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- Lorsque vous regardez Superman voler dans le ciel, vous savez parfaitement qu’un être humain ne peut pas voler. Pourtant, pendant deux heures, cette impossibilité ne vous empêche pas de suivre l’histoire, de vous inquiéter pour le héros ou d’être ému par ce qui lui arrive.
Votre cerveau l'accepte provisoirement. Et ce mécanisme porte un nom: la « suspension consentie de l’incrédulité ». Oui ! Je vous explique.
D'abord, sachez que l’expression vient du poète anglais Samuel Taylor Coleridge. En 1817, il évoque cette « willing suspension of disbelief ». Et l’idée est assez simple. Pour profiter d’une œuvre de fiction, nous acceptons temporairement de mettre de côté notre scepticisme face à certains éléments irréalistes ou impossibles. Nous savons que ce que nous voyons ou lisons est inventé, mais nous acceptons de jouer le jeu.
Mais cette suspension de l’incrédulité a des limites.
En effet une fiction peut être totalement fantastique mais elle doit respecter ses propres règles. Imaginons qu’un roman explique pendant 300 pages que les sorciers ne peuvent devenir invisibles qu’en utilisant une cape magique. Puis, à la dernière page, le héros devient soudainement invisible simplement parce qu’il le souhaite, sans aucune explication.
Le lecteur risque alors de se dire que cela n'a aucun sens.
Curieusement, le problème n’est pas que l’invisibilité soit impossible dans la réalité. Le lecteur avait déjà accepté cette impossibilité. Le problème est que l’histoire vient de violer les règles qu’elle avait elle-même établies.
C’est pourquoi la cohérence est souvent plus importante que le réalisme.
Notre cerveau est ainsi capable de maintenir simultanément deux niveaux de compréhension : nous savons qu’une histoire est fictive tout en réagissant émotionnellement comme si ses événements avaient une importance réelle. et voilà pourquoi nous pouvons pleurer devant la mort d’un personnage dont nous savons parfaitement qu’il n’a jamais existé.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Avec son nom, on pourrait croire que Paris Match était à l’origine un journal consacré à des compétitions sportives organisées dans la capitale. Et ce n’est pas complètement absurde, car le mot « Match » vient effectivement… du sport.
L’histoire commence en 1926 avec la création d’un hebdomadaire français simplement appelé Match. À cette époque, il s’agit essentiellement d’un journal sportif. Son nom est donc parfaitement logique : en français, le mot anglais « match » est déjà couramment employé pour désigner une rencontre sportive.
Mais tout change à la fin des années 1930.
En 1938, le puissant patron de presse Jean Prouvost rachète Match. Il possède déjà plusieurs journaux et souhaite créer en France un grand magazine illustré capable de raconter l’actualité grâce à la photographie. Il s’inspire notamment du célèbre magazine américain Life, lancé deux ans auparavant.
Match abandonne alors progressivement sa vocation sportive. Ses pages se remplissent de reportages, d’actualité internationale et surtout de grandes photographies. La Seconde Guerre mondiale interrompt cependant cette aventure : le magazine cesse de paraître en 1940.
Après la guerre, Jean Prouvost décide de reprendre son projet. Le 25 mars 1949 paraît le premier numéro d’un nouvel hebdomadaire : Paris Match.
Mais pourquoi avoir ajouté « Paris » ?
Le choix n’est pas totalement nouveau. Avant-guerre, Jean Prouvost avait déjà utilisé le nom Paris-Match pour une publication liée à la radio. En 1949, il récupère donc cette appellation pour son nouvel hebdomadaire.
Le mot « Paris » présente aussi un immense avantage commercial. À l’époque, la capitale française bénéficie d’un prestige international exceptionnel. Paris évoque la mode, le cinéma, les artistes, l’élégance et la vie culturelle. Ajouter son nom permet donc de donner au magazine une identité immédiatement reconnaissable, y compris à l’étranger.
Quant au mot « Match », il reste comme un héritage du journal sportif des origines, même si le nouveau magazine n’a plus grand-chose à voir avec le sport.
Paris Match va surtout devenir célèbre pour une formule journalistique fondée sur la puissance des images. Guerres, élections, stars de cinéma, familles royales, catastrophes ou grands événements : l’actualité doit être racontée comme une histoire et montrée au lecteur grâce à des photographies spectaculaires.
