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Revue de presse Afrique

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    À la Une: les États-Unis entrouvrent la porte aux produits africains

    05/2/2026
    « L’Afrique reste dans le jeu commercial américain », s’exclame le site L’Economiste maghrébin. « Petit ouf de soulagement en Afrique. L’AGOA a été reconduit pour une période d’un an, c’est-à-dire jusqu’au 31 décembre de cette année. »
    Le mois dernier, rappelle Le Monde Afrique, « la Chambre des représentants avait voté la reconduction de l’AGOA pour trois ans, mais les sénateurs ont ramené la durée à un an. L’AGOA est une pièce maîtresse des relations commerciales entre les Etats-Unis et les pays africains. Ce traitement commercial préférentiel avait été lancé en 2000 sous la présidence du démocrate Bill Clinton. Il permet aux pays africains d’exporter de nombreux produits vers les Etats-Unis sans droits de douane, s’ils respectent une série de conditions (pluralisme politique, respect des droits humains, lutte contre la corruption…). Une trentaine de pays sur la cinquantaine du continent africain bénéficient en théorie de l’accord, qui couvre un large éventail de produits allant de l’habillement à l’igname en passant par les voitures. »
    Contrer les Chinois…
    Alors pourquoi avoir réactivé l’AGOA ? Le Pays au Burkina a sa petite idée : « Donald Trump avait fait de la réactivation de cet accord un moyen de chantage, notamment sur les pays africains, dans le cadre de la guerre commerciale mondiale qu’il a déclarée dès son retour au Bureau ovale. Sauf que cette stratégie hégémonique ne s’est pas révélée très payante. Puisque les pays concernés, loin de se plier aux desiderata de l’Oncle Sam, se sont plutôt montrés pragmatiques, (…) en traitant avec d’autres puissances telles que la Chine, la Russie, le Japon, l’Arabie Saoudite, ou encore le Qatar. Le président milliardaire (…) ne pouvait donc pas se permettre de se passer indéfiniment d’une trentaine de pays, donc d’une trentaine de marchés, et encore moins prendre l’énorme risque de laisser son adversaire le plus redoutable qu’est la Chine, contrôler seul ce vaste terrain d’opportunités. »
    Peu de pays concernés et beaucoup de contreparties…
    « L’Afrique a-t-elle vraiment de quoi se réjouir ? », s’interroge pour sa part Ledjely en Guinée. « En 2024, l’Afrique a exporté pour plus de 8 milliards de dollars de marchandises vers les Etats-Unis. Mais ces flux restent concentrés sur un nombre restreint de pays. L’Afrique du Sud, le Nigeria, le Kenya et le Lesotho figurent parmi les principaux bénéficiaires de l’accord. Pour ces pays, les retombées économiques ne sont donc pas négligeables.
    Mais, relève Ledjely, à l’échelle de l’ensemble du continent, elles demeurent marginales. Cette réalité s’explique en grande partie par la faiblesse structurelle de l’industrialisation africaine, qui limite la capacité de nombreux Etats à tirer profit d’un accès préférentiel aux marchés extérieurs. En ce sens, l’AGOA apparaît davantage comme un levier ponctuel que comme un véritable moteur de transformation économique. A cela, pointe encore Ledjely, s’ajoutent des conditions politiques et stratégiques qui suscitent de sérieuses interrogations. Selon plusieurs sources, la réactivation de l’accord serait notamment liée à la volonté de Washington de voir certains pays africains accueillir des migrants que les Etats-Unis ne souhaitent plus garder sur leur sol, une question particulièrement chère à Donald Trump. La question aurait été explicitement soumise au Ghana. »
    Enfin, pour l’économiste béninois Khalid Igué, interrogé par Le Point Afrique, « renouveler l’accord pour une seule année le rend précaire, mais c’est mieux que rien. Cette période peut servir de transition, durant laquelle nous, pays africains, devons montrer aux États-Unis tout l’intérêt qu’ils auraient à rendre l’accord durable. Nous ne pouvons pas nous passer du marché américain, souligne-t-il. Mais eux non plus ne peuvent se passer de l’Afrique et de ses ressources. »
    RDC : l’AFC/M23 revendique l’attaque de l’aéroport de Kisangani
    À la Une également, l’attaque de drone le week-end dernier sur l’aéroport de Kisangani dans l’est de la RDC… C’était bien l’AFC/M23. Le groupe rebelle a revendiqué l’attaque. « L’AFC/M23 affirme avoir détruit le centre de commandement des drones militaires. De fait, relève Jeune Afrique, la zone militaire de l’aéroport de Kisangani abrite des drones chinois et turcs utilisés par les Forces armées congolaises. De son côté, le gouvernement local de la province de la Tshopo affirme que les drones ont été neutralisés avant d’atteindre leur cible. »
    En tout cas, cette incursion en territoire congolais, à 700 km de Bukavu, contrôlée par les rebelles, montre que « l’AFC/M23 intensifie la bataille de l’air », pointe le site panafricain. « Le groupe armé veut démontrer qu’il a la capacité de se projeter bien au-delà de la zone qu’il contrôle. »
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    À la Une: qui a tué Saïf al-Islam Kadhafi?

