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L'Épopée des musiques noires

L'Épopée des musiques noires
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  • Miles Davis aurait eu 100 ans

    23/05/2026
    Le 26 mai 1926, le trompettiste américain Miles Davis voyait le jour. 100 ans plus tard, son aura continue d’inspirer ses héritiers et ses contemporains. Véritable caméléon, il avait su flairer les modes, les tendances, les volte-faces culturelles de son époque. Du Be Bop au Hip Hop, il fut de toutes les révolutions. Son épopée a été souvent contée mais certaines facettes du personnage restèrent confidentielles. Seuls ses proches connaissaient le vrai visage du maestro. Nous les écoutons cette semaine…
    En cette année 2026, nous entrons de plain-pied dans le centenaire du jazz. Certes, avant 1926, des musiciens de renom avaient déjà insufflé un swing particulier à la musique populaire afro-américaine, notamment Louis Armstrong, King Oliver ou Jelly Roll Morton, mais 1926 marque la naissance d’une génération d’instrumentistes qui marqueront le XXè siècle : Ray Brown, Randy Weston, Lou Donaldson, Jimmy Woode, Jimmy Heath, John Coltrane, etc. L’un des plus flamboyants, imprévisibles et intrépides, fut donc Miles Davis. Ce brillant trompettiste naquit à Alton dans l’Illinois aux États-Unis il y a 100 ans et devint la figure de proue d’un jazz libre qui, de décennie en décennie, défia les normes et les conventions.
    Dès les années 50, son audace surprend et interroge ses aînés. Le principal talent de Miles Davis est de réunir les virtuoses qui sauront magnifier son répertoire. Entouré de vraies personnalités, le maestro devance l’air du temps. Nombre de solistes lui doivent leur notoriété. Le pianiste Herbie Hancock reconnaît volontiers que son dialogue musical avec le chef d’orchestre a façonné ses propres choix artistiques. « Il eût une influence énorme sur moi et sur le groupe auquel j’ai participé de 1963 à 1968. Je pense que notre camaraderie a dirigé, même transformé, toute la musique que j’ai produite depuis. Il représente la base de ce que je suis aujourd’hui ! L’hommage que nous lui avions rendu, peu de temps après sa mort, avec Tony Williams, Wayne Shorter, Ron Carter et Wallace Roney, fut un moment très émouvant. Nous avions mis sur pied une tournée de 5 mois et demi, la plus longue de ma carrière, une tournée mondiale. Quel plaisir ce fut de jouer à nouveau avec ces musiciens fantastiques. Wallace Roney était le dernier arrivé, il prenait la place de Miles à la trompette. C’était comme une réunion d’anciens amis animés par la même complicité ». (Herbie Hancock au micro de Joe Farmer)
    À la fin des années 60, Miles Davis regarde déjà ailleurs. Une nouvelle décennie s’annonce, il sent le vent tourner, les goûts du public évoluer, le paysage musical se transformer. Le mouvement psychédélique s’affirme, le rock, le funk, la soul-music, deviennent des formes d’expression plus politiques. L’heure est à l’engagement citoyen. La jeunesse refuse le diktat des autorités alors que la guerre du Vietnam voit l’administration américaine s’embourber dans des combats sans fin. L’appel à la liberté et à la justice devient le maître mot et la musique en est l’écho vibrant. Miles Davis se lance alors dans des expérimentations sonores audacieuses aux limites du free jazz électrique et se noie simultanément dans des excès de substances prohibées et fort décapantes. À la fin des années 70, il décroche ! Sa santé accuse le coup de ce tourbillon créatif boosté par une consommation de produits illicites et très nocifs. Il disparaîtra pendant cinq ans, le temps de se requinquer et de retrouver le goût de l’inventivité. Au début des années 80, Miles Davis, remis de ses déboires personnels, défie les puristes du jazz en s’amusant avec le répertoire pop de ses contemporains. Il joue avec les œuvres des artistes en vogue, Michael Jackson, Cindy Lauper ou Tina Turner.
    Miles Davis fut l’un des plus aventureux virtuoses de « L’épopée des Musiques Noires ». Le 28 septembre 1991, il disparaît à l’âge de 65 ans. Le poète, auteur et pédagogue américain, Quincy Troupe, publie alors un ouvrage qui fera date. Miles & Me révélera l’intimité d’un personnage flamboyant qu’il eut le privilège de côtoyer suffisamment longtemps pour en dévoiler la part d’ombre. Les tractations furent intenses pour apaiser les réticences de la famille Davis, assez peu enthousiaste à l’idée de montrer un visage méconnu du grand artiste. « C’était une personne très secrète. En dehors de sa famille, rares sont ceux qui ont connu le vrai Miles. Ma femme et moi avons été autorisés à entrer dans son cercle d’amis proches. J’ai découvert ainsi ses faiblesses, son humour, sa nature humaine assez fragile. On a passé beaucoup de temps ensemble, c’est pourquoi j’affirme qu’il pouvait être généreux, et le lendemain totalement insupportable !!! Petit à petit, j’avais appris à maîtriser ses humeurs. La plupart des gens avaient peur de lui, ses musiciens, ses managers, tout le monde le craignait mais je ne me laissais pas impressionner, ma femme non plus d’ailleurs. Quand il m’agaçait, j’osais lui répondre sèchement. Il me lançait un regard noir mais je pense qu’il appréciait cette honnêteté, il pouvait avoir une relation normale avec moi… ». (Quincy Troupe sur RFI en 2009)
    Plutôt que de conserver jalousement ses souvenirs dans son esprit, Quincy Troupe a choisi de les partager pour que notre perception du personnage ne soit plus jamais tronquée. Cette forme de générosité lui a coûté cher, mais quel beau geste quand l’intention première est de dire la vérité et de donner une lecture complète d’une destinée exceptionnelle.
    ⇒ Miles Davis.
     
