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- « Plus de trois ans après son arrestation, le chroniqueur et activiste Mohamed Youssouf Bathily, alias Ras Bath, a enfin vu son procès s’ouvrir lundi à Bamako, relève Afrik.com. À la barre, amaigri mais toujours combatif, il a rejeté les accusations qui pèsent sur lui, notamment "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l’État, de ses institutions et de ses gouvernants par le biais des technologies de l’information et de la communication", ainsi que des infractions à caractère racial, régionaliste ou religieux. »
Hier, pointe encore Afrik.com, « le ministère public a requis dix ans de prison ferme et 240 000 francs CFA d’amende contre Ras Bath. À l’encontre de sa coaccusée Rokia Doumbia, dite Rose Poivron, militante connue pour ses prises de position contre la vie chère, le parquet a demandé dix ans de prison, dont cinq avec sursis, ainsi qu’une amende de 240 000 francs CFA. La défense doit désormais présenter ses plaidoiries. »
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Important dispositif de sécurité
Pas de commentaire dans la presse malienne qui se contente de rapporter les réquisitions du ministère public. Le site Maliweb indique toutefois que le procès se déroule « sous haute surveillance. Un important dispositif de sécurité a été déployé autour de la cour d’appel de Bamako, dont l’accès a été strictement filtré. (…) Même le stationnement des motos aux abords de la Cour a fait l’objet de restrictions. Cette mesure intervient, précise Maliweb, après des mouvements de foule et des tensions enregistrés autour du tribunal lundi, au premier jour du procès. Malgré les restrictions, plusieurs partisans de Ras Bath et de Rokiatou Doumbia étaient en effet présents aux abords de la Cour. »
« Debout après trois ans de prison »
Le site Sahel Horizon, site d’opposition à la junte réalisé par des auteurs en exil, le site Sahel Horizon dénonce un simulacre de procès et met en avant le courage de Ras Bath : « À la barre, après trois ans de détention, il a prononcé cette phrase : "Je ne soutiendrai jamais des militaires qui ont pris les armes contre les institutions de la République ; je suis un anti-putsch et c’est clair." Il faut mesurer ce que cette phrase renverse, s’exclame Sahel Horizon. Elle n’est pas une provocation de prétoire, elle est une profession de foi constitutionnelle. (…) Cet homme a été poursuivi hier sous un pouvoir civil qu’il combattait ; il est jugé aujourd’hui sous un pouvoir militaire qu’il refuse. Il n’a pas changé de position quand la rue a changé d’humeur, et il n’est pas devenu le chantre de l’ordre nouveau quand tant d’autres, avocats hier de la démocratie, sont allés chercher un fauteuil dans les antichambres. C’est précisément cette cohérence qui gêne, pointe encore Sahel Horizon, bien plus que les mots eux-mêmes. Un opposant que l’on peut acheter n’est pas dangereux, il est utile. Un opposant qui reste debout après trois ans de prison est un problème politique. »
Fiction et réalité
Enfin, toujours à propos du Mali, cette charge à lire sur le site guinéen Ledjely contre les autorités militaires, intitulée « Le bilan et le mirage sécuritaire » : « Au Mali, il y a d’une part la fiction que les autorités ont tendance à servir. Et de l’autre, l’implacable réalité que le pays et les populations endurent au quotidien depuis cinq longues années, affirme Ledjely. La fiction s’incarne notamment dans le discours que le Premier ministre Abdoulaye Maïga a prononcé jeudi dernier, pour dresser un bilan forcément élogieux des cinq années de transition que le pays vient de vivre. La réalité, elle, s’est manifestée trois jours plus tard, à travers l’attaque dont le camp de San, au centre du pays, a été la cible de la part des djihadistes du Jnim, affilié à al-Qaïda — une attaque qui a coûté la vie à 12 militaires maliens et permis aux assaillants d’emporter de nombreux équipements. »
Et Ledjely de poursuivre avec ce commentaire : « Quand les responsables, en totale déconnexion avec la réalité, pavoisent au sommet, les populations, elles, triment et trinquent à la base. Si l’on veut dresser un bilan, il est précisément dans ce décalage, dans cette distance infinie qui sépare des autorités qui carburent au souverainisme pompeux et des Maliens d’en bas, tenaillés par un quotidien fait de larmes, de sang et de sueur. »
À lire aussiMali: les jihadistes du Jnim attaquent un camp militaire de l'armée dans le centre du pays - La question peut se poser après le discours prononcé hier par le président Mahamat Idriss Déby Itno. À la veille du 66e anniversaire de l’indépendance du pays, qui sera donc célébré ce mardi, le chef de l’État, note le site Tchad Vision, « s’est adressé à la nation avec un appel vibrant à l’unité nationale et à la réconciliation, soulignant leur importance pour l’avenir du pays. Le chef de l’État a également annoncé une grâce présidentielle visant plusieurs citoyens condamnés, conformément aux prérogatives constitutionnelles. »
Toutefois, relève Afrik.com, Mahamat Idriss Déby Itno « n’a pas précisé, dans son discours, le nombre de bénéficiaires de cette grâce présidentielle ni leur identité. Ces précisions devraient être connues lors de la publication de l’acte présidentiel annoncé. » C’est-à-dire aujourd’hui, jour de fête nationale donc, ou dans les prochains jours.