Cette philosophie sera résumée des décennies plus tard par un slogan devenu célèbre : « Le poids des mots, le choc des photos ».
Ainsi, derrière le nom Paris Match se cache un morceau d’histoire de la presse française : celui d’un simple journal sportif devenu l’un des grands magazines d’actualité illustrés du XXe siècle.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Si vous achetez un appartement ou une maison en France, vous entendrez probablement parler de « compromis de vente » et de « promesse de vente ». Dans le langage courant, on utilise parfois ces expressions comme si elles désignaient la même chose. Pourtant, juridiquement, la différence est importante.
Commençons par le compromis de vente.
Son principe peut se résumer par une célèbre formule du Code civil : « la promesse de vente vaut vente ». Dans un compromis, le vendeur s’engage à vendre le bien et l’acheteur s’engage à l’acheter. Les deux parties sont donc engagées réciproquement, sous réserve des conditions prévues dans le contrat.
Prenons un exemple.
Vous signez un compromis pour acheter un appartement 300 000 euros. Le vendeur ne peut normalement plus décider, quelques jours plus tard, qu’il préfère finalement conserver son logement. De votre côté, vous ne pouvez pas non plus simplement renoncer à l’achat une fois vos droits légaux expirés.
Il existe cependant plusieurs protections pour l’acheteur.
Lorsqu’il s’agit d'un logement et que l’acheteur est un particulier, celui-ci dispose notamment d’un délai légal de rétractation de dix jours. Le compromis contient aussi généralement des conditions suspensives. Par exemple, si l’achat doit être financé par un crédit et que la condition correspondante est prévue, le refus du prêt peut permettre à l’acheteur de ne pas poursuivre la transaction.
La promesse unilatérale de vente fonctionne différemment.
Cette fois, c’est principalement le vendeur qui s’engage. Il promet de vendre son bien à une personne déterminée, à un prix déterminé, pendant une certaine durée.
L’acheteur, appelé bénéficiaire, dispose alors d’une option.
Pendant le délai prévu, il peut décider d’acheter le logement : on dit qu’il « lève l’option ». Mais il peut également décider de ne pas acheter.
En contrepartie de cette liberté, la promesse prévoit souvent une indemnité d’immobilisation, fréquemment fixée autour de 5 à 10 % du prix. Si l’acheteur renonce en dehors des situations lui permettant de récupérer cette somme, il peut la perdre.
Retenez donc une distinction très simple.
Avec le compromis, vendeur et acheteur s’engagent l’un envers l’autre.
Avec la promesse unilatérale, le vendeur s’engage à vendre tandis que l’acheteur conserve, pendant un certain temps, le choix d’acheter ou non.
Dans les deux cas, l’avant-contrat constitue une étape essentielle de la transaction. Il fixe notamment le prix, décrit le bien et précise les conditions de la vente avant la signature définitive chez le notaire.
Autrement dit, compromis et promesse peuvent conduire exactement au même endroit : l’achat du logement.
Mais juridiquement, ils n’empruntent pas tout à fait le même chemin.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Imaginez un match de football sans penalty. Un défenseur pourrait volontairement arrêter de la main un ballon qui se dirige vers le but, ou faire tomber un attaquant sur le point de marquer, sans risquer cette sanction que tous les joueurs redoutent aujourd’hui.
Et pourtant, lorsque le penalty fut proposé à la fin du XIXe siècle, beaucoup estimèrent qu’il était tout simplement inutile.
L’histoire commence en Irlande, en 1890.
À cette époque, le football possède déjà des règles relativement précises, mais il n’existe encore aucune sanction équivalente au penalty actuel. En cas de faute près du but, l’équipe adverse peut obtenir un coup franc. Mais cela ne suffit pas toujours à décourager les défenseurs de commettre volontairement une faute pour empêcher un but.
C’est alors qu’un gardien de but irlandais, William McCrum, imagine une solution.
McCrum joue pour le Milford Football Club, dans le comté d’Armagh. Son idée est simple : lorsqu’un joueur commet volontairement une faute à proximité de son propre but, l’équipe adverse doit bénéficier d’un tir direct face au gardien. Une sanction suffisamment dangereuse pour rendre la faute beaucoup moins intéressante.