    Quelques concerts-hommage :
    - Hommage à Miles Davis au Sunset Sunside
    - Kind of blue avec les blakettes - Sunset Sunside
    - Miles & John au New Morning le 28 mai 2026
    - Miles à Paris - Le Bal Blomet, 26 mai 2026
    - Miles Davis - John Coltrane celebration - Terence Blanchard & Ravi Coltrane, le 29 juin 2026 au Grand Rex
    - Jazz à Vienne, Marcus Miller, Terence Blanchard & Ravi Coltrane
    - Herbie Hancock celebrates Miles Davis - Hollywood Bowl
    - 100 Miles for Miles Davis, au New Morning, le 20 novembre 2026.
     
    Quelques rééditions :
    - Ascenseur pour l'échafaud, Decca
    - Birth of cool, Blue Note 
    - The-complete-plugged-nickel-live-1965-coffret cd, Sony Music.
     
    Quelques lectures :
    - Miles Davis, du Bebop au Hip-Hop
    - Miles Davis, nouvelle édition, Le Mot et le Reste.
     
    Quelques nouveautés :
    - Jason Miles - 100 Miles for Miles Davis
    - Site de Jultrane.
     
    Titres diffusés cette semaine :
    - « New Rhumba » par Miles Davis extrait de Miles Ahead (1957)
    - « Petits Machins » par Miles Davis extrait de Filles de Kilimanjaro (1969)
    - « If I Were a Bell » par Miles Davis extrait de Miles in Tokyo (1964)
    - « Madness » par Miles Davis extrait de Nefertiti (1968)
    - « Circle » par Miles Davis extrait de Miles Smiles (1967)
    - « Human Nature » par Miles Davis extrait de Live around the World (1988)
    - « Mr Pastorius » par Miles Davis extrait de Amandla (1989)
    - « Blues for Pablo » par Miles Davis extrait de Miles Ahead (1957).
  • «Jazz sous les pommiers» invite Shemekia Copeland