    04/2/2026
    Saïf al-Islam Kadhafi, 53 ans, l’un des fils de l’ex-dictateur libyen Mouammar Kadhafi, a donc été assassiné hier dans sa maison à Zintan, à 170 km au sud-ouest de Tripoli dans le nord-ouest de la Libye. C’est ce qu’a annoncé son avocat et conseiller Abdullah Othman Abdurrahim. Information répercutée par la chaîne Libya Al-Ahrar. Les circonstances de son décès restent toutefois encore floues.
    D’après l’avocat, rapporte le site algérien TSA, « Saïf al-Islam a été assassiné par quatre hommes armés qui ont pris d’assaut sa résidence après avoir neutralisé les caméras de surveillance. Il aurait résisté, se serait battu, avant de succomber. »
    De son côté, relate Afrik.com, « Hamid Kadhafi, cousin de Saïf al-Islam, a déclaré que ce dernier était “tombé en martyr“, reconnaissant toutefois ne disposer d’aucune information supplémentaire. »
    Retour au site algérien TSA qui précise que « la mort du fils de Kadhafi survient alors que la ville de Zintan est en proie à des affrontements entre les groupes armés qui s’entretuent en Libye depuis la chute et la mort du Guide en 2011. La Brigade 444 (l’une des factions armées les plus puissantes en Libye affiliée au gouvernement de Tripoli) a pour sa part "catégoriquement" nié toute implication dans les affrontements qui ont eu lieu dans la ville et toute implication dans la mort de Saïf al-Islam Kadhafi. »
    À lire aussiDécès de Saïf al-Islam Kadhafi: retour sur la trajectoire contrariée d'une succession libyenne
    De l’ouverture à la répression…
    Le Monde Afrique revient sur le parcours ces dernières années de Saïf Al-Islam : « recherché par la CPI pour crimes contre l’humanité, il avait été arrêté dans le Sud libyen en 2011. Longtemps détenu à Zintan, il avait été condamné à mort en 2015 à l’issue d’un procès expéditif pour son rôle dans la répression du soulèvement contre son père, avant de bénéficier d’une amnistie. Jusqu’à l’annonce de sa mort, on ne savait pas où il se trouvait. En 2021, bien qu’il ait été recherché, il avait déposé sa candidature à la présidentielle, misant sur le soutien des nostalgiques de l’ancien régime. L’élection ne s’était finalement pas tenue. »
    « Saïf al-Islam Kadhafi a longtemps été perçu comme le successeur naturel de son père, complète Afrik.com, incarnant une façade moderniste et réformatrice du régime. Formé en Occident, il avait tenté, avant 2011, de projeter l’image d’un dirigeant ouvert au dialogue et aux réformes. Cette réputation s’était brutalement effondrée au début du soulèvement libyen, lorsqu’il avait prononcé un discours resté célèbre, promettant des “bains de sang“ face aux manifestants. Depuis, son nom est indissociable des violences ayant accompagné la répression du soulèvement populaire. »
    Assassinat politique, crapuleux ?