Des opposants graciés ?
Alors qui pourrait bénéficier de cette grâce présidentielle ? Tous les regards se tournent vers les opposants politiques emprisonnés.
« Réunis le week-end dernier à Ndjamena, note le site Bénin Web TV, les responsables de la Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (Cosadt) ont demandé au chef de l’État de prendre des mesures d’apaisement dans un contexte politique qu’ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l’impunité. La Cosadt demande une grâce présidentielle pour Succès Masra, l’ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il avait été condamné le 9 août de l’année dernière à 20 ans de prison. Les responsables de la Cosadt réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP, le Groupe de concertation des acteurs politiques. Ceux-ci avaient été condamnés début mai à 8 ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l’ordre public. »
D’ailleurs, leur état de santé se dégrade de façon inquiétante, d’après leurs avocats, qui dénoncent des conditions de détention déplorables. C’est ce qu'ils faisaient savoir il y a quelques semaines à l’Agence France-Presse (AFP). Ces dirigeants de partis d’opposition au président Mahamat Idriss Déby Itno sont 8 au total, pour la plupart âgés. Le plus âgé, Valentin Biti, a 88 ans. Ils avaient été jugés coupables de fomenter une insurrection, alors qu’ils organisaient une manifestation interdite par les autorités.
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Et Succès Masra ?
Et puis, il y a le cas de Succès Masra. « Il y a un peu plus d’un an, en mai 2025, rappelle Jeune Afrique, Succès Masra était arrêté à son domicile de Ndjamena. Quelques mois auparavant, l’ancien opposant occupait encore la primature, après avoir conclu un accord politique avec le président Mahamat Idriss Déby. Aujourd’hui, le président des Transformateurs purge une peine définitive de 20 ans de prison pour "diffusion de message à caractère haineux et xénophobe" et "complicité de meurtre", une condamnation d’août 2025 que la Cour suprême a ensuite confirmée en rejetant son pourvoi en cassation, en mai dernier. »
Alors, selon les informations recueillies par Jeune Afrique, « un canal de discussion direct est ouvert entre le président Mahamat Idriss Déby Itno et son ancien Premier ministre. Le chef de l’État serait disposé à autoriser la libération de son ancien allié par le biais d’une grâce présidentielle. Une option que Succès Masra refuse », pointe le site panafricain.
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Une amnistie plutôt qu’une grâce ?