    16/05/2026
    Depuis plus de 20 ans, la fille du regretté bluesman Johnny « Clyde » Copeland a affirmé sa place dans l’univers des musiques populaires afro-américaines. Sa voix puissante et chaleureuse résonne sur les scènes internationales, ses albums ont été maintes fois primés aux États-Unis, ses prestations ont toujours été saluées par ses nombreux admirateurs. Shemekia Copeland, marraine de notre émission en 2002, est devenue une icône. Le 12 mai 2026, le festival « Jazz sous les pommiers » la conviait à Coutances en Normandie pour une date unique en France et nous y étions…
    La soirée que les organisateurs de ce rendez-vous printanier annuel avaient concoctée pour les amateurs de blues authentique fut scintillante. La mise en bouche fut fort goûtue car la jeune Delanie Pickering a le don de jouer avec les contrastes et les couleurs sonores. Son éclectisme lui permet de nourrir son jeu guitaristique d’accents électriques convaincants hérités du Chicago Blues que ses aînés ont forgé au fil des décennies. Timide hors de scène, cette jeune femme s’affirme totalement sur scène. Avec l’humilité qui sied aux grands artistes, elle sait captiver son audience et les spectateurs avertis en furent convaincus à l’issue de sa prestation.
    Certes, les fidèles du festival attendaient surtout et avec impatience le moment de savourer la voix puissante et chaleureuse de Shemekia Copeland. Ces dernières années, son engagement artistique sincère s’est doublé d’un activisme musical indiscutable. Si son dernier album, Blame it on eve, n’est pas aussi frondeur que les trois disques précédents (America’s child, Uncivil War et Done come too far), il faut savoir lire entre les lignes et déceler le propos de cette femme de caractère que la maternité semble avoir transformé. Son rôle de mère lui impose des responsabilités évidentes et sa lecture du monde actuel est d’autant plus vigilante. Elle le reconnaît elle-même dans « Tough Mother », elle a désormais du répondant. Ses parents ne sont plus de ce monde, elle doit à présent se comporter en adulte. Ce constat la pousse à prendre le taureau par les cornes alors que la tension sociale, notamment aux États-Unis où elle vit, inquiète la population.
    En concert, Shemekia Copeland délivre avec ferveur des messages que les oreilles les plus affûtées savent décoder. Elle épouse progressivement la posture de narratrice que ses ancêtres ont développé pendant des siècles. Elle raconte, certes, l’épopée du peuple noir mais veut dépasser les poncifs éculés et tend la main aux humanistes de toutes origines. En interprétant, par exemple, l’histoire de Rufus « Tee Tot » Payne, elle revitalise le sentiment de générosité présent en chacun de nous car ce brave homme, né en Alabama en 1883, avait défié la ségrégation en apprenant au futur roi de la country, Hank Williams, à jouer le blues. Cet échange entre deux citoyens américains, que la société d’alors tentait d’opposer à cause de la couleur de leur peau, a inspiré une chanson que Shemekia Copeland nous invite à méditer. Lorsque nous l’avions rencontrée pour la première fois en 2002, nous n’imaginions pas que la jeune femme de 23 ans qui s’exprimait à notre micro parviendrait tant à nous émouvoir. Elle est aujourd’hui une artiste reconnue qui a même eu l’honneur de se produire à la Maison Blanche en 2012 à l’invitation du président Obama en présence de B.B King, Buddy Guy et des Rolling Stones. Quel chemin parcouru !
    ⇒ Shemekia Coppeland
    ⇒ Le festival Jazz sous les pommiers.
    Titres diffusés cette semaine :
    « Swing By » par Delanie Pickering (Live à Coutances – 12 mai 2026)
    « No Equivalency » par Delanie Pickering (Live à Coutances – 12 mai 2026)
    « Tough Mother » par Shemekia Copeland (Live à Coutances – 12 mai 2026)
    « Ain’t No Time For Hate » par Shemekia Copeland (Live à Coutances – 12 mai 2026)
    « Hit Em’ Back » par Kenny Wayne Shepherd (Feat. Shemekia Copeland) extrait de “Dirt on my diamonds »
  • Kamil Rustam s’offre le disque de ses rêves !