    Alors, poursuit Afrik.com, « la mort de Saïf al-Islam Kadhafi soulève de nombreuses questions : qui avait intérêt à son élimination ? Était-il encore un acteur politique susceptible de peser sur l’avenir libyen ou bien un témoin gênant dans des dossiers sensibles, notamment internationaux ? En l’absence de communication officielle des autorités libyennes et d’enquête indépendante confirmée, le décès de Saïf al-Islam Kadhafi s’ajoute à la longue liste des zones d’ombre qui entourent la transition libyenne. »
    Assassinat politique ? Peut-être… « Ses ambitions présidentielles, il y a quelques années, souligne Aujourd’hui à Ouagadougou, lui avaient valu beaucoup d’inimitiés, à commencer par celle du maréchal Haftar avec qui il avait rompu les ponts. »
    « Faut-il attribuer sa mort à l’insécurité ambiante qui règne à Zintan ? », s’interroge pour sa part Ledjely en Guinée. « L’hypothèse paraît peu crédible. Saïf al-Islam Kadhafi était une cible trop symbolique pour que son exécution relève d’un simple crime crapuleux. (…) Le mystère s’épaissit davantage lorsque l’on sait que la ville de Zintan n’est pas contrôlée par le maréchal Haftar, dont la zone d’influence se situe à l’est du pays. Mais rien n’indique non plus que le gouvernement d’unité nationale, basé à Tripoli, dirigé par Abdelhamid Dbeibah et reconnu par l’ONU, ait eu intérêt à éliminer le fils de l’ancien Guide. D’autant plus qu’en 2021, Abdelhamid Dbeibah avait personnellement œuvré à la libération de Saadi Kadhafi, le frère cadet de Saïf al-Islam. »
    Enfin autre hypothèse, pointe WakatSéra : « les ramifications de cet assassinat pourraient être internationales, Saif étant vu comme une boîte noire du régime Kadhafi et qui pourrait détenir bien des secrets sur les “grands“ de ce monde. »
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    À la Une : insécurité constante et brouillard diplomatique dans l’est de la RDC

    03/2/2026
    L’aéroport stratégique de Kisangani, grande ville du nord-est de la RDC, a été ciblé ce week-end par une attaque de drones kamikazes. Huit d’entre eux ont pu être abattus. L’attaque n’a pas été revendiquée mais les autorités locales accusent le M23 et Kigali d’en être à l’origine.
    Que cherchent le Rwanda et le mouvement rebelle ? Pour Ledjely à Conakry, « loin de chercher une véritable désescalade, ils semblent plutôt engagés dans une stratégie visant à affaiblir méthodiquement les capacités militaires du camp adverse. Le choix de cibler l’aéroport de Kisangani n’a, à cet égard, rien d’anodin. Cette infrastructure constitue un maillon stratégique essentiel dans le dispositif de riposte des autorités congolaises. C’est notamment depuis cette plateforme que décollent les aéronefs et les avions de chasse utilisés par les forces armées de la RDC pour frapper les positions tenues par les rebelles soutenus par le Rwanda. »
    Et « le fait qu’un mouvement rebelle soit en mesure de se procurer et de déployer des drones kamikazes est très inquiétant, souligne encore Ledjely. Cette évolution marque un saut qualitatif préoccupant dans l’arsenal du M23 et révèle l’ampleur des soutiens dont il bénéficie. Elle en dit long sur les ambitions de l’ennemi auquel le président Félix Tshisekedi est confronté et sur la complexité croissante du conflit. »
    Le retour de la diplomatie continentale ?