Pourquoi ? « L’opposant, croit savoir Jeune Afrique, privilégierait plutôt une amnistie, qui effacerait les conséquences pénales des faits pour lesquels il a été condamné, et qui ouvrirait davantage la voie à un retour sur la scène politique. Derrière cette divergence se joue donc l’avenir politique de celui qui, en quelques années, s’est imposé comme la principale figure de l’opposition tchadienne avant de voir sa trajectoire brutalement interrompue. De nombreuses sources concordantes à N’Djamena confirment l’existence de ce désaccord. »
Alors, s’interroge Jeune Afrique, « Mahamat Idriss Déby Itno est-il prêt à laisser revenir dans le jeu celui qui demeure, malgré son affaiblissement, son principal opposant ? La réponse dépend désormais moins des tribunaux que des discussions engagées, loin des regards, entre les deux hommes. »
À lire aussiTchad: le principal parti d’opposition réclame l’«amnistie» de Succès Masra condamné à 20 ans de prison - « Le bilan officiel de l’épidémie, constate Afrik.com, s’établit désormais à un peu plus de 4 000 cas confirmés et 1 850 morts, répartis sur cinq provinces : l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo. L’OMS classe déjà cette flambée comme la deuxième plus grave de l’histoire, derrière la crise d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016 (plus de 28 000 cas). Principale difficulté sur le terrain, le responsable de cette résurgence est le virus Bundibugyo. Plus rare que la souche Zaïre, il ne bénéficie d’aucun vaccin ni traitement antiviral homologué, même si des essais cliniques restent en cours. »
Qui plus est, relève encore le site panafricain, « la situation sécuritaire dans l’est de la RDC complique la réponse. Les équipes sanitaires doivent travailler dans des régions touchées par les conflits armés, les déplacements de population et la méfiance envers les autorités. L’OMS estime également qu’une partie importante des nouvelles contaminations apparaît en dehors des chaînes de contacts déjà identifiées, signe que le virus continue de circuler discrètement dans certaines communautés. »
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Faible riposte
La semaine dernière, note le site de Radio Okapi à Kinshasa, « les Nations unies ont tiré la sonnette d’alarme. (…) L’organisation indique que cette flambée est devenue la plus importante jamais enregistrée dans le pays, malgré le renforcement des moyens de riposte déployés sur le terrain. »
En effet, précise Radio Okapi, « face à cette accélération de l’épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires internationaux ont intensifié leurs efforts. Un centre de traitement de 100 lits, présenté comme le plus grand jamais construit en RDC pour la prise en charge d’Ebola, devait ouvrir ses portes ces derniers jours en Ituri. Parallèlement, l’OMS a renforcé les capacités d’un autre centre de traitement situé à Nizi, afin d’améliorer la prise en charge des malades et de limiter la propagation du virus. »
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Kinshasa épargnée…
Pour l’instant, l’épidémie d’Ebola est contenue à l’est du pays. À Kinshasa, note le site MediaCongo, « les autorités assurent qu’aucun cas n’a été enregistré. (…) Le bateau qui avait été immobilisé ces derniers jours à environ 65 kilomètres de la capitale à la suite d’une alerte liée à une possible contamination à Ebola, ce bateau a finalement été autorisé à poursuivre sa route. Après le décès suspect d’un passager victime de fortes fièvres, sept personnes présentant des symptômes à bord ont été soumises à des tests de dépistage. Tous les résultats se sont révélés négatifs, selon le ministre de la Santé. »
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Du « jamais-vu » !
« Une épidémie de cette ampleur, c’est du jamais-vu », affirme dans les colonnes de Libération à Paris John Johnson, spécialiste des épidémies à Médecins sans frontières (MSF). « Une épidémie de cette ampleur, à la trajectoire si rapide, à la croissance exponentielle : elle bat tous les records, affirme-t-il. Voilà à peine trois mois qu’elle a été officiellement déclarée et on a déjà dépassé 4 000 cas, bientôt 2 000 décès. C’est d’ores et déjà la deuxième plus grande épidémie de virus Ebola de l’histoire depuis son apparition en 1976, et avec une rapidité inédite. »
Alors, pour l’instant, aucun vaccin sur le marché contre la variante Bundibugyo : mais, pointe John Jonhson, « il en existe deux en phase I des études cliniques, le vaccin Oxford et le vaccin Moderna. Leur disponibilité comme leur fabrication semblent rapides (des doses sont en train d’être acheminées), mais leur efficacité, faute d’études poussées, vu l’urgence, reste à prouver. »
Enfin, facteur aggravant, note encore ce spécialiste des épidémies à MSF : le désengagement américain, avec le démantèlement de l’USAID. Conséquence, précise-t-il : « Une baisse des acteurs sur place, des ONG internationales notamment, qui, faute de financement, ont dû interrompre leur présence sur le terrain. Cela a évidemment joué dans la capacité de détection et de réaction par rapport à l’épidémie d'Ebola. Le manque de communication entre le plus grand centre de contrôle des maladies au monde, le CDC, basé à Atlanta, et l’OMS n’a sûrement pas aidé dans la surveillance et l’identification de l’épidémie au début. L’administration Trump est allée jusqu’à interdire toute communication avec l’agence onusienne basée à Genève, dont elle a par ailleurs suspendu tous les financements. » - Patrice Talon devient « la troisième personnalité de l’État », titre Afrik.com. Troisième... « derrière le président Romuald Wadagni et la vice-présidente Mariam Chabi Talata ». Après son élection, l’ancien président béninois a assuré « qu’il donnerait le meilleur de lui-même ».