    09/05/2026
    Installé aux États-Unis pendant 25 ans, le guitariste français Kamil Rustam a joué avec les plus grands noms, de Stevie Wonder à Youssou Ndour, de Manu Katché à Angélique Kidjo… Après des décennies de collaborations éclectiques, le virtuose fait frétiller la Soul music originelle à travers un album palpitant qui rend justice à une époque et à une humeur sonore enracinée dans les années 70. Son nouvel album, Listen Up !, est un cadeau qu’il se fait et qu’il nous fait.
    Pour cette nouvelle production, Kamil Rustam a fait appel à des amis de longue date. Leurs noms ne sont pas forcément connus du grand public mais leur talent est indéniable. Ils ont tous prouvé leur valeur à travers le temps et magnifient le répertoire de leur hôte. Contrairement à Cosmopolitain, album instrumental paru en 2017, ce sont des voix rondes et chaleureuses qui bercent nos oreilles en 2026. Billy Valentine, Amy Keys, Eddie Brown, Arnold McCuller, Kudisan Kaï virevoltent sur les compositions du maître d’œuvre et ravivent une tonalité musicale afro-américaine authentique et réconfortante. La cerise sur le gâteau est la relecture inspirée du classique « Let’s stay together » immortalisé en 1971 par le révérend Al Green et revitalisé en 1983 par l’illustre et regrettée Tina Turner.
    Pourquoi Kamil Rustam a-t-il choisi de nous plonger dans cet univers sonore spécifique ? Réalise-t-il un rêve de jeunesse ? Suit-il son inspiration débordante ? Il est évident que son savoir-faire, son expérience et son bon goût ont progressivement dessiné les contours de ce disque enthousiasmant. La sève soul jaillit naturellement comme s’il faisait sien le patrimoine de ses camarades de jeu. Rien ne prédestinait pourtant Kamil Rustam à embrasser cette culture héritée d’une épopée si éloignée de sa propre destinée. Né à Amsterdam, il a grandi à Paris et s’est laissé happer par les fulgurances des Beatles, des Rolling Stones, de Pink Floyd et de Jimi Hendrix. Ces piliers de l’histoire du rock ont guidé ses doigts agiles vers la guitare. Le virus de l’interprétation et de la composition l’a saisi et a décidé de son avenir.
    À 64 ans, Kamil Rustam est en quête d’un plaisir simple : s’épanouir dans un art qu’il maîtrise et partager cette joie unique au plus grand nombre. Instrumentiste aguerri, il ne cherche pas la performance mais juste le bonheur de transmettre sa passion en toute confiance en compagnie de colistiers fidèles et investis. Le 10 juin 2026, il dévoilera au public parisien le fruit de sa jubilatoire expressivité en livrant une prestation unique au théâtre de l’IA.
    ⇒ Le théâtre de l'IA
    ⇒ Le site de Kamil Rustam
    ⇒ Kamil Rustam - I Wanna Dance (feat Billy Valentine)
    ⇒ Linktree Kamil Rustam.
    Titres diffusés cette semaine :
    - « Wanna Dance » par Kamil Rustam (feat. Billy Valentine), extrait de Listen up
    - « Wade in the water » par Billy Valentine, extrait de Universal truth
    - « Let’s stay together » par Kamil Rustam (feat. Eddie Brown), extrait de  Listen up
    - « Summer Highway » par Kamil Rustam (feat. Amy Keys), extrait de Listen up.
  • Les accents pédagogiques du Cully Jazz Festival

    02/05/2026
    Comment la musique peut-elle susciter un éveil, un engagement, une raison d’être ? Lors du 43ème Cully Jazz Festival en Suisse, plusieurs artistes ont souhaité délivrer un message citoyen porté par les valeurs éducatives de l’art. La chanteuse américaine Michelle David a livré une prestation devant des enfants de 4 à 12 ans.
    De son côté, la koriste gambienne Sona Jobarteh a insisté sur le développement psychologique utile des jeunes à travers la pratique d’un instrument. Nous étions sur place pour constater les efforts de tous ces bienveillants tuteurs.
     