    Sur le plan diplomatique, « c’est le grand flou », s’exclame Afrikarabia. « Aux abonnés absents depuis l’échec des processus de paix de Nairobi et Luanda, l’Union africaine et l’Angola font de nouveau entendre leur voix dans la crise congolaise. »
    Pour le site spécialisé sur la RDC, « ce retour de l’Afrique dans le conflit qui secoue l’Est de la RDC signe d’abord les échecs des processus de paix de Washington entre la RDC et le Rwanda, et de celui de Doha entre le gouvernement congolais et les rebelles de l’AFC/M23. La situation militaire s’est largement dégradée sur le terrain avec la prise d’Uvira par la rébellion en décembre, même si le M23 s’est récemment retiré de la deuxième ville du Sud-Kivu. Le come-back de l’Angola et de l’Union africaine sonne aussi comme un retour à la case départ. Dos au mur et sans solution militaire, constate Afrikarabia, Félix Tshisekedi a donc décidé de relancer ses “frères africains“ pour tenter de peser à nouveau sur les rebelles et leur soutien rwandais. »
    Contrats tous azimuts !
    Le président congolais qui joue également les VRP, « avec dans ses valises de juteux contrats miniers. » C’est ce que relève Aujourd’hui à Ouagadougou. « Première escale hier : les Emirats Arabes Unis, avec un contrat sur l’exploitation d’or. Et deuxième séjour aux États-Unis demain pour ressusciter l’accord mort-né de décembre dernier qui devait faire taire les armes. » Et pour réactiver les contrats miniers qui allaient de pair…
    En effet, à Washington, Félix Tshisekedi devrait retrouver ses homologues kenyan et guinéen pour un sommet sur les ressources stratégiques.
    L’ogre américain…
    Commentaire du quotidien Le Pays, toujours au Burkina Faso : « la présence de pays africains à ce sommet de Washington est bien la preuve que dans la “merde“, il y a aussi de bonnes choses à tirer (référence à la fameuse phrase de Donald Trump qualifiant les nations du continent de “pays de merde“). Et ce n’est pas Donald Trump qui dira le contraire, poursuit le quotidien burkinabé. Lui qui conditionne son aide à la sécurisation de l’Est de la RDC, contre une facilité d’accès de son pays aux minerais rares de ce vaste pays d’Afrique centrale. »
    Reste à savoir maintenant, pointe encore Le Pays, « si la RDC, le Kenya et la Guinée sauront défendre leurs intérêts devant l’ogre américain. La question est d’autant plus fondée que l’Afrique a souvent souffert du déséquilibre des accords dans ses rapports de coopération avec les pays occidentaux. Et quand, dans le meilleur des cas, le continent noir ne se retrouve pas avec la portion congrue du gâteau, c’est souvent pour assister, impuissant, au pillage de ses ressources naturelles par les grandes puissances. »
    En tout cas, pour en revenir à la RDC, cette tournée de Félix Tshikekedi aux Emirats Arabes Unis et aux États-Unis, « montre sa volonté de transformer le conflit à l’Est en une lutte pour la souveraineté économique. » C’est ce que souligne Afrik.com : « en renforçant les liens directs avec les destinations finales de ses richesses naturelles, le pouvoir congolais mise sur la diplomatie commerciale. L’objectif, pointe le site panafricain, est d’affaiblir les réseaux de financement des groupes armés. Cette stratégie vise aussi à stabiliser durablement les frontières tout en développant l’économie nationale. »
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    À la Une: Félix Tshisekedi affirme son ouverture à un dialogue inclusif et apaisé en RDC

    02/2/2026
    Félix Tshisekedi a affirmé ce weekend son ouverture à un dialogue inclusif et apaisé en République démocratique du Congo. Le président s'est exprimé sur le sujet à l'occasion d’une cérémonie d’échange de vœux organisée à Kinshasa, avec les ambassadeurs et diplomates accrédités en RDC. « Pour le chef de l’État, si ce dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national et serait conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, des lois et règles démocratiques qui fondent le pacte national », analyse le média congolais Radio Okapi.
    En résumé, « Dialogue oui, complaisance non » titre Le Potentiel. « Félix Tshisekedi trace ses lignes rouges », commente le journal congolais. Le président « refuse toute confusion entre cohésion nationale et amnésie politique. Pas question, pour lui, d’inviter à la table de la République ceux qu’il accuse de nourrir la rébellion armée... »
    Face à la guerre qui ravage l’est de la RDC, l’appel à l’unité nationale s’est imposé comme un impératif, non seulement pour faire face à la menace sécuritaire, mais aussi pour contenir les fractures politiques internes.