« Un peu plus de deux mois après avoir laissé le fauteuil présidentiel, Patrice Talon en a retrouvé un autre », remarque Jeune Afrique, qui rappelle que « le Sénat avait été instauré en novembre dernier, à la faveur d’une réforme constitutionnelle controversée intervenue à six mois de la fin du second mandat présidentiel de l’ancien chef de l’État ».
« Du fait de ce timing et de l’opacité dans laquelle il avait été conçu, le texte législatif avait été vivement critiqué par l’opposition », rappelle encore Jeune Afrique. « La loi avait surtout été perçue comme une volonté de Patrice Talon de continuer à influencer la vie politique dans l’ombre de son successeur, qu’il a lui-même désigné comme dauphin, et de se protéger d’éventuels conflits ».
Le rôle du président du Sénat
La Nouvelle Tribune, à Cotonou, se fait aussi l’écho de ce débat. « Lazare Maurice Sehouéto défend le Sénat, et appelle à dépasser "les caricatures" », annonce la Nouvelle Tribune. L’ancien ministre estime que « les discussions autour de cette nouvelle institution doivent reposer sur les textes et les faits plutôt que sur des craintes anticipées ».
Réponse donnée aux objections de Kamel Bio Sika Ouassagari. « L’ancien député du parti Les démocrates, explique la Nouvelle Tribune, ayant fait part de ses préoccupations concernant les pouvoirs attribués aux 25 membres du Sénat. « Une configuration » qui, selon lui, « pourrait à terme, limiter la liberté d’expression des citoyens et rendre plus difficile la critique des autorités ».
Autre vision critique, celle de Wakatsera, à Ouagadougou. Le journal en ligne burkinabé constate que Patrice Talon « retrouve ainsi une place de premier plan dans l’architecture institutionnelle du pays, après avoir passé dix ans à la magistrature suprême ». Et Wakatsera pose plusieurs questions, notamment celles-ci : « Que fera-t-il de ce poste de choix qui procure une épaisse immunité bien profitable à tous ceux qui ont exercé le pouvoir d’État ? ». Autre question posée par Wakatsera : « Jusqu’où ira l’influence du président du Sénat sur les décisions du président de la République ? »
La question des mineurs isolés
Retour sur les évènements de la semaine dernière, au Maroc. Rappelons que plus de 70 000 migrants, marocains pour la plupart, sont entrés dans Ceuta, petite enclave espagnole du nord du Maroc et du continent africain. La plupart d’entre eux dû faire demi-tour, escortés par la police espagnole. Mais de nombreux mineurs non accompagnés (enfants et adolescents) sont restés sur place, à Ceuta.
Toutefois, selon la presse marocaine, et notamment H24 Info, « le Maroc est prêt à coopérer pour le retour des mineurs non accompagnés ». H24 Info cite toutefois « une source diplomatique marocaine », « qui déplore qu’à chaque fois que le débat sur l’immigration revient, des voix accusent le Maroc de ne pas coopérer ou de ne pas vouloir le retour de ces mineurs non accompagnés. ».
La politique des visas
Cette même source diplomatique assure que le Maroc « honore toujours ses engagements et que le problème réside à chaque fois dans les obstacles à caractère administratif et judiciaire qui bloquent toute opération de retour ». Dans cette affaire, le Maroc fait face à l’Union européenne qui « met les visas des Marocains dans la balance », accuse Bladi.net.
Selon le site d’information marocain, l’UE veut « renforcer la coopération de Rabat en matière de contrôle migratoire et de retour des personnes en situation irrégulière ». Bladi.net précise que « l’Union européenne dispose déjà d’un mécanisme permettant d’adapter sa politique des visas selon le degré de coopération d’un pays dans la réadmission de ses ressortissants ». « Une éventuelle procédure pourrait rendre les formalités plus lourdes » pour les demandeurs de visa marocains, estime Bladi.net. - Difficile au Mali d’exprimer publiquement une opinion autre que celle de la junte au pouvoir. Hommes politiques, journalistes, influenceurs, chroniqueurs, commentateurs, activistes de la société civile sont constamment dans le viseur du Pôle national de lutte contre la cybercriminalité. Les arrestations et les condamnations sont monnaie courante. Et les libérations rares. Comme celle de Moussa Mara samedi dernier. Après un an derrière les barreaux, l’ancien Premier ministre malien est sorti libre de la maison centrale d’arrêt de Koulikoro.