    Les aléas d’un festival n’entament jamais l’enthousiasme des artistes à se produire devant un public attentif et chaleureux. Cela s’est particulièrement vérifié le 18 avril 2026 quand Michelle David, merveilleuse chanteuse de soul-music, parvint avec une bonne demi-heure de retard à Cully où l’attendaient patiemment quelques dizaines de bambins accompagnés de leurs parents. Ce rendez-vous en pleine après-midi suscita l’engouement de ces jeunes spectateurs peut-être exposés pour la première fois à une performance in vivo. Que retiendront-ils de ce moment de ferveur musicale ? Un vague souvenir ? Un sentiment d’excitation ? Des images gravées à jamais dans leur mémoire ? Il est certain que l’initiative proposée par le Cully Jazz Festival n’est pas vaine et portera ses fruits.
    Cette intention fort louable est aussi devenue le sacerdoce de Sona Jobarteh. Cette brillante instrumentiste et chanteuse gambienne consacre sa vie d’artiste à l’élévation spirituelle de la jeunesse. La musique a le pouvoir de mobiliser les consciences, de nourrir l’élan volontaire, de façonner l’esprit critique, de structurer la pensée. « Il faut que les jeunes parviennent à réfléchir différemment, il faut leur apporter notre expérience de la vie et qu’ils comprennent que penser par soi-même est possible. Cela concerne tous les continents pas seulement l’Afrique. Je constate tristement que les jeunes n’ont aucun intérêt pour l’histoire et ne peuvent donc pas inscrire leur pensée dans une compréhension de leur propre cheminement. En ne permettant pas à des jeunes de connaître leur histoire, vous entretenez l’ignorance et cela mène souvent au racisme. Votre état d’esprit est alors totalement pollué par une forme de ségrégation créée par votre manque d’éducation et de connaissance. La peur de l’autre peut mener à des drames irrémédiables. Quand on ne cherche pas à connaître la vérité et que l’on se convainc d’avoir raison, la violence n’est pas loin. Nous devons donc orienter l’esprit de nos jeunes dans la bonne direction. Quand je donne mes cours d’histoire, je ne mésestime pas la colère réprimée qui anime l’esprit de mes étudiants mais je préfère de loin qu’il l’exprime en classe plutôt que dans la rue car, dans cette enceinte scolaire, je peux les guider. Je peux leur expliquer que la meilleure façon de changer le monde n’est pas de tuer son ennemi mais de changer la manière dont les gens pensent. Cela peut se faire sans armes, juste avec des notes de musique ». (Sona Jobarteh au micro de Joe Farmer)
    Le concert que donna Sona Jobarteh à Cully, le 18 avril, fut l’occasion de rappeler aux spectateurs que l’éducation musicale est l’un des leviers efficaces de la transmission patrimoniale. Son fils Sidiki Jobarteh, élève de la « Gambia Academy », démontra à travers ses prouesses au balafon que les traditions ancestrales ne sont pas figées dans le passé, conservent un sens moral et une utilité sociale, sont d’une modernité trop souvent mésestimée. Les programmateurs du Cully Jazz Festival l’ont compris et ont été bien inspirés de convier toutes ces étoiles scintillantes à éclairer notre réflexion.
    ⇒ Cully Jazz Festival
    ⇒ Michelle David and The True Tones
    ⇒ Sona Jobarteh.
     
    Titres diffusés cette semaine :
    Brothers & Sisters par Michelle David (Live – Cully 2026)
    Mamamuso par Sona Jobarteh (Live – Cully 2026)
    Kambengwo par Sona Jobarteh (Feat. Youssou Ndour)
    Jarabi par Sona Jobarteh (Live – Cully 2026).
  • Les accents afro-cubains du Cully Jazz Festival

