez l’ensemble de nos interlocuteurs : des doutes à propos des manières de Donald Trump à qui ils reprochent de manquer de tact et d’empathie.
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Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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