« Il avait été emprisonné, rappelle Afrik.com, pour avoir publiquement soutenu plusieurs personnalités détenues qu’il venait visiter en prison, dont certaines restent aujourd’hui derrière les barreaux. Des personnalités parmi lesquelles le chroniqueur Ras Bath, l’influenceuse Rose Vie Chère, l’opposant Clément Dembélé ou encore Issa Kaou N’Djim. Il leur avait exprimé sa solidarité, les qualifiant de "détenus d’opinion". (…) Le 27 octobre de l’année dernière, précise encore Afrik.com, le Pôle national de lutte contre la cybercriminalité l’avait condamné à deux ans d’emprisonnement, dont un an ferme et un an avec sursis, assortis d’une amende de 500 000 francs CFA. Les accusations portaient sur l’"atteinte au crédit de l’État", l’"incitation à troubler l’ordre public" et l’"opposition à l’autorité légitime" ».
Chahana Takiou trop critique…
Il ne fait donc pas bon de s’opposer à l’autorité « légitime » au Mali. Témoin la récente condamnation à douze mois de prison, dont six mois ferme, de Chahana Takiou, directeur de publication du journal Le 22 Septembre et président du Groupement patronal de la presse. Condamnation toujours prononcée par ce fameux Pôle national de lutte contre la cybercriminalité.
La presse malienne, muselée, rapporte les faits de manière on ne peut plus succincte : « arrêté le 8 juin dernier, Chahana Takiou a déjà purgé deux mois et devra être libéré le 8 décembre prochain, sauf grâce présidentielle. On souhaite beaucoup de courage à notre confrère », commente timidement le site Bamada.net.
Pourquoi Chahanou Takiou a-t-il été condamné ? Officiellement pour « atteinte au crédit de l’État à travers l’institution judiciaire », précise Jeune Afrique. En fait, précise le site panafricain, « le dossier visant Chahana Takiou trouve son origine dans des propos tenus début juin lors d’un forum consacré aux médias à Bamako. Le journaliste y avait critiqué le recours aux dispositions de la loi sur la cybercriminalité contre des professionnels de la presse, estimant que les infractions qui leur sont reprochées devraient être poursuivies dans le cadre du régime spécifique des délits de presse. À la suite de cette intervention, il avait été convoqué puis placé sous mandat de dépôt ».
De plus en plus de poursuites…
Et Jeune Afrique de constater que « depuis plusieurs années, les autorités maliennes multiplient les poursuites contre des personnalités accusées de porter atteinte aux institutions ou à la sûreté de l’État. Les dossiers impliquant des journalistes, des influenceurs ou des militants sont de plus en plus fréquemment instruits sous le prisme de la cybercriminalité, une évolution régulièrement dénoncée par les organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains ».
Dans ce contexte, on comprend la prudence de Moussa Moura. « Dans sa première prise de parole publique (après sa libération donc samedi dernier), relève Afrik.com, l’ancien Premier ministre a adopté un ton mesuré, affirmant ne nourrir aucune haine envers les magistrats ou les autorités et appelant les Maliens à l’unité, au pardon et à la réconciliation ».
Le chroniqueur Ras Bath à nouveau condamné ?
Dans les prochains jours, des procès vont s’ouvrir, notamment celui de Ras Bath. « Détenu depuis mars 2023, rappelle Jeune Afrique, le chroniqueur et président du Collectif pour la défense de la République avait été interpellé après avoir affirmé que l’ancien Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga avait été "assassiné". Malgré les demandes répétées de ses médecins, ce dernier n’avait jamais pu être évacué à l’étranger et était mort en détention, en mars 2022. Initialement poursuivi pour "simulation d’infraction", Ras Bath avait été relaxé en juillet 2023. La justice avait ordonné sa remise en liberté, une décision, pointe le site panafricain, qui n’a jamais été exécutée après que le parquet a fait appel. Depuis, une nouvelle procédure a été engagée : il est désormais poursuivi pour "association de malfaiteurs", "atteinte au crédit de l’État" ou encore "crime à caractère raciste et religieux" ».
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Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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