Mais sa proposition provoque des résistances.
Pourquoi ?
Parce qu’à cette époque, le football reste profondément marqué par la culture britannique du « gentleman ». Le sport est censé reposer sur le fair-play et l’honneur. Pour certains dirigeants, imaginer une règle sanctionnant une faute volontaire revient donc à admettre qu’un joueur puisse délibérément tricher.
Or, selon eux, un véritable gentleman ne ferait jamais une chose pareille.
La presse britannique aurait même surnommé cette proposition la « death penalty », tant elle paraissait sévère.
Mais la réalité du terrain finit rapidement par donner raison à McCrum. Les enjeux des matchs augmentent et les fautes volontaires existent bel et bien.
En 1891, l’International Football Association Board, l’organisme chargé de fixer les règles du football, adopte finalement le penalty.
Il est cependant assez différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. À l’origine, le tireur peut frapper depuis n’importe quel endroit situé sur une ligne tracée à environ 11 mètres du but. Ce n’est que plus tard que le point de penalty et la surface de réparation prendront leur forme moderne.
L’histoire du penalty raconte donc quelque chose de plus large sur l’évolution du football.
À ses débuts, on pensait que l’honneur des joueurs pouvait suffire à garantir le respect des règles.
William McCrum, lui, avait compris qu’un sport compétitif avait aussi besoin de sanctions.
Et qu’en football, même les gentlemen peuvent parfois être tentés d’empêcher un but par tous les moyens.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - La démocratie recule dans le monde. C’est du moins ce que montre le dernier « indice de démocratie » publié par l’Economist Intelligence Unit, ou EIU.
Cet indice existe depuis 2006 et cherche à mesurer le niveau de démocratie dans 167 pays et territoires. Pour cela, les chercheurs utilisent 60 indicateurs répartis en cinq grandes catégories : le fonctionnement des élections, les libertés civiles, le fonctionnement du gouvernement, la participation politique et enfin la culture politique.
Chaque pays reçoit ensuite une note sur 10.
Et en 2025, la moyenne mondiale est tombée à 5,16 sur 10 : le niveau le plus faible jamais enregistré depuis la création de l’indice.
Plus spectaculaire encore : seulement 6,6 % de la population mondiale vit désormais dans ce que l’EIU appelle une « démocratie complète ». Dix ans auparavant, cette proportion était presque deux fois plus élevée. À l’inverse, près de 40 % de l’humanité vit aujourd’hui sous un régime qualifié d’autoritaire.
Alors, comment expliquer ce recul ?
Il ne signifie pas simplement que des élections disparaissent. Dans de nombreux pays, elles continuent d’exister. Le problème est plutôt que certains des mécanismes indispensables à une véritable démocratie s’affaiblissent.
Dans certains États, les gouvernements exercent davantage de pression sur les médias, la justice ou l’opposition. Ailleurs, les élections restent compétitives, mais la confiance dans les institutions diminue fortement.
Un autre phénomène joue un rôle important : la polarisation politique. Lorsque deux camps deviennent extrêmement hostiles l’un envers l’autre, le compromis devient plus difficile. Or une démocratie ne repose pas uniquement sur le fait de voter. Elle suppose également d’accepter les règles du jeu, la légitimité de l’opposition et, surtout, la possibilité de perdre une élection.
Même les démocraties occidentales ne sont donc pas épargnées.
Les États-Unis, par exemple, ne sont plus classés comme une « démocratie complète » depuis 2016, mais comme une « démocratie imparfaite ». La France oscille elle aussi autour de la frontière entre ces deux catégories.
Il faut toutefois garder une nuance essentielle : cet indice n’est pas une mesure scientifique absolue de la démocratie. C’est un outil de comparaison construit à partir de critères et d’évaluations qui peuvent être discutés.
Mais son évolution sur près de vingt ans révèle une tendance préoccupante : le recul ne concerne pas seulement le nombre de démocraties.
Il touche aussi leur qualité.
Autrement dit, la démocratie peut s’affaiblir sans disparaître brutalement. Les élections continuent, les institutions restent en place, mais progressivement, la confiance, les libertés et les contre-pouvoirs peuvent s’éroder.
Et c’est précisément cette lente érosion que l’indice cherche aujourd’hui à mesurer.
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