    Mais ce dialogue national pour la Paix en RDC « risque de n’être qu’un exercice cosmétique », commente la presse. Dans les colonnes Édito du journal burkinabé Le Pays, on s'interroge : n'est-ce pas là un serpent de mer politique ? « Kinshasa n’entend pas marchander avec ceux qu’elle considère comme des relais d’agendas régionaux hostiles. Cette ligne rouge tracée par Félix Tshisekedi (...) se heurte néanmoins à une réalité brutale. Les acteurs ainsi exclus sont précisément ceux qui tiennent les armes, contrôlent des territoires et administrent des populations, avec, en arrière-plan, l’ombre persistante du Rwanda. Dès lors, une question centrale s’impose : comment prétendre régler une guerre en excluant de la table, ceux qui la font ? Dans ce contexte, proclamer un retour à la paix, relève presque de l’incantation (...) »
    Le président de la RDC, a par ailleurs réagi publiquement ce weekend, à la suite de la reconnaissance officielle par le Rwanda d’une coordination sécuritaire avec le groupe rebelle AFC/M23. Afrik.com y voit un nouveau chapitre dans la crise persistante de l’est de la RDC. « Pour le président congolais, cette reconnaissance [par Kigali] ne saurait être réduite à un simple exercice de communication diplomatique ».
    Le chef d’État congolais a fait explicitement référence au droit international et aux résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU. Pour Kinshasa, l’aveu rwandais confirme l’existence d’un appui déterminant à un mouvement armé insurrectionnel, violant le principe de souveraineté nationale.  
    Quel secrétaire général pour l’Organisation internationale de la Francophonie ?
    L’Organisation internationale de la Francophonie laisse aussi entrevoir une nouvelle passe d’armes entre la RDC et le Rwanda. La désignation du prochain secrétaire général de l’OIF est prévue lors du sommet de la Francophonie, organisée en novembre 2026 au Cambodge. Et la RDC a annoncé son intention de candidater au poste de secrétaire général.
    Désormais, c’est une bataille diplomatique d’ampleur qui se dessine, notamment face au Rwanda. Kigali soutient en effet la reconduction de l’actuelle secrétaire générale, Louise Mushikiwabo, pour un troisième mandat.
    Afrik.com analyse cette stratégie de la RDC : « Il s’agit de renforcer l’influence du pays sur la scène internationale, mais aussi de promouvoir une Francophonie plus attentive aux défis sécuritaires, politiques et de développement auxquels sont confrontés plusieurs de ses États membres ».
    « Les pays africains membres de l’OIF seront-ils favorables à une alternance ? » Interroge pour sa part Jeune Afrique... « On ne défie aucun pays, mais nous voulons réaffirmer notre place », souligne une source à la présidence congolaise.
    Un Grammy Award décerné pour la première fois à un artiste africain
    Dans la presse africaine également ce matin, on revient sur le Grammy Award décerné pour la première fois à un artiste africain. « Le symbole est assez extraordinaire pour passer inaperçu », souligne Wakatsera. La légende nigériane Fela Kuti, le père de l’Afrobeat, a été récompensé à titre posthume avant la cérémonie des Grammy, pour avoir rendu éternel ce mélange de jazz, de funk, et de musiques traditionnelles de son terroir nigérian.
    Une question persiste toutefois : mais pourquoi de son vivant, Fela n’a-t-il pas été lauréat du Grammy ? « Il en a avait pourtant l’étoffe ! commente Wakatsera... « Mais la musique et les musiciens africains n’avaient, et n’ont, certainement pas les mêmes chances de promotion que ceux de l’Europe ou des États-Unis. Le pape de l’Afrobeat n’avait visiblement pas, aux yeux des organisateurs des Grammy Awards l’envergure mondiale de Beyoncé (...) » « Un Grammy à titre posthume, c’est toujours une marque de reconnaissance mondiale pour Fela, mais les artistes africains contemporains de valeur, il en existe bien et il faut espérer qu’ils soient récompensés de leur vivant, et non 29 ans après leur mort ! »
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    À la Une: l’attaque sur l’aéroport de Niamey, dans la nuit de mercredi à jeudi

    30/1/2026
    « Vingt mercenaires neutralisés, 11 autres interpellés », titre ActuNiger, citant le ministère de la Défense, qui a donné d’autres précisions, assurant notamment que « le dispositif de sécurité de l’aéroport, appuyé par les forces de sécurité de la ville de Niamey, a permis de repousser vigoureusement l’attaque "avec promptitude et professionnalisme" ». Le ministère de la Défense,précise également « que dans leur fuite, les assaillants ont tiré à l’aveuglette, provoquant d’importants dégâts matériels, dont la destruction d’un stock de munitions qui a pris feu et endommagé trois aéronefs civils stationnés sur le tarmac de l’aéroport ».