    25/04/2026
    Depuis plus de 40 ans, le Cully Jazz Festival en Suisse promeut un multiculturalisme assumé. L’éclectisme de ce rendez-vous printanier au bord du Lac Léman ne s’est jamais démenti. Du 10 au 18 avril 2026, la 43ème édition n’a pas failli à la règle en accueillant des artistes de tous horizons, de Théo Croker à Fatoumata Diawara, de Michelle David à Anouar Brahem...
    Une inclinaison cubaine a notamment orienté nos micros et nos oreilles vers les prestations du duo Roberto Fonseca/Vincent Segal et du toujours surprenant Richard Bona.
    Si l’esprit des musiques afro-latines nourrit depuis toujours l’inspiration du bassiste Richard Bona, son album Heritage paru en 2016 en fut une patente confirmation. Depuis l’aventure « Mandekan-Cubano », il y a 10 ans, l’humeur caribéenne de ce virtuose absolu capte notre attention tant l’authenticité de ses interprétations laisse bouche bée. Le 17 avril 2026, sa présence scénique, son humour, ses éclectiques acrobaties vocales et instrumentales ont épaté le public suisse qui ne parvenait pas à le laisser quitter la scène après 90 minutes de plaisir indicible. Richard Bona virevolte dans des univers sonores qu’il maîtrise parfaitement. Il joue avec les spectateurs, entouré d’une équipe de jeunes loups fort talentueux venus des quatre coins de la planète, Madagascar, Italie, France… Du haut de son universalisme assumé, le maestro joue sans malice avec les intonations, les accents sonores, et parvient à unir une foule de curieux et de fans invétérés dans un élan de générosité manifeste. Richard Bona le dit lui-même : il s’ennuie vite ! Alors, pour déjouer la monotonie, il se lance des défis, multiplie les projets, les expériences, les audaces. Sous le grand chapiteau de Cully, sa ferveur était communicative et profondément sincère.
    Le lendemain, une proposition musicale plus intimiste ensorcelait les quelques dizaines de privilégiés venus assister, au Temple de Cully, à la prestation de deux incroyables instrumentistes. Là encore, l’intention œcuménique était évidente. Le violoniste français Vincent Segal et le pianiste cubain Roberto Fonseca présentaient le fruit savoureux de leur mélodieuse association. Là encore, le désir de faire tomber les barrières culturelles légitimait ce merveilleux dialogue porté par des notes sensibles et limpides. L’acoustique de ce lieu de recueillement invitait aussi à cet échange entre deux citoyens du monde. Qu’ils soient originellement issus de contrées, dont les traditions pourraient paraître lointaines, ne fut pas un frein à leur hardiesse rythmique et harmonique. Véritables puits de science musicologique, Vincent Segal et Roberto Fonseca n’ont pas d’œillères et savent idéalement créer des passerelles entre plusieurs idiomes hérités de leurs patrimoines ancestraux. Le répertoire de cette « Nuit Suisse à Cully » restituait magistralement la fameuse « Nuit Parisienne à La Havane », dernière production discographique d’un duo envoûtant acclamé à sa juste valeur.
    ⇒ Le Cully Jazz Festival
    ⇒ Le site de Richard Bona
    ⇒ Le site de Roberto Fonseca.
    Titres diffusés cette semaine :
    « Te Misea » par Richard Bona (Live à Cully 2026)
    « O Sen Sen Sen » par Richard Bona (Album : Live – Bona makes you sweat)
    « Rumbo a ti » par Vincent Segal & Roberto Fonseca (Album : Nuit parisienne à La Havane)
    « Soul Kiss » par Vincent Segal & Roberto Fonseca (Live à Cully 2026)
    « Nuit parisienne » par Vincent Segal & Roberto Fonseca (Album : Nuit parisienne à La Havane).
Acerca de L'Épopée des musiques noires
Blues, Gospel, Negro Spirituals, Jazz, Rhythm & Blues, Soul, Funk, Rap, Reggae, Rock’n’Roll… l’actualité de la musique fait rejaillir des instants d’histoire vécus par la communauté noire au fil des siècles. Des moments cruciaux qui ont déterminé la place du peuple noir dans notre inconscient collectif, une place prépondérante, essentielle, universelle ! Chaque semaine, L’épopée des musiques noires réhabilite l’une des formes d’expression les plus vibrantes et sincères du 20ème siècle : La Black Music !  À partir d’archives sonores, d’interviews d’artistes, de producteurs, de musicologues, Joe Farmer donne des couleurs aux musiques d’hier et d’aujourd’hui. Réalisation : Nathalie Laporte. *** Diffusions le samedi à 13h30 TU vers toutes cibles, à 22h30 sur RFI Afrique (Programme haoussa), le dimanche à 18h30 vers l'Afrique lusophone, et à 21h30 TU vers toutes cibles. En heure de Paris (TU + 2 en grille d'été).
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