    Afrik.com de son côté, décrit l’ambiance à Niamey, pendant l’attaque : « Une vive inquiétude s’est emparée de la ville après des échanges de tirs et de puissantes explosions survenus au cœur de la nuit dans un périmètre stratégique de la capitale nigérienne (…) Selon des témoins, ajoute encore Afrik.com, les détonations se sont succédé pendant près d’une heure (...) La situation a provoqué un mouvement de panique à l’aéroport international Diori-Hamani. Des passagers, craignant une attaque directe contre des installations civiles, ont quitté précipitamment les lieux, parfois à pied ».
    « Sponsors extérieurs »
    Le calme est ensuite revenu et quelques heures plus tard, le président Abdourahamane Tiani s’est rendu sur les lieux de l’attaque. C’est ce que raconte l'APA, l'Agence de Presse Africaine, selon laquelle « le président nigérien a salué la riposte des forces de défense et de sécurité, et lancé un avertissement aux États et personnalités qu’il considère comme ayant soutenu les assaillants… »
    « Dans un ton particulièrement offensif, poursuit l’APA, il a mis en cause ceux qu’il considère comme des sponsors extérieurs des assaillants et il a averti : "Nous rappelons aux sponsors de ces mercenaires, notamment Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara, que nous les avons suffisamment écoutés aboyer, et qu’ils s’apprêtent eux aussi, à leur tour, à nous écouter rugir" », a ajouté le président nigérien, sans plus de précisions.
    Zone des trois frontières
    De son côté, le média en ligne Les échos du Niger, remarque que « depuis des jours, les autorités et les services compétents sont en état d’alerte maximal, pour parer à toute éventualité, en raison du contexte d’insécurité ambiant qui n’épargne désormais plus Niamey, la capitale nigérienne qui est la plus proche de l’épicentre du foyer terroriste au Sahel que constitue, depuis quelques années, la zone dite des trois frontières, à cheval entre le Niger, le Burkina Faso et le Mali ».
    Qui est derrière cette attaque ? La question préoccupe également Jeune Afrique. « L’assaut n’a pas été revendiqué, remarque Jeune Afrique, mais le modus operandi, en particulier l’utilisation de drones, et son degré de coordination semblent pointer vers le Jnim, la branche sahélienne d’al-Qaïda dirigée par le Malien Iyag Ag Ghaly ».
    « Démonstration de force »
    Les assaillants n’auraient toutefois pas bénéficié de l’effet de surprise, car selon Jeune Afrique, « l’Agence Nationale de l’Aviation civile avait réuni, le vendredi 16 janvier, les différents acteurs de la plateforme aéroportuaire afin de statuer sur les mesures à prendre, compte tenu des menaces interceptées par les renseignements nigériens. À l’issue de la rencontre, un dispositif exceptionnel avait été mis en place, ce qui a sans doute contribué à limiter les dégâts provoqués par les assaillants ».
    Pas question toutefois de minimiser l’ampleur de l’attaque menée dans la nuit de mercredi à jeudi. Jeune Afrique estime en effet « qu’en démontrant leur capacité à frapper ainsi aussi proche de Niamey, à une dizaine de kilomètres de la présidence, et en parvenant à mener un assaut d’une telle ampleur sur des installations militaires stratégiques, les assaillants ont fait une démonstration de force ».

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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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Generated: 2/5/2026 - 7:13:45 PM